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A Morges, Simonetta Sommaruga défend l'immigration

Pour la conseillère fédérale, un oui à l'initiative UDC contre l'immigration de masse créerait de nombreux problèmes et une énorme bureaucratie.

La cheffe du Département fédéral de justice et police (DFJP) s'est exprimée mardi à l'hôpital de Morges.
La cheffe du Département fédéral de justice et police (DFJP) s'est exprimée mardi à l'hôpital de Morges.
Keystone

La santé, mais aussi l'agriculture et la construction «ne pourraient pas fonctionner sans l'apport de la main-d’œuvre étrangère». Un oui le 9 février à l'initiative UDC ouvrirait une longue période d'insécurité, a souligné la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga mardi à Morges (VD).

Le système de santé suisse emploie 32% de collaborateurs étrangers. Il ne pourrait assurer ses prestations sans eux. La proportion de médecins étrangers est de 40% au niveau suisse, et de 31% dans le canton de Vaud.

A l'hôpital de Morges, où la cheffe du Département fédéral de justice et police (DFJP) s'exprimait devant une centaine d'employés, la proportion de collaborateurs étrangers atteint 36%. Quatre sur cinq sont européens. «Nous sommes très inquiets de cette initiative», a déclaré François Jacot-Descombes, directeur de l'hôpital.

Simonetta Sommaruga a dressé un tableau nuancé de 10 ans de libre-circulation des personnes. L'augmentation rapide de la population ces dernières années a créé un malaise, a admis la conseillère fédérale. Mais parallèlement, le taux de chômage suisse est à 3% alors que ceux de ses voisins européens dépassent souvent 10%. L'immigration est liée à la bonne conjoncture économique.

Pas la solution

L'initiative UDC contre l'immigration massive «n'apporte aucune réponse aux vrais défis. Elle ne va protéger ni les salaires ni les bonnes conditions de travail, ni donner davantage de logements abordables ou de meilleures infrastructures».

Le retour des contingents ne garantit pas en soi une baisse de l'immigration. Il créerait en revanche de nombreux problèmes. «L'initiative ne dit pas qui fixera les contingents, ni comment. Cela promet des immenses discussions, qui se reproduiraient chaque année», a souligné la conseillère fédérale.

Grosse bureaucratique

Pour chaque engagement d'un étranger, les employeurs devront prouver qu'ils n'ont pas trouvé de Suisse correspondant à leurs besoins. Le travail administratif ainsi généré sera très lourd et pénalisera en particulier les PME, a ajouté Mme Sommaruga.

En outre, si aucune solution n'est trouvée avec l'Union européenne, l'abandon de la libre-circulation des personnes entraînerait la fin dans les six mois des autres accords bilatéraux. L'économie serait confrontée à d'énormes incertitudes.

La cheffe du DFJP va particulièrement s'investir dans cette campagne, car «les enjeux sont très importants pour la Suisse, pour la voie bilatérale et pour l'économie». Contrairement aux minarets, «cette votation n'a rien de symbolique». Un retour des contingents aurait des conséquences concrètes et néfastes très importantes, a insisté Mme Sommaruga.

(ats)

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