Six hôpitaux vaudois font chuter de moitié le nombre d'escarres

SantéLe programme de prévention déployé sur dix-huit mois a porté ses fruits

L'Hôpital intercantonal de la Broye fait partie des établissements qui ont participé sur une base volontaire au programme de réduction des escarres de la Fédération des hôpitaux vaudois (FHV).

L'Hôpital intercantonal de la Broye fait partie des établissements qui ont participé sur une base volontaire au programme de réduction des escarres de la Fédération des hôpitaux vaudois (FHV). Image: JEAN-PAUL GUINNARD - A

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Après dix-huit mois d’actions ciblées dans six établissements, la Fédération des hôpitaux vaudois (FHV) annonce une diminution de 50% des escarres contractées par les malades pendant leur séjour. C’était l’objectif du Collectif de travail mis sur pied pour l’occasion.

«Cette réduction s’aligne sur les projets internationaux les plus ambitieux», relève la FHV. La moyenne est passée d’environ 150 patients par mois porteurs d’escarres à 70, soit 1142 cas potentiellement évités en dix-huit mois.

Conséquences graves

On estime que 4,3% des patients en Suisse souffrent de ces plaies provoquées par une pression forte et prolongée qui peuvent survenir en trois heures seulement. «Le risque ne concerne pas uniquement les personnes âgées et alitées mais toute personne admise en milieu de soins», insiste le Dr Anthony Staines, chargé du programme Sécurité des patients de la FHV. Les saillies osseuses appuient sur une surface, par exemple une chaise ou un matelas, entravent la circulation et entraînent une lésion de la peau allant de la simple rougeur à la destruction totale des tissus, parfois jusqu’à l’os. Les conséquences peuvent être graves: souffrance, atteinte à la dignité, prolongation de l’hospitalisation, chirurgie…

En 2017, six hôpitaux vaudois membres de la FHV se sont portés volontaires pour participer au programme de réduction des escarres: l’Hôpital Riviera Chablais, l’Ensemble hospitalier de la Cote, l’Établissement Hospitaliers du Nord Vaudois, l’Hôpital intercantonal de la Broye, le Réseau Santé Balcon du Jura et la Fondation Miremont. Une équipe de projet était chargée, sur chacun des sites, de diffuser les bonnes pratiques.

«Une prise de conscience»

«Au début, on a entendu des discours comme: «chez nous, il n’y a pas d’escarres», ce qui n’était pas forcément vrai», rapporte la cheffe du projet, Isabelle Amherdt. «Chacun avait sa formule magique pour traiter les escarres, ajoute Christian Baralon, coordinateur de la sécurité des patients à l’Hôpital Riviera-Chablais. Nous nous sommes demandé comment les éviter.»

Il a fallu provoquer une prise de conscience en faisant comprendre aux soignants que ces lésions constituent bel et bien une problématique hospitalière et qu’elles peuvent – et doivent – être évitées. Une évaluation des risques chez chaque malade et une application «systématique et rigoureuse» d’actions de prévention (inspection régulière de la peau, mobilisation de la personne, attention portée à son hydratation…) ont été introduites. Le programme comprenait aussi des audits, un volet formation et une sensibilisation des patients et de leurs proches.

Il s’agit du troisième collectif de travail thématique lancé par la FHV en vue d’améliorer la qualité des soins. En 2016, la faîtière des hôpitaux vaudois a fait bondir le taux d’observance des règles d’hygiène des mains chez les soignants de 62% à 88%. «Ce pourcentage n’a pas baissé depuis, relève Anthony Staines. J’ai de bonnes raisons de croire que les résultats obtenus pour les escarres ne vont pas retomber comme un soufflé.» Un répondant a été désigné dans chaque hôpital pour le suivi des efforts. (24 heures)

Créé: 15.01.2019, 18h42

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