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Shafique Keshavjee ne participera pas au débat sur son livre

L’auteur de «L’Islam conquérant» n’est pas invité à s’exprimer à l'Espace culturel des Terreaux, lundi soir. Les organisateurs assument.

Shafique Keshavjee, pasteur, auteur de «L’islam conquérant».
Shafique Keshavjee, pasteur, auteur de «L’islam conquérant».
PATRICK MARTIN

Peut-on débattre sur le livre d’un auteur vaudois sans le convier? Oui, a décidé l’Espace culturel des Terreaux (ECT), à Lausanne. Ce lieu d’animation de l’Église protestante vaudoise convie des orateurs à s’exprimer lundi soir (19h) sur «L’islam conquérant», l’essai du pasteur Shafique Keshavjee, très virulent envers la religion de Mahomet. Autour de la table, plusieurs spécialistes de la religion: Wissam Halawi, professeur d’histoire sociale et culturelle de l’islam, Sandrine Ruiz, présidente de l’Union vaudoise des associations musulmanes, Philippe Gonzalez, sociologue, et Michel Kocher, journaliste et théologien. Mais pas trace de l’auteur.

Le théologien Pierre Gisel, président sortant de l’ECT, assume: «Ce n’est pas faute d’avoir essayé, dit-il. Nous n’avons pas réussi à nous entendre avec Shafique Keshavjee. Il souhaitait un débat à stricte parité mettant en scène des contempteurs de l’islam, en nous proposant par exemple Michel Onfray. Cela ne cadrait pas avec ce que nous voulions faire, c’est-à-dire pas un affrontement «pour ou contre» mais une discussion plus large sur la religion.»

C'est le «débat le plus faisandé du moment», réagit sur son blog la journaliste Mireille Vallette, auteur du livre «Le radicalisme dans les mosquées suisses». Il ne s’agit selon elle que de «démolir les thèses du livre». Elle invite ceux qui ne sont pas d’accord à y participer. Le pasteur dissident Daniel Fatzer, qui soutient Shafique Keshavjee (ce dernier étant absent à l’étranger), se dit «abasourdi que ce débat ait lieu sans l’auteur, c’est une sorte de tribunal de l’Inquisition.»

Et de convier le public à un autre débat, «en présence de l’auteur bien sûr», le 9 mai (20h) à l’église Saint-Laurent. Celui-ci opposera Marie-Hélène Miauton, chroniqueuse dans «Le Temps», et Jacques Neirynck, ancien conseiller national. Fallait-il maintenir celui des Terreaux? «Oui, juge Pierre Gisel, il n’y avait pas de raison que nous renoncions à le faire sous prétexte que l’auteur refuse la contradiction.» Deux débats pour le prix d’un!

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