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Le triomphe de Guillaume Tell a échappé au stand de tir

Retour sur l'histoire mouvementée de cette fresque du peintre Ernest Biéler.

Avant d'orner les murs du Tribunal de Montbenon, «Le triomphe de Tell» (1914) d'Ernest Biéler a décoré une chapelle, a été entreposée dans une caserne de pompiers et a bien failli finir au stand de tir de Vernand.
Avant d'orner les murs du Tribunal de Montbenon, «Le triomphe de Tell» (1914) d'Ernest Biéler a décoré une chapelle, a été entreposée dans une caserne de pompiers et a bien failli finir au stand de tir de Vernand.
PATRICK MARTIN

«Le triomphe de Tell», «Le tir de la pomme» et «Le chemin creux»: ces trois fresques du peintre Ernest Biéler s’admirent au Tribunal de Montbenon.

À l’origine, elles ornaient la curieuse petite chapelle située à quelques mètres. À sa mort, le richissime banquier parisien Daniel Iffla, dit Osiris, légua 50'000 francs à la Ville pour édifier cette chapelle en l’honneur de Guillaume Tell. Elle est inaugurée en 1917.

En 1951, la Ville de Lausanne se rend soudain compte que les fresques sont dans un état pitoyable, rongées par l’humidité. Plus de dix ans vont s’écouler entre cette prise de conscience et le déménagement précipité des œuvres au Palais de Justice, explique la revue «Monuments vaudois», qui a retracé leur destin mouvementé.

Les autorités veulent d’abord détruire la chapelle pour des raisons urbanistiques. L’Association des amis de Biéler monte au créneau pour défendre la sauvegarde et la restauration des peintures murales, qui semblent ne plus intéresser grand monde. En 1956, la Ville décide de déplacer les fresques restaurées (entreposée à la caserne des pompiers) au stand de Vernand, lieu «qui conviendrait admirablement car le sujet traité est en rapport avec le tir».

La Municipalité change d’avis en 1957, arguant que «la seule surface assez grande qui aurait pu convenir se (trouve) dans un endroit qui sera peu fréquenté par le public». C’est reparti pour des années de léthargie. En 1962, relancé par l’association, le syndic de Lausanne Georges-André Chevallaz confirme le transfert des fresques au Palais de Justice de Montbenon.

«Le triomphe de Tell» présente l’arbalétrier portant son fils. Dans la main du petit blond: la fameuse pomme transpercée. La flèche à la ceinture de Tell est destinée au bailli Gessler, à droite sur son cheval.

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