Les socialistes lâchent peu à peu Pierre Chiffelle
VaudLes députés demandent un second certificat médical à l’ancien conseiller d’Etat bénéficiant d’une rente pour maladie. Son parti est divisé. La requête a peu de chances d’aboutir.
Peut-être les Vaudois assisteront-ils à la fin d’un feuilleton revenu à plusieurs reprises depuis 2004. Cette année-là, l’ancien conseiller d’Etat socialiste Pierre Chiffelle démissionnait pour raisons de santé. Mardi, avec parfois des mots très durs, le Grand Conseil a décidé de lui demander un certificat médical pour prouver qu’il mérite bel et bien sa rente de 10'100 fr. par mois pour motif médical.
Revenu à son premier métier d’avocat, notamment comme conseil de la fondation écologique Franz Weber, Pierre Chiffelle a été très présent dans les médias ces dernières années, ce qui a créé des doutes sur la légitimité de sa rente. Alors que le total des pensions des anciens ministres s’élève à 2,6 millions de francs par année, Pierre Chiffelle est le seul à en toucher une pour raisons médicales.
En fait, Pierre Chiffelle a déjà fourni un certificat l’an dernier au chancelier de l’Etat de Vaud, ce que le Conseil d’Etat avait révélé en octobre (à lire ici). Il n’en avait même pas l’obligation, car sa rente lui est acquise à vie comme le prévoyait la loi lors de sa démission. Qu’importe, les députés veulent un second avis par un médecin neutre.
Deux choses ressortent principalement de ce débat. La première est que les socialistes lâchent petit à petit leur ancien ministre toujours membre du parti. Peu sont intervenus pour plaider en sa faveur durant les débats du Grand Conseil qui ont commencé déjà la semaine dernière.
Mardi, au premier vote à l’électronique, de nombreux députés socialistes se sont abstenus. C’est seulement au vote dit «à l’appel nominal», où les résultats sont enregistrés, que la majorité d’entre eux a refusé de demander un nouvel avis médical.
Des socialistes divisés, ce qui s’explique en partie par la position de leur conseiller d’Etat et président du gouvernement, Pierre-Yves Maillard. Tant mardi qu’il y a une semaine, il a tenu à rappeler plusieurs fois qu’il partageait une partie des interrogations, et que lui et ses collègues du gouvernement trouvent la situation «désagréable». «Bien sûr, cette situation choque une partie de la population et peut me choquer aussi, parce qu’il se trouve que j’ai remplacé cette personne et n’ai eu aucune part à la fixation de cette rente, a-t-il par exemple déclaré la semaine dernière. Le Conseil d’Etat d’aujourd’hui et la personne qui vous parle sont bien conscients de la difficulté que crée cette situation», ajoute-t-il.
Deuxième élément saillant, c’est que la demande a peu de chances d’aboutir. Pierre Chiffelle peut simplement refuser de fournir un certificat, faute d’obligation légale. Ensuite, si ce deuxième certificat confirme le premier, cela légitimera sa rente. Dans le cas contraire, il s’agira alors de savoir lequel prime.
Et encore, même si sa rente était remise en cause, le Grand Conseil devrait adopter une nouvelle loi supprimant le droit acquis de Pierre Chiffelle. Ce qui pourrait être contraire à la Constitution.
Créé: 27.01.2015, 20h38
Articles en relation
Publier un nouveau commentaire
Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction
Caractères restants:
J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.


Veuilliez attendre s'il vous plaît 

