Le shiba inu, la boule de poils nippone au succès fulgurant

AnimauxLe chien japonais fera sa star à la 12e édition de Japan Impact à l’EPFL. Reportage à Remaufens (FR) chez un éleveur d’une race toujours plus prisée.

Didier Mottaz, ici avec des chiens de son élevage à Remaufens, n’est jamais à court d’histoires sur le shiba inu.
Vidéo: Romain Michaud

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Hoshi a 9 semaines, ce petit shiba inu ne le sait pas encore, mais il est sur le départ. Depuis quelques semaines, sa mère s’est détachée de lui pour le sevrer et lui apprendre à être indépendant. Didier Mottaz, éleveur de shiba inu à Remaufens depuis treize ans, coupe définitivement ce lien en plaçant l’animal dans les bras de sa nouvelle famille, un couple de Fétigny, dans le canton de Fribourg. La petite boule de poils noirs en mouille de peur le parquet de l’élevage qui l’a vu naître. «Les premiers jours, le chiot va créer un attachement de survie, c’est une sorte de syndrome de Stockholm», explique en souriant Didier Mottaz.

«C’est le city dog par excellence»

À l’instar de ce couple, de plus en plus de Vaudois et de Suisses choisissent comme compagnon un shiba inu, qui veut dire «petit chien» en japonais. Selon les chiffres officiels d’Amicus, la banque de données nationale pour les chiens, en cinq ans la population de cette race a doublé en Suisse (de 784 en 2015 à 1441 en 2019, et de 111 à 244 dans le canton de Vaud). «Le shiba inu doit son succès à son intelligence, à sa réputation d’animal propre et peu aboyeur. Il a une taille idéale et ne prend pas beaucoup de place dans un appartement. C’est le city dog par excellence», avance Didier Mottaz, qui donnera une conférence sur ce canidé dimanche 16 février à Japan Impact, à l’EPFL, événement consacré à la culture japonaise.

Un succès bienvenu pour cet animal utilisé à l’origine au Japon pour chasser le petit gibier. Menacé par l’importation et le croisement avec des canidés anglais, le shiba inu a failli disparaître au début du siècle dernier. En 1928, le Dr Hirokichi Saito prend conscience qu’il n’y a presque plus de chiens de race japonaise. Pendant cinq ou six mois, il va arpenter les coins reculés du Japon pour trouver des spécimens qu’il peut qualifier de race pure. Il va recréer un bassin génétique propre au shiba inu et poser un standard. Depuis le 16 décembre 1936, ce toutou est déclaré monument naturel au Japon.

Succès culturel

Pendant que Keyko, femelle de 5 ans, s’amuse joyeusement à bondir sur le grillage de son enclos, Didier Mottaz revient sur ce chien devenu phénomène de mode. «Son succès, il le doit aussi à la sortie du film «Hatchi», avec Richard Gere.» Une œuvre de Lasse Hallström qui raconte l’histoire vraie d’un chien qui, malgré la mort de son maître, l’a attendu devant une gare de Tokyo pendant plus de neuf ans. «Tout le monde a vu et pleuré devant ce film. «Hatchi» est un akita inu et il pèse environ 30 kilos. Le shiba inu est sa photocopie en version réduite, il a donc profité de la notoriété de cet akita.»

Une partie des clients de Didier Mottaz sont des mordus de culture nippone où le shiba inu est devenu une véritable icône. «Il y a des jeux vidéo avec des chiens japonais ou des loups comme «Okami» ou «Okamiden», et aussi des mangas qui lui sont consacrés, comme «Un shiba en plus», de Mayumi Muroyama», souligne celui qui possède l’une des plus grandes collections de jeux vidéo d’Europe. Une mode encore amplifiée par les réseaux sociaux, où des propriétaires ont fait de leurs compagnons de véritables stars d’Instagram suivies par plusieurs millions de personnes. Certains possèdent même des produits dérivés à leur effigie.

Cette bonne bouille est aussi l’une des raisons de son succès international. Un argument difficile à contredire, quand on observe Didier Mottaz assis dans l’herbe en train de jouer avec deux chiots qui lui mordillent doigts et lacets. Pourtant, l’éleveur met en garde: «Le chien est un animal émotionnel, ce n’est pas un accessoire de mode. Je fais cette conférence pour expliquer aux propriétaires de demain la responsabilité que cela représente de prendre un chien. Et le temps qu’il faut pour l’éduquer et s’occuper de lui. Si j’évite ne serait-ce qu’à un shiba inu de se retrouver à la SPA, je n’aurai pas fait le déplacement pour rien.»

Un chien très intelligent

«Le shiba inu ne va pas faire quelque chose pour son maître sans qu’il puisse en tirer un avantage. Il a acquis une intelligence qui l’amène presque jusqu’au libre arbitre», précise l’éleveur canin. Un chien qui apprend vite mais qu’il faut motiver et cadrer, car il est très indépendant et très réactif avec ses congénères. «Il a besoin de beaucoup d’apprentissage et de travail avec son maître. Cette soif d’apprendre et d’avoir une relation privilégiée avec l’humain est aussi importante que de manger ou de boire», renchérit Didier Mottaz.

Une boule de poils qui a un prix: entre 2000 et 2500 francs. Un coût qui s’explique par la batterie de tests génétiques qui sont réalisés pour avoir le pedigree et par la rareté de l’animal. L’éleveur voyage d’ailleurs dans le monde entier pour trouver les meilleurs chiens de race afin de renouveler le sang de son élevage. Un succès qui ne semble pas près de s’arrêter, puisque chez Didier Mottaz il faut compter six mois d’attente pour espérer avoir votre compagnon.

Créé: 09.02.2020, 08h57

Dans le jeu Okami, on incarne un loup ressemblant au shiba inu. (Image: APCOM)

Le programme du 12e Japan Impact

Le Japan Impact ouvre ses portes au Rolex Center de l’EPFL les 15 et 16 février prochains.

Au programme, une conférence sur le shiba inu précédé d’un rassemblement de propriétaires (dimanche dès 13h). Concours de cosplay individuel et en groupe (samedi et dimanche de 13h à 15h). Concours Kakkoii (dimanche de 15h30 à 17h30) et concours Kawaii (samedi de 13h30 à 15h30).

Plusieurs démonstrations et initiations à l’aïkido, le kobudo ou encore au jujitsu auront lieu durant le week-end. L’événement fait aussi la part belle, le samedi et le dimanche, aux ateliers culturels avec de la calligraphie, des cours de dessin, ou encore des cours de japonais.

Tout cela accompagné d’exposants, de concerts, de conférences, d’une zone jeux vidéo et de plein d’autres choses à découvrir sur www.japan-impact.ch

L’akita inu du film à succès «Hatchi», avec Richard Gere (Image: afp)

Les mangas lui font la part belle, comme «Un shiba en plus». (Image: DR)

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