Saturées, les Urgences des hôpitaux vaudois s’organisent
SANTÉLe CHUV est régulièrement engorgé, les hôpitaux régionaux aussi. Explications et remèdes.
L’hiver a été meurtrier aux Urgences des Hôpitaux universitaires de Genève. Il l’avait aussi été un an plus tôt au CHUV, à Lausanne, où le décès d’une octogénaire en janvier 2012 a fortement marqué les esprits: la malheureuse avait passé cinq heures en attente de soins.
Dans les hôpitaux régionaux du canton, l’organisation des Urgences et les délais précédant une prise en charge font aussi régulièrement grincer des dents. A Vevey, ce printemps, une patiente de 92 ans a ainsi attendu neuf heures avant son hospitalisation, ce qui a suscité la colère de sa famille. Une grogne qui s’exprime dans tout le canton. «Des récriminations, on en a aussi. Je vous mentirais si je vous disais qu’on n’attend pas aux urgences à Yverdon. Le sujet est extrêmement sensible», témoigne Marc Allemann, responsable de la communication pour les Etablissements hospitaliers du Nord vaudois. «Tous les hôpitaux des villes sont victimes d’engorgement. Mais le CHUV l’est particulièrement», lui fait écho Jean-Paul Jeanneret, chef de la division hospitalière du Canton.
Au CHUV justement, le drame de l’an dernier a provoqué un électrochoc: «Ça nous a servi de leçon. Des mesures ont été prises rapidement», souligne le porte-parole Darcy Christen. Toutes les deux heures au maximum, les patients en salle d’attente reçoivent désormais la visite d’un médecin. Objectif: déterminer si le degré initial de l’urgence, évalué par une infirmière, correspond toujours à leur état de santé au fil des minutes ou des heures.
5 minutes pour un calcul
Au CHUV, les patients qui arrivent aux Urgences sont triés en moins d’un quart d’heure par une infirmière. Celle-ci se fonde sur un système qui distingue quatre niveaux d’urgence. «Quelqu’un qui souffre de calculs rénaux sera classé en degré 1. Dans 90% des cas, il sera pris en charge dans les 5 minutes», détaille le porte-parole.
A l’inverse, le maladroit qui s’est coincé le doigt dans une porte sera placé en niveau 3 (45 minutes d’attente en moyenne) ou 4 (jusqu’à 5 h d’heure d’attente). Et donc régulièrement surveillé par un médecin mobilisé par un mécanisme d’alerte informatique.
La procédure est encore plus rigoureuse à l’Hôpital de l’Enfance, où une extrême vigilance est de mise: «L’état de santé des enfants peut se dégrader très vite. Les contrôles opérés par un médecin ou une infirmière sont plus fréquents», assure Darcy Christen, ajoutant qu’il y a un peu plus d’un an, le Canton a débloqué 5 millions de francs pour faire baisser les temps d’attente aux urgences adultes et 2 millions pour les urgences pédiatriques. La tendance est la même à Vevey et à Montreux, où la direction de l’Hôpital Riviera (multisite) indique que de nouvelles infirmières spécialisées dans l’évaluation des patients ont été engagées ou formées.
Si le fonctionnement des services d’urgence vaudois diffère peu d’un établissement hospitalier à un autre (le système de tri en quatre degrés se retrouve partout en Suisse), les causes de l’engorgement sont multiples. A Yverdon, Marc Allemann invoque la pénurie de médecins généralistes qui conduit les patients à frapper directement à la porte des hôpitaux. «Sans compter que depuis quelques années, les gens se rendent aux Urgences pour des motifs moins graves que précédemment.»
Au Canton, Jean-Paul Jeanneret souligne qu’aujourd’hui, une large frange de la population n’a plus recours aux bons soins d’un médecin de famille. Et pointe aussi du doigt des patients pas toujours très… patients: «C’est la culture du «tout et tout de suite». Souvent, un rendez-vous deux jours plus tard chez le médecin, c’est trop long.»
Créé: 10.05.2013, 07h17
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