Start-up vaudoises: pourquoi elles cartonnent en Suisse

DistinctionSur les cent jeunes pousses les plus prometteuses du pays, distinguées mercredi soir par Venturelab, les trois premières sont issues de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne

La start-up lausannoise Flyability fait une arrivée marquante au classement national de Venturelab en s’octroyant directement la 3eplace. De quoi réjouir ses deux patrons Adrien Briod (à g) et Patrick Thévoz.

La start-up lausannoise Flyability fait une arrivée marquante au classement national de Venturelab en s’octroyant directement la 3eplace. De quoi réjouir ses deux patrons Adrien Briod (à g) et Patrick Thévoz. Image: Philippe Maeder

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En 2014, selon le Swiss Venture Capital Report, le canton de Vaud dépassait celui de Zurich en termes de levées de fonds réalisées par les start-up suisses. En tout, ce sont plus de 200 millions de francs qui sont tombés dans l’escarcelle des jeunes pousses vaudoises, sur un total de 450 millions. Une première dans l’histoire de ce classement publié annuellement par le site startupticker.ch.

«La concurrence pour nos start-up se situe à Boston, à la Silicon Valley, mais aussi à Shanghai et ailleurs»

L’exploit s’est répété mercredi soir lors de la révélation du top 100 2015, un classement élaboré par les experts de Venturelab et désignant les cent start-up les plus prometteuses de Suisse. Sur les cinq premières, quatre d’entre elles étaient d’origine vaudoise, la cinquième de Fribourg. Sans compter cette domination à la tête du classement, le canton de Vaud peut se targuer de voir apparaître 29 de ses jeunes sociétés dans ce top 100. S’il reste encore loin derrière Zurich et ses 40 start-up recensées, il dépasse largement Genève et ses trois sociétés détectées par les analystes de Venturelab.

Le fossé entre Genève et Vaud

«Je m’attendais à un certain décalage entre les deux cantons, mais il est vrai qu’un fossé aussi marquant est surprenant», concède Sylvie Léger. Pour la directrice par intérim de Genilem (association valdo-genevoise de parrainage pour start-up et PME), il n’y a qu’un seul «responsable»: l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). «Nous avons remarqué qu’elle parvient non seulement à drainer tous les projets propres aux nouvelles technologies, mais aussi certains organismes de soutien comme la Commission pour la technologie et l’innovation (CTI)», ajoute-t-elle.

«S’il est indéniable que l’EPFL contribue à l’essor de plusieurs start-up vaudoises, il faut aussi prendre en compte l’influence de l’école d’ingénieurs d’Yverdon (HEIG-VD), rappelle Jordi Montserrat, directeur de Venturelab, mais aussi les efforts des autorités avec le programme Innovaud.» Depuis 2013, le canton de Vaud a en effet mis en place un vaste plan d’aide cantonale à l’innovation. «Il serait faux de dire que les Genevois ne soutiennent pas leurs start-up, mais il est probable qu’il leur manque aujourd’hui une telle structure de soutien», rajoute Jordi Montserrat.

Genève ne manque pourtant pas de start-up prometteuses. Dans les medtech ou les biotech notamment, certaines s’illustrent grâce au soutien d’incubateurs tels qu’Eclosion et Fongit, mais aussi grâce à la création du Campus Biotech (inauguré au mois de mai 2015). Mais, contrairement à leurs consœurs vaudoises, qui bénéficient de la renommée mondiale de l’EPFL, les start-up genevoises peinent à gagner en visibilité.

Une concurrence internationale

C’est là où le bât blesse. Car, comme le signale Jordi Montserrat, la concurrence des start-up suisses est aujourd’hui largement internationale. «Elle se situe à Boston, à la Silicon Valley, mais émerge aussi à Shanghai et dans d’autres villes aux quatre coins du monde», précise-t-il.

La reconnaissance apparaît d’autant plus cruciale que, comme pour le reste de l’économie, les start-up doivent composer avec des données conjoncturelles incertaines. «La cherté du franc, les freins probables à l’embauche ou encore les incertitudes fiscales… Nos start-up sont confrontées aux mêmes problèmes que les PME et les multinationales présentes en Suisse», constate le directeur de Venturelab. Une situation qui, pour le moment, n’empêche pas les jeunes pousses vaudoises de percer tant en Suisse que sur la scène internationale

Créé: 16.09.2015, 22h10

Premier du classement: L.E.S.S. et sa fibre lumineuse

Implantée au Parc de l’innovation de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et cofondée en 2012 par Yann Tissot et Simon Rivier, Light Efficient SystemS (L.E.S.S.) prend la tête du TOP 100 2015. La start-up, récompensée à plusieurs reprises (Prix de la Fondation W.A. de Vigier, Prix Venture Kick, Prix Vittoz ou Prix Strategis), a terminé au printemps une levée de fonds de 3 millions de francs. Ce montant va lui?permettre d’aborder la production industrielle pour sa technologie d’éclairage basée sur des fibres lumineuses nanostructurées. Son système, qui permet notamment de réduire sa consommation d’électricité d’environ 30%, vise un marché qui devrait peser en 2015 près de 12,5 milliards. La société compte sept salariés. O.W.

Deuxième: Abionic détecte les allergies

Avec une vingtaine de prix, ce spin-off issu de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) fait partie des start-up les plus récompensées de ces dernières années. Fondée en 2010 par Nicolas Durand et active dans le développement d’outils de diagnostic médical, Abionic a débuté en 2015 la commercialisation de ses premiers lecteurs conçus pour détecter les problèmes d’allergies d’un patient. La start-up lausannoise annonce avoir ouvert une?filiale à Boston avec pour objectif de se renforcer à l’international. Pour étendre ses activités sur le marché américain, Abionic espère recevoir le?feu vert de la FDA (agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux) dès le début
de l’année prochaine. O.W.

Troisième: Flyability et son drone incassable

Fondée il y a une année, cette start-up issue du Pôle de recherche national en robotique de l’EPFL a développé un robot volant capable de résister aux collisions sans dégâts et sans risques pour les humains. Ce drone de «nouvelle génération», du nom de Gimball, est opérationnel aussi bien sur de longues distances qu’à l’intérieur d’édifices aux espaces exigus ainsi qu’en approche de personnes en détresse. Robuste et stable, le drone peut opérer à l’intérieur d’une centrale nucléaire. Flyability, qui occupe 17?personnes aujourd’hui contre deux en 2014, vise les marchés de l’inspection, de la recherche de victimes et de la sécurité. La start-up lausannoise a déjà remporté cette année le Drones for Good Award à Dubaï, avec son prix de?1 million de dollars. J.-M.C.

Cliquez sur l'image pour l'agrandir. (Image: DR)

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