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Les socialistes mis en demeure de retrouver leur unité

La victoire sans appel de Cesla Amarelle à la primaire des roses vaudois ouvre le temps de la réparation. Les conseillers d’Etat sortants balisent la route.

Nuria Gorrite, Cesla Amarelle, Pierre-Yves Maillard et la verte Beatrice Metraux, lors du congres du PSV a Montreux samedi 14 janvier 2017.
Nuria Gorrite, Cesla Amarelle, Pierre-Yves Maillard et la verte Beatrice Metraux, lors du congres du PSV a Montreux samedi 14 janvier 2017.
ARC/Jean-Bernard Sieber

Des cris de joie ont accueilli, samedi à Clarens, l’annonce des résultats. Par 268 voix sur 462 bulletins valables (58%), la conseillère nationale yverdonnoise Cesla Amarelle a été choisie pour la candidature au Conseil d’Etat, devançant ses deux rivales Fabienne Freymond Cantone (121 voix) et Roxanne Meyer Keller (73 voix).

Le ticket de la gauche est maintenant connu pour l’élection au gouvernement. Les deux sortants Nuria Gorrite et Pierre-Yves Maillard figureront sur la liste aux côtés de Cesla Amarelle et de leur alliée Verte, la sortante Béatrice Métraux.

C’est l’aboutissement de plusieurs mois de suspense. Durant près de quatorze semaines, les camarades se sont consultés afin de déterminer laquelle de leurs figures pouvait le mieux porter les couleurs du parti pour affronter une droite qui rêve de revanche. Différentes forces se sont affrontées, avec des dérapages, des marques d’irrespect, notamment sur les réseaux sociaux. Des gens ont été fâchés. Le risque de voir le parti perdre sa cohésion est désormais réel.

Militants soulagés

La victoire sans appel, dès le premier tour du scrutin, de la conseillère nationale et ancienne présidente efficace du Parti socialiste vaudois (PSV) pourrait cependant lancer le temps de la réparation. C’est du moins ce que prédisaient les militants samedi soir, à la sortie du congrès.

Dans leurs discours d’investiture, les deux sortants Nuria Gorrite et Pierre-Yves Maillard ont tous deux fortement appuyé leurs appels à l’unité avant d’être eux-mêmes confirmés par l’assemblée. Seule la Jeunesse socialiste s’est abstenue. Pour Nuria Gorrite, la cohésion, c’est «ce qui plaît aux Vaudois». «Notre parti n’a jamais eu avec lui les forces de l’argent, dit-elle aussi, ni l’idéologie dominante.» Elle évoque le travail au Conseil d’Etat, qui se fait dans «la confiance et la loyauté», pour le succès d’une «véritable équipe».

Son collègue Pierre-Yves Maillard a commencé de son côté par une mise au point. Ses propos du mois d’octobre sur le pouvoir du peuple ont été selon lui dévoyés par des «cuistres» qui les ont jetés «dans un purgatoire populiste» où se côtoient Donald Trump et Vladimir Poutine.

Écoutez l'intégralité du discours de Pierre-Yves Maillard:

Or, a-t-il plaidé, il se bornait à demander aux sections de réserver davantage de place aux «travailleurs de base» sur les listes électorales. Ce n’était que l’expression de son credo socialiste: «La sous-représentation de cette partie majoritaire de la population s’aggrave et c’est un problème de nos démocraties. Mes déclarations n’avaient rien à voir avec un reproche à ceux qui ont fait des études; j’en suis un.»

«Je ne me laisserai pas intimider»

Face aux «sornettes et malveillances», ces «procédés de déqualification», l’homme fort des socialistes vaudois ne «se laissera pas intimider». A-t-il soutenu une candidate pour le Conseil d’Etat en particulier? «Ces trois femmes ont toutes la capacité de penser par elles-mêmes», tonne-t-il. Pour lui, l’essentiel est d’apporter au peuple une «réponse contre les identitaires, les xénophobes et les démagogues». Le progrès, le dialogue sont les moteurs de son action. L’unité du parti, il la veut pour faire pièce à la droite, au système libéral, qui «trie les gagnants et les perdants».

Pierre-Yves Maillard a voulu parler avec son cœur: «Je vous dis ce que je pense, c’est sincère. Je suis un adepte de la camaraderie, et, pourquoi pas, de l’amitié.» Enfin, le président du Conseil d’Etat a dénié exercer sur le parti le pouvoir qu’on lui prête. «Je ne suis pas autoritaire, a-t-il ajouté en conclusion. Sans votre confiance, je ne suis rien.»

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Les deux outsiders soutenus en tant que femmes d’Exécutifs

Avant le vote, le congrès a suivi une procédure très complète où les trois candidates se sont elles-mêmes présentées. Pour chacune, deux camarades avaient droit à quelques minutes de plaidoyer en soutien à leur candidature. Les arguments en faveur des deux perdantes Fabienne Freymond Cantone et Roxanne Meyer Keller ont notamment porté sur leur expérience de l’Exécutif. Venu en soutien de la municipale nyonnaise, le syndic de Lausanne, Grégoire Junod, a appuyé sur le fait que Fabienne Freymond Cantone a l’expérience (dix ans) d’une Municipalité dans une région non acquise à la gauche: «En 2016, elle est arrivée première des socialistes, et loin devant la droite.» A témoin, l’initiative très socialiste de la commune de Nyon: elle est la seule, dit-il, à être parvenue à mettre en œuvre une convention collective de travail avec force obligatoire pour les travailleurs de la vente en échange d’horaires d’ouverture des magasins. Le Lausannois a également pointé que la prétendante à l’investiture venait d’une ville-centre avec la conscience de ce que cela implique, notamment face à l’Etat. Enfin, d’une manière touchante, Grégoire Junod a exprimé son admiration à la Nyonnaise qui s’est battue contre un cancer en 2011 tout en restant en fonction: «Je suis moi-même passé par là et je mesure le courage qu’il a fallu pour mener ce combat tout en restant municipale.»

L’expérience dans un Exécutif de Roxanne Meyer Keller a également été pointée. Caissier de la section Broye-Vully, municipal à Moudon et ancien syndicaliste, Olivier Barraud, qui présentait sa candidature, a insisté sur les vents contraires auxquels doit faire face une femme socialiste dans une région périphérique telle que la sienne. La syndique d’Avenches, qui a gagné contre le PLR Yves Nicolier lors de l’élection à la syndicature du printemps 2016, a réalisé un «tour de force». Le député Philippe Randin, de Château-d’Œx, a en outre loué le pragmatisme d’une candidate qui parle simplement, «loin des grandes envolées sans lendemain». Pour lui, être socialiste quand on habite «aux confins du canton», dans un territoire historiquement PLR, avait de quoi forcer l’admiration.

Une fois le résultat connu, les deux candidates évincées ont eu à cœur de montrer une attitude empreinte de dignité. Elles ont toutes deux salué la démocratie et encouragé le parti dans son ensemble.

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