Le sort du bébé d’Assens entre les mains du juge

Drame familialLa jumelle de la femme étranglée par son mari en octobre dernier se bat pour que l’enfant de sa sœur lui soit confié

La villa d’Assens où le drame s’est déroulé. Thierry G. y a vécu quelques années avec une amie avant d’épouser Claudia.

La villa d’Assens où le drame s’est déroulé. Thierry G. y a vécu quelques années avec une amie avant d’épouser Claudia. Image: Patrick Martin

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Claudia G., 36 ans, d’origine roumaine, disparaissait de son domicile d’Assens, dans le Gros-de-Vaud, dans la nuit du 27 au 28 octobre 2012, en y abandonnant son bébé de 3 mois.

Six semaines plus tard, alors que d’innombrables recherches restaient sans résultat, la police arrêtait le mari, Thierry G., 44 ans, ingénieur suisse employé de la Ville de Lausanne. Et le 12 décembre dernier, le procureur du Nord vaudois pouvait annoncer que celui-ci était passé aux aveux et que c’est à la suite d’une dispute, selon ses affirmations, qu’il avait étranglé son épouse avant d’enterrer son corps dans des fourrés.

Le bébé, que son père avait provisoirement confié à des voisins, était alors immédiatement pris en charge par le Service de protection de la jeunesse (SPJ) dans l’attente d’une décision judiciaire.

Lors d’une audience à huis clos tenue hier à Echallens, la Justice de paix du Nord vaudois et du Gros-de-Vaud s’est penchée sur le sort de l’enfant, désormais âgé de plus de 7 mois, qui est réclamé par la sœur jumelle de Claudia G., qui est aussi sa marraine.

Pétition et coup de gueule
Entourée de proches, la sœur de la victime a entre-temps lancé une pétition sur internet, dans laquelle elle revendique avec véhémence la garde du bébé, en vitupérant contre une justice qui l’empêche de voir son neveu et filleul, et qui ne répond pas toujours à ses courriers. «A chaque fois qu’elle se manifeste pour savoir comment va l’enfant ou qu’elle demande à parler aux personnes en charge du dossier, ne serait-ce que pour obtenir un droit de visite, aussi petit soit-il, dit le texte de la pétition, elle reçoit la réponse qu’elle doit attendre que tout le monde soit convoqué par le juge de paix. Le plus beau cadeau qui aurait pu arriver à cet enfant, surtout après un tel drame, était de faire en sorte que la sœur jumelle de sa maman puisse, poursuit le texte, continuer de le voir et de le choyer comme elle le faisait déjà depuis sa naissance.»

Au lendemain des aveux de Thierry G., une proche parente de sa femme, domiciliée en Italie, avait confié à 24 heures que l’homme était «un personnage étrange, solitaire, coupé de sa famille. Ils se sont mariés il y a à peine un an, à toute vitesse, parce qu’il cherchait apparemment une femme discrète et réservée. Il ne la sortait jamais et avait même refusé de faire notre connaissance. Nous avons dû, lors d’une visite en Suisse, entrer en cachette dans la maison pour enfin voir le bébé.»

Serge Segura, juge de paix, a donc entendu hier la sœur jumelle de Claudia G., accompagnée de son avocat, ainsi que l’avocate de Thierry G. et un représentant du SPJ. A ce stade, les parties ne font aucun commentaire. Selon nos informations, l’audience s’est déroulée dans un climat «très constructif» et le juge Serge Segura tient à préciser, sans vouloir en donner les raisons, que la sœur de Claudia G. ne lui a finalement pas remis la pétition, dont il n’a ainsi toujours pas pris connaissance.

Quant à Christophe Bornand, chef du Service de protection de la jeunesse, il tient à souligner que sa seule préoccupation est le bien-être de l’enfant, que celui-ci se trouve dans une «structure d’accueil absolument satisfaisante» et qu’il se porte à merveille. L’audience, à ses yeux, était donc l’occasion de présenter un bilan à la justice de paix, seule compétente pour décider du placement de l’enfant.

La décision du juge de paix – qui, dans un premier temps, ne sera que provisoire – interviendra vraisemblablement dans le courant de la semaine prochaine et sera communiquée aux parties par courrier.

L’enquête pénale, quant à elle, n’est pas close. «L’homme a avoué et nous a donné sa version des faits, souligne Philippe Vautier, procureur principal du Nord vaudois, mais nous avons encore des personnes à entendre et des vérifications à faire.»


Six longues semaines de craintes et d’incertitudes

Dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 octobre 2012, Claudia G., 36 ans, disparaît de son domicile d’Assens en y abandonnant son enfant âgé de 3 mois à peine. C’est un membre de la famille de la disparue qui a retrouvé le nourrisson seul dans la maison. Le bébé est alors pris en charge par son père.

D’emblée, la police cantonale juge la disparition «inquiétante», d’autant plus que la mère de famille, qui sortait très peu et ne fréquentait pratiquement personne dans le village, a laissé toutes ses affaires personnelles dans la villa familiale.

En dépit de battues minutieuses – deux d’entre elles ont impliqué près de huitante personnes, secondées par la protection civile –, de la mobilisation d’un hélicoptère et de plongées dans le petit lac Coffy, près de Bioley-Orjulaz, Claudia G., que son mari avait traitée de «perturbée» devant les enquêteurs, restait introuvable.

Au fil des semaines, pourtant, des éléments qu’il refuse toujours de révéler conduisent le procureur principal du Nord vaudois, Philippe Vauthier, à diriger l’instruction contre le mari, Thierry G., 44 ans, ingénieur employé de la Ville de Lausanne. Le 11 décembre, six semaines après la disparition, il le convoque comme prévenu et Thierry G. ne tarde pas à se mettre à table.

A la suite d’une dispute qui aurait dégénéré, selon ce qu’il affirme, c’est bien lui qui a étranglé son épouse avant d’enterrer son corps dans les fourrés qui entourent le domicile, là où il conduit les enquêteurs.

Créé: 07.03.2013, 07h18

Articles en relation

Meurtre d'Assens: «Il cherchait une femme discrète et réservée»

Gros-de-Vaud Claudia G. avait disparu de son domicile le 28 octobre dernier. Son mari a fini par avouer l’avoir tuée Plus...

Etranglée et enterrée par son mari dans les bois d'Assens

Gros-de-Vaud Elle était portée disparue depuis le 28 octobre dans le Gros-de-Vaud: une mère de famille a été tuée par son mari et enterrée dans les bois près d'Assens. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 7

Paru le 18 septembre 2019
(Image: Bénédicte) Plus...