Roi en 2015, le PLR devra gérer ses susceptibilités

Prochain arrêt: Berne (5/7)De Quattro pourrait faire redistribuer les cartes. Pris entre elle et des candidats ruraux, certains ego pourraient être égratignés.

Image: Bénédicte

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Il y a quatre ans, le Parti libéral-radical (PLR) sortait grand vainqueur dans le canton de Vaud: cinq sièges au Conseil national et un au Conseil des États, une situation qu’il n’avait plus connue depuis sa chute aux élections fédérales de 2007. Et comme il est aussi sorti vainqueur au Grand Conseil en 2017, il aborde en confiance les élections d’octobre.

Mais une question demeure au sein du parti: quel sera le score de Jacqueline de Quattro? Et à qui, parmi les actuels élus du PLR, brûlera-t-elle la politesse? Avec la candidature de la ministre cantonale de l’Environnement, le parti risque de devoir gérer quelques susceptibilités au soir du 20 octobre.

Confiance en De Quattro

Nul doute que la Montreusienne fera un bon score, vu ses bons résultats au Conseil d’État (plus de 93 000 voix en 2017). «Avec le départ de Fathi Derder (ndlr: qui ne se représente pas) et si tout se passe selon nos souhaits, personne ne devrait souffrir de ma présence», explique Jacqueline de Quattro. Entendez par là: si le parti maintient ses cinq places au Conseil national, elle remplacerait simplement Fathi Derder. «Je joue l’équipe et je n’ai pas l’intention de faire de l’ombre à qui que ce soit», ajoute-t-elle. Plusieurs syndics à choix

Et si la machine se grippait? Si le PLR perdait un siège? Et si Olivier Français n’était pas réélu au Conseil des États, ce qui le ferait retourner au National? Alors là, oui, l’arrivée de Jacqueline de Quattro pourrait coûter la place d’un des élus actuels. Les poids lourds Isabelle Moret et Olivier Feller n’ont pas de souci à se faire, même si Jacqueline de Quattro leur brûle la politesse. Mais l’Aiglon Frédéric Borloz et l’autre Montreusien, Laurent Wehrli, arrivés respectivement quatrième et cinquième en 2015, pourraient frémir.

D'autres candidats à l'affût

Car derrière ces deux syndics, d’autres candidats solidement implantés dans leurs régions se pressent au portillon. Notamment le député Rémy Jaquier, ancien syndic d’Yverdon et ancien président du Grand Conseil, qui a obtenu plus de voix que Pascal Broulis au Grand Conseil en 2017. Il y a aussi le député Daniel Ruch, syndic de Corcelles-le-Jorat, qui avait réalisé un bon score au National en 2015.

«Nos parlementaires et Mme De Quattro viennent tous de l’arc lémanique, souligne Daniel Ruch. Les sensibilités sont parfois différentes pour certains sujets par rapport à celles des candidats des régions plus campagnardes. C’est le cas pour l’aménagement du territoire, les transports publics et le développement des infrastructures.»

Revenir à six élus au National

Le PLR n’aura pas à se poser ces questions s’il réussit à décrocher six sièges au National, pour revenir à sa taille de 2003. «Dans la vie, on veut toujours progresser et il est légitime que le PLR soit ambitieux, commente Olivier Français. Le 19e et nouveau siège vaudois est à pourvoir et d’autres sont volatiles.» Lesquels? Le sénateur n’en dit pas plus, mais l’allusion est claire: la place du démocrate-chrétien Claude Béglé, après la polémique sur son voyage en Corée du Nord, et celle de l’UDC Alice Glauser, qui se retire.

L’UDC justement, qu’en pense Olivier Français? Alors que l’ancien municipal lausannois doit affronter le duo rose-Vert Marra-Thorens pour le Conseil des États, il fait face aussi à deux UDC: Jacques Nicolet et Michaël Buffat. La droite risque donc de voir ses voix s’éparpiller au premier tour.

Pas de quoi inquiéter Olivier Français, dit-il, car la situation ressemble à celle de 2015. «L’UDC a la volonté légitime de médiatiser ses candidats, c’est le jeu, commente l’ancien municipal lausannois. Ce que j’attends désormais, c’est le positionnement au soir du premier tour. Le parti ne m’avait pas soutenu il y a quatre ans, mais certaines personnalités l’avaient fait, comme Guy Parmelin, Jacques Nicolet et Michaël Buffat.»

Créé: 24.09.2019, 06h51

Dans le rétro

Le Parti libéral-radical (PLR) est issu de la fusion, en 2012, du Parti libéral et du Parti radical-démocratique (PRD).

2007
22,65% au Conseil national (en cumulant les résultats de toutes les listes du Parti libéral et toutes celles du PRD), avec une chute de six à quatre sièges (un libéral au lieu de deux, et trois PRD au lieu de quatre). Perte du siège radical aux États.

2011
22% au Conseil national (maintien à quatre sièges: un libéral et trois radicaux). Échec au Conseil des États.

2015
Le PLR obtient 26,83% au Conseil national et remonte à cinq sièges. Retour au Conseil des États avec l’élection d’Olivier Français.

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