Sommaruga applaudit au Bugnon le film percutant de quatre gymnasiennes

LausanneVenue avec les conseillères d’État vaudoises, la ministre récompensait les lauréates d’un concours vidéo. L’occasion de parler féminisme avec ces ados.

Simonetta Sommaruga a félicité à son arrivée les quatre auteures du film lauréat: Marie Danese, Mathilde Joliat, Louise Prod’hom et Laïa Garcia.

Simonetta Sommaruga a félicité à son arrivée les quatre auteures du film lauréat: Marie Danese, Mathilde Joliat, Louise Prod’hom et Laïa Garcia. Image: Keystone

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Montée d’adrénaline, vendredi matin dans la salle 211 du Gymnase du Bugnon, site de l’Ours. La classe 1M7 attend, un peu fébrile, l’arrivée de la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, ainsi que de toutes les membres féminines du gouvernement vaudois. Aïe, une élève se rend soudain compte que toutes les filles ont pris place d’un côté de l’auditoire, les garçons de l’autre: «Mais ça va pas du tout, pas aujourd’hui… On bouge!» Remue-ménage, échange rapide de places sous l’œil des membres de la direction du gymnase et du corps enseignant présents. Cette fois tout est en place.

La délégation de politiciennes et d’accompagnants, arborant chacun au moins un vêtement violet, débarque dans la classe, tout sourire. Si tout ce monde est là, c’est pour récompenser le travail de quatre étudiantes dans le cadre d’un concours lancé par le Département de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC). Les élèves du canton étaient appelées à réaliser un film d’une minute sur le thème de la place des femmes dans la société. «Nous avons reçu plus de 100 vidéos, 1500 jeunes ont pris part à l’opération, énumère Cesla Amarelle, cheffe du DFJC, ravie. Nous sommes ici pour récompenser la meilleure du canton, un film épatant, extrêmement percutant.»

Projetée dans l’auditoire, la petite œuvre a de l’impact. Les quatre jeunes femmes, face caméra, en noir blanc, enchaînent les slogans en vers, un peu à la manière d’un clip de slam. Entre dénonciations de la violence – «Je suis forte mais c’est pas une raison pour me frapper» – et réflexions sur l’image de la femme – «Accepte moi poilue, c’est moi qui l’ai voulu».

Après le film, professeurs et médias dehors: la classe a droit à son moment en tête à tête avec les politiciennes. Seule habilitée à rester, Nicole Palermo, prof de français qui a accompagné ses élèves dans la création. Que s’est-il dit entre quatre murs? «Les élèves et les politiciennes ont partagé les récits des inégalités qu’elles ont subies. Elles ont aussi parlé de respect.»

La journée de l’enseignante, qui porte un t-shirt Appel d’elles, un mouvement de solidarité avec les femmes et enfants demandant l’asile, est teintée de fierté, mais pas que: «Je m’étais déclarée en grève pour toute la journée, explique-t-elle. Ce qui signifie que j’aurai une retenue sur salaire (lire l'encadré), alors que je suis aux côtés de mes élèves. J’ai trouvé l’initiative de ce concours excellente, et cela nous a permis de parler de sujets que nous ne pouvons pas aborder en classe d’habitude. Mais j’aurais bien aimé que cette cérémonie, avec ces petits-fours et toutes ces femmes qui travaillent, ait lieu un autre jour…»

Et les principales intéressées, toutes entre 16 et 17 ans, quelles militantes sont-elles? Marie, Mathilde, Louise et Laïa répondent en collectif: «On était déjà conscientes de ces questions avant de faire le film. Même si on sait qu’ici en Suisse, dans notre milieu, on n’est pas les plus à plaindre, on est sujettes au sexisme ordinaire, comme toutes les femmes. Tout ça nous a permis aussi d’en discuter avec les garçons, qui ne se rendent pas forcément compte.»

Dehors dans la cour, on se rassemble en petits groupes, on discute entre garçons et filles. Une playlist thématique enchaîne les tubes, du «Femme libérée» de Cookie Dingler au «Balance ton quoi» d’Angèle. La relève est là.

Créé: 14.06.2019, 22h35

Les écoles mobilisées

On savait que la mobilisation serait massive dans les écoles et gymnases. Du côté de l’école obligatoire, «22 établissements ont mis leurs élèves en congé, tout en maintenant un service d’accueil, indique Julien Schekter, porte-parole du DFJC.

Les 70 autres ont maintenu les cours, moyennant aménagements, regroupements de classe ou activités pédagogiques sur le thème de l’égalité.» Pour ce qui est des gymnases, la plupart des établissements du canton s’étaient déclarés en grève avant l’événement.

S’il était trop tôt, vendredi, pour connaître le détail des chiffres, le département estime qu’environ 50% des cours ont été annulés.

Comment cela s’est-il passé concrètement sur le terrain? Au Bugnon, «la mobilisation a été très forte, indique le directeur, Patrick Godat. Les enseignants pouvaient faire grève, mais il leur a été demandé d’indiquer à l’avance le nombre de périodes qu’ils manqueraient.»

Des retenues salariales sont prévues pour les grévistes pour toutes les heures avant 15h30, quand l’État a libéré ses employés pour le cortège.

Quant aux élèves, s’ils n’étaient pas officiellement en congé, «l’absence au titre de participation à la grève était jugée recevable».

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