Une saumâtre fin de nuit au Montreux Jazz s’achève en procès

JusticeUn homme qui avait agressé une festivalière en juillet 2018 a été reconnu coupable de contrainte sexuelle.

L'agression s'est produite à quelques mètres du périmètre du Montreux Jazz Festival (photo prétexte)

L'agression s'est produite à quelques mètres du périmètre du Montreux Jazz Festival (photo prétexte) Image: Chantal Dervey/A.

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Leur rencontre a duré vingt-sept minutes. Une «éternité», un «cauchemar» pour elle. Un «accident», un «piège» pour lui. Presque un an après, c’est en ces termes qu’ils se sont remémorés lundi une sombre fin de soirée devant la Cour correctionnelle de l’Est vaudois.

Ils comparaissent séparément, car la plaignante ne veut aucun contact avec cet inconnu qui lui serait littéralement «tombé dessus» alors qu’elle rentrait à pied, guillerette, du Festival de jazz. «Je ne voulais pas que sa voix réactive des souvenirs traumatiques que je m’efforce d’oublier depuis», explique-t-elle. Conduite de force dans un petit parc en retrait du Montreux Palace, elle raconte avoir été jetée au sol puis immobilisée par l’homme couché sur elle, la forçant à l’embrasser et se livrant à des attouchements sous sa robe, tentant aussi d’écarter des cuisses qui se marqueront d’ecchymoses, rapport médical à l’appui.

La jeune femme mobilise toutes les stratégies: «J’essayais de me défaire, mais il me tenait les mains. J’ai voulu discuter, mais il ne parlait pas notre langue. À un moment donné, je suffoquais, j’ai cru que j’allais mourir, je me suis dit qu’il fallait que je gueule.»

Ses cris sont salvateurs: des passants interviennent et mettent en fuite l’agresseur, un Albanais interdit de séjour en Suisse. Il est arrêté une semaine plus tard à Genève avec de la drogue dans les poches et une blessure à la lèvre, infligée par la plaignante.

Ce trentenaire cumulant neuf condamnations pour d’autres types de délits, marié et père de trois enfants, a été confondu par son ADN présent sur le corps, les vêtements et sous les ongles de la festivalière. Il nie avoir fait usage de la force. Questionné par la présidente du tribunal, il se révèle incapable d’expliquer quels signaux de désir son interlocutrice aurait émis: «Je ne sais pas. J’ai comme glissé sur de la glace…» De ses propos peu clairs, moins du fait de la traduction que de facultés oratoires limitées, on finit par comprendre qu’il se perçoit lui-même comme victime. Mais victime de la dénonciation et de ses suites pénales.

À la différence du Parquet, la Cour n’a pas retenu la tentative de viol mais uniquement la contrainte sexuelle, au bénéfice d’un très léger doute. Monsieur ne s’est pas dévêtu, madame a gardé son slip tout au long de cette demi-heure, il n’est donc pas certain que l’issue du corps à corps aurait été un acte complet. Les juges ont néanmoins prononcé la peine requise par le Ministère public, soit 4 ans ferme avant expulsion du territoire suisse pour huit ans.

Créé: 20.05.2019, 19h08

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