Un soutien moral pour les producteurs de lait

AgricultureUnanimes, les députés demandent au Conseil d’Etat d’aider un secteur en grande difficulté. Mais les moyens du Canton sont limités.

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Le malade souffre mais on ne trouve pas de remède pour le soulager. Le malade, en l’occurrence, c’est le marché laitier vaudois. Plus précisément le marché du lait industriel – celui qui n’est pas destiné à la fabrication de fromage. Les prix d’achat aux paysans ont plongé ces dernières années, descendant sous la barre des 50 centimes le litre. Cette situation s’avère dramatique pour beaucoup de producteurs, dans un canton qui a déjà perdu 140 exploitations laitières entre 2013 et 2015, soit environ 10%. Le Grand Conseil a manifesté sa solidarité mardi, votant à l’unanimité une détermination priant «le Conseil d’Etat d’étudier les possibilités afin d’améliorer la situation des producteurs de lait».

Le texte ne précise pas ce que le gouvernement doit concrètement faire. Et pour cause. «Le prix du lait est déterminé par le droit privé. Ce n’est ni la Confédération ni les cantons qui le fixent», a rappelé le ministre en charge de l’Agriculture, Philippe Leuba (PLR), qui s’est dit par ailleurs «préoccupé». La fixation des prix du lait est en outre «si complexe qu’une chatte n’y retrouverait pas ses petits», selon les termes de l’agriculteur retraité Jean-Luc Chollet (UDC).

«Les réformes vont prendre du temps, sans compter que les compétences en matière de politique agricole sont essentiellement fédérales»

En 2014, le Conseil d’Etat affirmait vouloir soutenir le lait industriel de plusieurs façons, notamment en développant une «filière de produits labellisés» ou en conseillant les exploitants dans la gestion des coûts. «Des pistes sont définies, mais personne n’a la pierre philosophale, selon Philippe Leuba. Les réformes vont prendre du temps, sans compter que les compétences en matière de politique agricole sont essentiellement fédérales.»

Un appel au parlement

Le traitement pour le malade viendrait donc de Berne. Les cantons ont demandé à la Confédération d’être associés à l’élaboration de la prochaine mouture de la politique agricole, dès 2022. Le Grand Conseil fribourgeois a adopté hier une initiative à l’attention des Chambres fédérales, exigeant que Berne impose aux acheteurs de lait des contrats types bloquant les quantités pour six mois, avec une garantie sur les prix. Jusqu’à présent, Berne a toujours refusé d’intervenir directement dans un marché du lait libéralisé depuis 2009.

Que faire dans l’immédiat? Le député Yves Ravenel (UDC), auteur de la détermination, estimait que le Canton devrait apporter «une aide financière» aux producteurs. Cela ne «saurait constituer une solution durable», a répondu le Conseil d’Etat mardi. Restait à voter cette détermination, afin de manifester une forme de soutien moral aux producteurs. En attendant mieux.

Créé: 10.02.2017, 08h49

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