Serein, le président du Conservatoire jette l’éponge

HEMULe conseil de fondation de la HEMU-CL soutient la réforme des autorités, mais cinq de ses membres s’en iront fin avril.

Après le directeur général Hervé Klopfenstein (à g.), démis de ses fonctions jeudi par les autorités, c'est le président du conseil de fondation de la HEMU-CL, Nicolas Gillard (à dr.) qui partira à fin avril.

Après le directeur général Hervé Klopfenstein (à g.), démis de ses fonctions jeudi par les autorités, c'est le président du conseil de fondation de la HEMU-CL, Nicolas Gillard (à dr.) qui partira à fin avril. Image: Florian Cella

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Jeudi, le conseil de fondation de la Haute École de musique Vaud-Valais-Fribourg (HEMU-CL) indiquait, par le biais de son président Nicolas Gillard, qu’il se réservait la possibilité de réfuter les mesures annoncées par les principaux bailleurs de fonds de l’institution. Pour rappel, les trois cantons et la Ville de Lausanne décidaient de remercier le directeur général, Hervé Klopfenstein, avec effet immédiat et de mettre l’institution et son conseil de fondation sous tutelle de l’État, en vue d’une réorganisation fondamentale.

Après une réunion extraordinaire du conseil, ce lundi matin, le conseil de fondation a choisi l’apaisement. Il soutient donc la démarche des autorités publiques «avec le souci prioritaire de contribuer à la consolidation de l’institution». Au passage, néanmoins, cinq de ses membres annoncent leur départ pour fin avril. Parmi eux, le président Nicolas Gillard, personnellement visé jeudi par Cesla Amarelle. Mais aussi François Margot, représentant désigné de l’État au conseil.

Représentation du Canton

Celui qui est aussi connu comme l’abbé-président de la Fête des Vignerons explique qu’il n’y a «aucun conflit à déceler dans ce geste. Ce n’est pas une négation de ce qui se passe aujourd’hui. Mais dans la mesure où nous sommes quelques-uns à avoir préconisé une refonte du conseil de fondation (ndlr: dans le cadre du groupe de réflexion sur la gouvernance de la HEMU-CL, composé également de M. Gillard et de M. Philippin, démissionnaires), et notamment l’allégement de ses membres, je prêche par l’exemple.»

«Je veillerai à ce que celle ou celui qui le remplacera soit investi(e) d’une mission aux contours précis»

Une ligne frappe toutefois à la lecture du communiqué. On y apprend que François Margot serait sans lien avec les autorités. Désigné en 2007 par le Conseil d’État alors qu’il présidait le Septembre musical, François Margot est présenté comme un des membres libres du conseil. «M. Margot a siégé quelques années au conseil de fondation sans jamais recevoir de lettre de mission du Canton, explique Cesla Amarelle. Il le dit lui-même, il se sentait dépositaire d’attentes non dites et non définies, ce qui n’était pas satisfaisant.» L’intéressé confirme. Et la conseillère d’État de préciser: «À la faveur de cette crise dont j’ai hérité, sa décision, prise en toute liberté, de renoncer à son mandat, ouvre la possibilité de repenser comment le Canton de Vaud doit être représenté dans le conseil de fondation d’une institution dont il est le principal bailleur de fonds (ndlr: 18 millions pour la HEMU plus une contribution pour le Conservatoire, sur les 34,5 millions de charges de la HEMU-CL en 2016).» Cesla Amarelle remercie le démissionnaire pour son engagement et promet: «Je veillerai à ce que celle ou celui qui le remplacera soit investi(e) d’une mission aux contours précis.»

«J’avais prévu de partir»

Une autre démission était en revanche appelée des vœux des autorités: celle de Nicolas Gillard. Serein, celui qui occupe le poste de président depuis 2013 et siège au conseil depuis onze ans, l’avoue: «J’aurais préféré que la refonte du conseil de fondation se passe d’une autre manière, mais l’important est qu’elle se fasse. J’avais prévu de partir lorsque le nouveau conseil serait en place. Cela avance simplement mon départ de huit à dix mois.»

Interrogé sur son bilan, il le juge «assez positif». Il évoque notamment les «énormes projets» qui ont vu le jour durant son mandat (le site du Flon, l’ouverture de l’école vers l’extérieur, le renforcement de la musique à l’école…). Il tient aussi à préciser qu’il laisse des comptes institutionnels à jour, et explique la «perte exceptionnelle de l’ordre de 700 000 francs» par une sous-évaluation budgétaire des impacts liés à l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les hautes écoles vaudoises de type HES (LHEV). «Nous n’avons pas dépensé trop, nous n’avons pas demandé assez. Il s’agit d’une erreur de planification, liée au peu de temps dont nous disposions pour fixer notre budget définitif et aux éléments fluctuants qui le composent (ndlr: nombre d’élèves, d’heures de cours, subventions accordées…)

Le président indique encore qu’il se tiendra à disposition de Dominique Arlettaz, l’ancien recteur de l’UNIL mandaté pour présider le groupe de travail qui repensera le fonctionnement de l’institution et de son conseil d’ici à l’été. Un représentant des collectivités publiques et un membre libre dudit conseil participeront aux réflexions. Dans son communiqué, le conseil de fondation souligne encore l’indépendance de l’auditeur externe, questionnée en son temps par les autorités. Et qu’en est-il du mandat de Nicolas Gillard au sein de la Fondation culturelle de la HEMU-CL, où est également censé œuvrer Hervé Klopfenstein dès le 1er janvier prochain? «C’est une discussion que je devrai avoir avec la nouvelle structure mise en place par M. Arlettaz. Je serai à l’écoute», assure-t-il. (24 heures)

Créé: 12.03.2018, 20h37

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