Sabre au clair, les Vert’lib surfent sur la vague écolo

Prochain arrêt: Berne (1/7)Alliés aux Pirates, les Vert’libéraux vaudois ont le vent en poupe, avec la crise climatique. Obtenir un second siège restera ardu.

Image: Bénédicte

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Ballottés à droite, à gauche, mais surtout entre les deux, les Vert’libéraux vaudois sont passés par tous les états d’âme durant cette première décennie d’existence. Victoire aux cantonales de 2012, régression aux fédérales de 2015, stabilisation aux cantonales de 2017 malgré leur isolement hors de la coalition centriste. L’an 2019, sous le signe du combat climatique, pourrait leur sourire. Ne sont-ils pas vus, avec les Verts, comme les plus qualifiés sur ce thème?

Bien sûr, s’agissant d’un jeune parti outsider, il ne faut guère s’attendre à un raz-de-marée de bulletins. Le récent baromètre électoral de la SSR les crédite, à l’échelon national, d’un bon 6,9% des voix au Conseil national. Ce serait leur record. Même si les Vert’libéraux ont une assise plus forte outre-Sarine, ce vent en poupe donne espoir à la section vaudoise, qui ne dispose que d’une élue sous la Coupole: la seule Romande, Isabelle Chevalley, leur figure de proue.

Celle-ci devrait donc, sauf surprise, être réélue pour une troisième législature. Aux côtés peut-être d’un heureux colistier cette fois-ci? «Avec 19 places en jeu pour le Canton de Vaud, il faut environ 5% des voix pour décrocher chaque siège, calcule l’élue. Alors 10%, c’est beaucoup mais cela reste faisable.» La section profile le député François Pointet, candidat au Conseil des États avec Isabelle Chevalley. Ce mathématicien a déjà fait une campagne pour le gouvernement vaudois il y a deux ans.

L’apport des Pirates

La formation a un handicap: elle n’a pas trouvé de terrain d’entente pour réintégrer l’Alliance du centre avec le PDC, le PBD et les petits partis chrétiens. C’est donc avec le Parti pirate, déjà leur allié aux dernières cantonales, que les Vert’libéraux ont noué un apparentement fondé sur leurs valeurs progressistes communes, comme le mariage pour tous. Les Pirates pesaient 1% des votes en 2015. Maigre apport de voix en perspective, mais le petit allié compte bien progresser. Coprésident du Parti pirate, Bernard Déglon évoque un budget de campagne de 30'000 fr. avec stands lors d’événements populaires et présence sur les réseaux sociaux, «dont ceux prisés des open-sourcistes, comme Mastodon et Diaspora».

Les Vert’libéraux, eux, annoncent 86'000 fr. de budget pour l’élection au National et aux États. Ils présentent pour la première fois une liste Jeunes, forte aussi de 19 noms. «Nous avons 400 membres, il en arrive de nouveaux chaque semaine. Une majorité de jeunes», s’enthousiasme le secrétaire général, Michaël Dupertuis. Le clivage idéologique entre les sections suisses-alémaniques, nées d’un schisme avec les partis de gauche, et celles romandes, émanation des libéraux, «est dépassé», dit-il.

Ce qui pourrait faire triompher le parti est indéniablement la vague écologiste que l’on pressent dans le pays. «Est-ce que les jeunes qui ont défilé pour le climat ce printemps voteront cet automne? questionne Isabelle Chevalley. C’est tout l’enjeu. Car nous sommes l’un des partis qui répond le mieux à leurs préoccupations.» Michaël Dupertuis résume: «Les Verts voient l’État comme acteur principal de la transition écologique, à coups de lois, restrictions, obligations, tandis que pour nous c’est l’économie, via des incitations. Il n’y a pas d’anticapitalistes dans nos rangs, nous ne voulons pas renverser le système, mais le transformer.»

Le parti met ainsi l’innovation au cœur de son programme. De quoi désespérer les collapsologues technosceptiques et, surtout, faire soupirer leurs cousins de gauche: «C’est l’écologie pour les riches, raille un Vert. Je m’achète un véhicule électrique et je peux faire le nombre de kilomètres que je veux. Bref, des solutions individuelles et pas collectives pour l’environnement.» «On veut donner envie aux gens de faire de l’écologie», martèle Isabelle Chevalley. Un mantra qui doit permettre un développement durable de la députation Vert’libérale à Berne.

Créé: 16.09.2019, 21h24

Dans le rétro

Le Parti vert’libéral est né à Zurich en 2004 d’une scission des Verts.

Il apparaît sur l’échiquier politique vaudois en 2009.

Les fondateurs de cette section viennent essentiellement du Parti libéral. Ils s’étaient présentés deux ans plus tôt aux élections fédérales sur une liste intitulée Écologie libérale.


2007: 0 siège sur 18 (3,67% des suffrages). Liste Écologie libérale.

2011: 1 siège sur 18 (5,1% des suffrages).

2015: 1 siège sur 18 (3,89% des suffrages).

Prochain arrêt: Berne

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