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UDC: la démission de Kevin Grangier fait réagir

La cheville ouvrière de l’UDC Vaud s’en va en invoquant des «divergences» avec la direction. Mais il ne quitte pas le parti, dont il restera un militant.

A l’UDC Vaud, il était «le sergent-major qui tenait la baraque», comme il se définissait lui-même. Secrétaire général du parti depuis 2014, Kevin Grangier (33 ans) a donné sa démission mercredi soir. Jeudi, il a expliqué à 24 heures les motifs «d’une décision longuement mûrie» tout l’été: «Je ne partage ni la vision ni l’ambition de la direction du parti pour le futur. Or un secrétaire général doit être au service du parti. Je prends donc mes responsabilités.» Il précise qu’il n’y a «pas de conflit de personnes» avec les membres de la direction. Il s’en ira à la fin de l’année, mais n’exclut pas de rester plus longtemps pour faciliter la transition avec son successeur.

Kevin Grangier était la cheville ouvrière de l’initiative «Contre l’intégrisme religieux», qui a capoté ce printemps, faute de paraphes. Le texte s’opposait à la reconnaissance de la communauté musulmane par le Canton, visant la politique menée par la conseillère d’Etat Béatrice Métraux (Les Verts). Qualifiée de «croisade» par certains, l’initiative ne faisait pas l’unanimité à l’UDC et était critiquée par ses alliés. «Avec le recul, c’est un beau gâchis», regrette Kevin Grangier, qui estime que «l’UDC Vaud a loupé le coche sur ce sujet».

«Défendre notre identité»

Le président Jacques Nicolet prend acte «à regret» du départ de son secrétaire général. «J’ai essayé de l’en dissuader car nous formions un bon team, dit le candidat malchanceux au Conseil d’Etat. Mais je peux comprendre ses raisons: il s’était beaucoup investi dans les élections avec des résultats en deçà des attentes. Quant à l’initiative, dont il était président du comité, je ne peux que constater qu’elle n’a pas séduit la population, ce qu’on regrette.»

Concernant «les divergences», Kevin Grangier souligne «la nécessité de défendre notre identité. La Suisse, c’est notre famille. Si la Suisse est forte, nous sommes forts. J’aurais souhaité qu’on retrouve ces fondamentaux-là à l’UDC Vaud.» Partisan d’une stricte limitation de l’immigration, critique vis-à-vis de l’islam, il assume ses opinions, considérées par certains comme trop blochériennes dans une UDC vaudoise agrarienne. Membre de la direction de l’UDC, le député Philippe Jobin loue le dynamisme et les compétences du démissionnaire, tout en admettant n’être pas toujours sur la même longueur: «On peut avoir raison dans l’absolu, mais être trop raide n’est pas forcément productif, surtout dans le canton de Vaud.»

Simple militant

Du côté des adversaires de l’UDC, le député Nicolas Rochat Fernandez (PS) prend acte du fait que «la ligne politique très zurichoise de Kevin Grangier n’a pas plu». Président des Verts vaudois, Alberto Mocchi espère «qu’à partir de là l’UDC va devenir plus constructive et sera moins dans l’agressivité».

Kevin Grangier indique ne pas avoir d’autre projet professionnel en vue pour l’instant. En revanche il continuera de faire de la politique: «Je redeviens ce que je n’ai jamais cessé d’être, un militant.» Il n’exclut pas de se présenter à des élections à l’avenir. Cofondateur des Jeunes UDC vaudois, il s’était formé durant six ans au secrétariat du parti suisse avant de prendre ses fonctions à l’UDC Vaud. Il a été l’un des protagonistes de la campagne qui a mené Guy Parmelin au Conseil fédéral, en 2015.

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