«S'il existait une 4e étoile, Violier l'aurait eue»

GastronomieA la retraite, l'ancien chef étoilé Gérard Rabaey se souvient de la vie dense et harassante des cuisiniers en quête de perfection. Il rend hommage à son illustre collègue Benoît Violier.

«On consacre tout à ce métier. On a tous la pression», se souvient l'ancien chef du Pont-de-Brent (VD) Gérard Rabaey.

«On consacre tout à ce métier. On a tous la pression», se souvient l'ancien chef du Pont-de-Brent (VD) Gérard Rabaey. Image: CHANTAL DERVEY-ARCHIVES

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Les causes du suicide de Benoît Violier constituent une énigme pour beaucoup. Mais la pression constante que subissent les toques étoilées est avérée. Gérard Rabaey raconte.

«On consacre tout à ce métier. On a tous la pression», se souvient lundi l'ancien chef du Pont-de-Brent (VD) auréolé de trois étoiles au Michelin et 19 points au GaultMillau.

«J'ai vu Benoît il y a quinze jours», relate-t-il. Le chef de l'Hôtel-de-Ville de Crissier venait d'être sacré meilleur cuisinier du monde par «La Liste». «Etre nommé premier, à 44 ans, c'est un piège. Vous ne pouvez être que déclassé. En même temps, il ne se prenait pas la tête avec ça. Il relativisait les choses».

Gérard Rabaey se souvient de la vie dense et harassante des cuisiniers en quête de perfection. Lorsqu'il était patron du Pont-de-Brent, il se levait trois fois par semaine à 6 heures du matin pour aller au marché. Il se couchait en moyenne à 1 heure du matin. «Benoît dormait cinq heures par nuit, c'est pas des blagues».

«Son livre est une perfection»

Benoît Violier était un passionné, un perfectionniste incroyable. «Est-ce que la passion était trop forte? Lorsque j'ai eu trois étoiles en 1997 ou 1998, ma femme m'a dit tout de suite que je n'étais plus le même», reconnaît-il.

«La vie privée, c'est un gros problème. Il y a des conséquences. On consacre tout, même ses jours de congé, à son métier. Avec le recul, on se dit qu'on a peut-être raté une marche, que la vie, ce n'était pas que la cuisine, a ajouté Gérard Rabaey, qui s'est retiré il y a cinq ans.

Benoît Violier, dynamique et médiatique, était partout. «Il en faisait tellement. Son livre est une perfection. Je ne connais pas de cuisinier aussi érudit que lui. Il avait une culture gastronomique impressionnante».

«S'il existait une quatrième étoile au Michelin, il l'aurait eue. C'était un perfectionniste incroyable», ajoute Gérard Rabaey, qui se souvient aussi de sa propre course vers l'excellence. «On en devient fou». (ats/nxp)

Créé: 01.02.2016, 13h35

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Benoît Violier en images

Benoît Violier en images Retour sur le parcours du chef étoilé du Restaurant de l'Hôtel de Ville de Crissier (VD) disparu le 31 janvier.

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