Le saxophone jazz de George Robert s’est tu

HommageLe directeur du département jazz de la Haute Ecole de Musique (HEMU) a succombé à une longue maladie dans sa 56e année.

George Robert en 2014, en rémission après deux ans de lutte contre une leucémie aiguë.

George Robert en 2014, en rémission après deux ans de lutte contre une leucémie aiguë. Image: Gérald Bosshard

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«La musique est tellement liée à ma vie, elle en a accompagné tous les événements importants», nous disait George Robert, lors d’une interview en septembre 2014. Il sortait de plusieurs mois d’isolement à l’hôpital après une greffe de moelle osseuse qui devait lui permettre d’en découdre avec une leucémie aiguë déclarée deux ans plus tôt. Ce lundi matin, le fondateur et directeur du département jazz de l’HEMU a perdu la bataille à l’aube de ses 56 ans. Il laisse derrière lui sa femme et ses deux enfants adolescents.

«L’ayant vu encore en début d’année, j’avais l’espoir qu’il allait gagner…» témoigne Jean-Claude Rochat, directeur de la boîte de jazz Chorus et ami. C’est lui qui est allé débaucher George Robert de la Swizz Jazz School de Berne, dont il était directeur, pour l’emmener à Lausanne, d’abord à l’EJMA, puis à l’HEMU. «George était un saxophoniste à la carrière extraordinaire, qui a joué avec les plus grands. C’est un des rares musiciens suisses dont on trouve des notices dans les encyclopédies de jazz américaines. En dix ans, il a fait de l’HEMU Jazz quelque chose de fantastique, il a fait bénéficier ses étudiants de son réseau impressionnant, de sa générosité, mais aussi de son exigence.»

Comme Jean-Claude Rochat, François Lindemann a appris le décès de George Robert au sortir de l’hommage donné au 2.21 pour Léon Francioli, décédé la semaine passée. «Ça fait beaucoup en même temps… soupire le pianiste lausannois. Toute l’école va le regretter. George était une figure marquante du jazz, un musicien précoce qui avait su se faire accepter très vite par la communauté du be-bop et du hard-bop américain.»

Une carrière qui commence à Boston

Suisse par son père et Américain par sa mère, cadet d’une fratrie de huit, George Robert commence sa carrière aux Etats-Unis, où il vit entre 1980 et 1995, d’abord à Boston (au Berklee College), puis à New York. Il y rencontre Phil Woods, son mentor, mais aussi Kenny Barron, Clark Terry ou Tom Harrell. De retour en Suisse, il s’installe à Berne, puis à Lausanne en 2006.

Sa carrière internationale est jalonnée de plus de 50 disques, vendus à travers le monde et notamment au Japon où sa notoriété est grande. Virtuose du saxophone alto, George Robert plaisait à un large public, «car ce qu’ai­ment les spectateurs, c’est l’énergie qui se dégage d’un concert. Et sur scène, George était aussi généreux musicalement que de sa personne», conclut Jean-Claude Rochat. (24 heures)

Créé: 14.03.2016, 19h28

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