Les scouts tremblent pour leurs camps d’été

InquiétudeLouveteaux, louvettes et éclaireurs peinent à dénicher des terrains vierges pour leurs rassemblements

Les terrains propres à accueillir les scouts se font rares en Suisse.

Les terrains propres à accueillir les scouts se font rares en Suisse. Image: Keystone

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Soixante-six mille toiles de tente et 25?000 scouts portant chemises et foulards réunis dans la plaine de la Linth. C’était en 2008, à l’occasion du dernier camp fédéral Contoura08.

Une image définitivement enterrée par le bétonnage du paysage helvétique? C’est la crainte de la Fondation suisse du scoutisme. Pis, cette dernière met en garde: sans terrain, pas de camps d’été. Et sans ces raouts, c’est la fin du mouvement de Lord Baden-Powell.

L’avertissement a été posté dans 100?000 boîtes aux lettres romandes en février dernier. Membre du conseil de cette fondation, Rolf Steiner est responsable de cette campagne. «Un camp d’été, c’est environ 210?heures d’activités communautaires passées loin des parents, à assumer des responsabilités diverses.»

Lancé l’année dernière outre-Sarine – 1,6 million de boîtes aux lettres touchées –, «cet appel au don pour la location ou l’achat de terrain nous a permis de récolter plus de 1 million de francs», poursuit Rolf Steiner.

Parcelles à louer
Une bonne nouvelle pour tous les scouts de Suisse – 42?000 adhérents, dont 3000 Vaudois – que ce bétonnage du territoire inquiète. Un groupe qui a planté son campement dans le Gros-de-Vaud ou à la vallée de Joux pourra effectivement se retrouver nez à nez avec une construction ou un bout de route l’année suivante, confirme Christian Wyssa, responsable de la communication pour l’Association du scoutisme vaudois (ASVD). «Quand ce n’est pas un champ de maïs», sourit Zélie Schneider, dont le totem est Antilope.

Les parcelles inexploitées se font rares, constate, comme d’autres, la cheftaine du groupe de Covatannaz-Prilly. Qui relève un autre changement, tout aussi problématique: pour planter sa tente, il faut souvent ouvrir la caisse du groupe. «Les paysans auraient-ils flairé un filon?» rigole la jeune femme. Ou «compensent-ils un manque à gagner?» réfléchit Christian Wyssa. Dans tous les cas, «cela augmente le prix de nos activités, qui doivent pourtant rester accessibles au plus grand nombre, regrette la cheftaine. C’est la philosophie même du scoutisme!»

Embûches et formalités
Ce qui inquiète aussi Rolf Steiner, c’est toute la règlementation qui complique l’organisation d’un camp d’été. Fini les trous dans la terre pour les «petits et gros besoins». Dans la plupart des cas, il faudra louer des cabines WC.

Aux oubliettes aussi la poignée de main avec le propriétaire. «Une entreprise était prête à nous donner un terrain dans la région de Zurich, explique-t-il.

Malheureusement, cette parcelle se trouvait en zone agricole. Dans ces conditions, impossible d’y construire des WC sans passer par de longues procédures administratives.» Et sans WC, pas de camp. Vive l’aventure!

Les choses se compliquent encore lorsqu’il s’agit de trouver un toit en dur pour les camps d’été des louveteaux et des lutins. Pour avoir le droit d’accueillir ces scouts âgés de 5 à 11?ans, les propriétaires de cabanes ou de chalets doivent respecter des normes strictes et aménager leurs locaux en conséquence. Christian Wyssa s’en agace: «C’est tout juste s’ils ne sont pas contraints de molletonner les coins de tables. Alors on nous refuse ou on augmente les tarifs après travaux.» Pour trouver des terrains adéquats, et surtout disponibles, il n’y a pas le choix, avertit Zélie Schneider: «Il faut s’y prendre vraiment à l’avance.» Ou agir stratégiquement, tel un bon éclaireur.

Dans les hauts de Lausanne, la Brigade de Sauvabelin garde dans sa manche une dizaine de bonnes adresses. «Nous les complétons régulièrement pour compenser les terrains qui disparaissent», explique son chef, Roger Müller.

Tous les scouts de Suisse ont aussi accès à quelque 250 adresses régulièrement tenues à jour et mises en ligne sur le site internet de la Fondation suisse du scoutisme.


Le scoutisme vaudois fête ses 100?ans

L’affaire n’était pas simple, mais le comité d’organisation des 100?ans du scoutisme vaudois l’a fait. Il a trouvé un terrain suffisamment grand pour accueillir 2000 participants

du 15 au 17 septembre. Obligatoirement vaudoise, cette parcelle de plusieurs hectares se trouve sur la commune du Lieu, à la vallée de Joux, informe le responsable communication de la manifestation, Raphaël Salis. Si tout reste à définir, le thème est connu: «Les cinq continents» sera le fil conducteur de ces trois jours d’activités en plein air. Autre certitude: «La volonté de construire quelque chose de durable, poursuit le porte-parole. Peut-être un refuge. La commune a également quelques pistes.»

Le comité d’organisation cherche encore des sponsors pour couvrir ses quelque 170?000?francs de budget. Il annonce aussi la publication d’un livre sur cette longue histoire d’amour entre les Vaudois et le mouvement de Lord Baden-Powell. Parution en septembre.

Réservation possible sur le site internet de la manifestation (24 heures)

Créé: 19.03.2012, 07h58

La campagne de sensibilisation lancée
par les scouts.

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