Pourquoi les rues lausannoises sont si masculines

EgalitéLa Municipalité décline la proposition d’une élue qui souhaitait rééquilibrer les noms de rues. Seulement trois portent le nom d'une femme

Les personnalités masculines sont bien plus nombreuses sur les plaques des rues lausannoises.

Les personnalités masculines sont bien plus nombreuses sur les plaques des rues lausannoises. Image: DR/MUSÉE HISTORIQUE DE VEVEY- PHOTO JÉRÉMIE VOÏTA/MUSÉE HISTORIQUE LAUSANNE

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«Attribution des noms de rues: les femmes sont-elles à côté de la plaque?» C’est en ces termes que la conseillère communale Gaëlle Lapique (Les Verts) interpellait la Municipalité de Lausanne à la fin de l’année dernière. Son but: rééquilibrer les noms des rues de la capitale vaudoise, qui honorent aujourd’hui des personnalités masculines à 97,2%, en baptisant les rues des futurs quartiers de noms de femmes. «En voulant opérer un rattrapage systématique, on risque une ghettoïsation de dénominations féminines qui pourrait être mal perçue», estiment les autorités. Ces dernières restent cependant «ouvertes» à toute proposition de dénominations féminines en vue de baptiser plusieurs rues dans les nouveaux quartiers lausannois.

Il est vrai qu’avoir une plaque à son nom à Lausanne est compliqué. La capitale vaudoise a d’ailleurs décidé de ne plus accorder de noms de personnes à des rues, sauf cas très exceptionnels. Et en aucun cas à une personnalité encore vivante, ce qui complique encore les choses. En plus de septante ans, seules douze rues ont été concernées.

Plaques commémoratives

«Une solution serait de débaptiser des rues afin de les renommer avec des noms de femmes», avancent les autorités. Sauf que cela engendrerait trop de répercussions sur les habitants et les entreprises en termes de modifications de documents officiels. C’est pourquoi il est désormais préféré la pose de plaques commémoratives, le plus souvent à l’entrée des bâtiments où ont vécu des personnalités. Lausanne en compte 40, soit 28 hommes et 12 femmes. La dernière à avoir ainsi été honorée est Mary Widmer-Curtat, du Comité Suisse de secours aux réfugiés belges au cours de la Grande Guerre. C’était en 2014.

Reste qu’à Lausanne, les hommes monopolisent les noms de rues. «A l’époque des premières dénominations de rues, qui remontent au milieu du XIXe siècle, la possibilité donnée aux femmes de pouvoir acquérir une place dans la société était quasi inexistante», rappelle la Municipalité. Ainsi, sur les 691 rues existantes, 118 portent le nom d’une personnalité. Certaines ont plusieurs rues à leur nom, comme saint François, que l’on retrouve en place, en rue, en passage ou en galerie. Au final, il y a 103 personnalités différentes, dont trois femmes (lire ci-dessous), soit 2,9%. Et que fait-on de l’avenue Georgette alors? C’était en réalité le nom… d’un ruisseau. La rue Caroline? Il s’agissait d’un attelage qui servait d’omnibus aux Lausannois. A titre de comparaison, le taux de femmes ayant donné leurs noms à une rue est de 5,3% à Genève.

Quid des futurs quartiers?

Pour ses futurs quartiers, ceux des Plaines-du-Loup, de Malley ou des Prés-de-Vidy, la Municipalité n’adoptera donc pas de stratégie particulière, comme elle l’avait pourtant fait en 1982 en attribuant toutes les allées de l’esplanade de Montbenon à des artistes. Selon les autorités, en effet, donner uniquement des noms de rues de femmes aux futurs quartiers «desservirait l’idée première». (24 heures)

Créé: 23.02.2016, 16h10

Elles représentent la gent féminim

Isabelle de Montolieu (1751-1832)
La romancière a eu son chemin en 1934. Isabelle de Montolieu a écrit la plus grande partie de son œuvre, dont Les châteaux suisses et sa traduction du Robinson suisse de Wyss, dans sa maison de Bussigny. Elle possédait encore une maison à Vennes, mais habitait le plus souvent à la rue de Bourg.

Maria Belgia (1599-1647)
Membre de la famille royale du Portugal par son père et petite-fille de Guillaume le Taciturne (Hollande et Pays-Bas) par sa mère, Maria Belgia a donné son nom à une avenue lausannoise en 1913. Elle n’a jamais séjourné à Lausanne mais sa nombreuse descendance a tissé des liens avec la région.

Jenny Enning (1810-1880)
Jenny Enning a eu sa rue en 1891. Elle était fille de cafetier et épouse de boulanger. A sa mort, elle a légué sa grosse fortune à la Commune. Cela a permis la construction du Collège de Villamont, de l’Ecole de Cour
et de l’Ecole supérieure des jeunes filles.

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