Les enfants de la pleine lune ont 20 ans

Signé LausanneLa fontaine de Saint-François et les pavés dorés qui l'entourent, gravés aux noms d'enfants, avaient été installés en 1999.

Image: FLORIAN CELLA

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Ils s’appellent Brandon, Célia ou Tamour. Ils sont nés une nuit de pleine lune, en 1998. Si vous ne les connaissez pas, vous avez peut-être vu leurs noms, gravés au sol de la place Saint-François: vingt ans tout juste que les passants foulent ces pavés de laiton pas comme les autres, disposés autour de la fontaine jouxtant la façade nord de l’église.

L’œuvre, intitulée «Les naissances de la pleine lune», est signée Anne-Hélène Darbellay et Yves Zbinden. Le duo d’artistes avait remporté à l’époque le concours organisé par la Ville pour remplacer l’ancienne fontaine, responsable d’infiltrations qui mettaient à mal la vénérable église. «Le concours mentionnait qu’il devait s’agir d’un point d’eau potable, se souvient Anne-Hélène Darbellay. Nous avons pensé à la source de la vie, la naissance. Puis nous avons trouvé ce bassin, en forme de demi-lune, qui avait été un abreuvoir à chevaux dans le Gros-de-Vaud.»

D’où cette union, belle et poétique, du terrien et du céleste, parfaitement intégrée au lieu: 52 pavés aux reflets d’or, portant le nom de tous les enfants lausannois nés l’une des douze nuits de pleine lune de l’année écoulée et formant une constellation autour de ladite fontaine. Le site américain Atlas Obscura, qui recense les trésors insolites du monde, en fait l’une des trois choses à voir absolument à Lausanne, aux côtés de la Collection de l’art brut et du Palais de Rumine.

En octobre dernier, la Ville a mis sur pied une petite cérémonie réunissant les artistes et les nouveau-nés d’alors, devenus adultes. «Une dizaine d’entre eux ont pu venir, raconte Yves Zbinden. Beaucoup étaient là avec leurs parents. C’était très émouvant. À l’époque, lors de l’inauguration, c’était un parterre de poussettes… Dans 30 ans, quand ils en auront 50, peut-être que le temps aura effacé leur nom.»

L’écriture enfantine ayant servi de modèle pour graver les noms dans le laiton en 1999 était celle du fils d’Yves Zbinden, 6 ans alors. Il est aujourd’hui lui aussi artiste. Était-ce écrit dans les étoiles d’une nuit de pleine lune? (24 heures)

Créé: 12.02.2019, 16h53

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