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Sterilux veut révolutionner la stérilisation médicale

La start-up a développé une machine à stériliser peu gourmande en énergie et en eau. Idéale en conditions extrêmes.

Florian Cella

Basée au cœur de Prilly, la start-up SteriLux a de grandes ambitions: elle ne vise rien de moins que de révolutionner le monde de la stérilisation médicale. Il faut dire que les arguments chiffrés qu’elle avance sont impressionnants. La machine que la jeune pousse a mise au point consomme environ 10'000 fois moins d’eau et 100 fois moins d’électricité qu’un autoclave traditionnel, lance Marc Spaltenstein, ancien de l’EPFL et CEO de l’entreprise.

Concrètement, alors que les hôpitaux stérilisent leurs appareils à la vapeur d’eau dans d’immenses armoires dédiées où la température grimpe à 134 °C, la machine développée par SteriLux fait, elle, dans la stérilisation dite à basse température. Là, ce n’est plus de la vapeur d’eau mais de l’ozone qui fait disparaître jusqu’à la dernière des bactéries. Pour ce faire, les instruments sont déposés dans une boîte en plastique que l’on glisse ensuite dans la machine, laquelle émet des rayons UV. Ce sont ces rayons qui transforment l’oxygène présent dans la boîte en ozone, un gaz au fort pouvoir désinfectant et stérilisant. L’opération dure une quinzaine d’heures.

Cerise sur le gâteau: la technologie mise sur pied par la start-up est bien plus avantageuse que ce qui existe sur le marché. Comptez de 100'000 à 200'000 francs pour une armoire à stériliser traditionnelle, contre 15'000 à 25'000 francs (prix client) pour le dispositif SteriLux, certes de plus petite taille.

Avec des besoins en eau et en électricité quasi nuls et des prix défiant toute concurrence, le dispositif est taillé pour stériliser des instruments médicaux dans les environnements les plus difficiles, des zones de crise aux marchés émergents, où les ressources nécessaires pour faire fonctionner les machines traditionnelles ont tendance à manquer.

«En Afrique, par exemple, les besoins sont immenses. Peu d’hôpitaux disposent de machines efficaces, car elles coûtent cher en frais de maintenance. Deux tiers des autoclaves qu’on trouve sur ce continent ne sont pas fonctionnels», indique Marc Spaltenstein, dont la machine a déjà été utilisée avec succès dans deux essais cliniques au Cameroun. Mais le jeune homme vise également le marché suisse, lui aussi concerné par la problématique des dispositifs médicaux non stériles, ce qui contribue aux infections contractées en milieu hospitalier.

Dans les locaux de l’entreprise lausannoise, les différents prototypes empilés sur des étagères témoignent du chemin parcouru en cinq ans d’existence. La dernière mouture de la machine est partie il y a quelques jours en France, où elle pourrait décrocher le «marquage CE», première étape vers une autorisation de mise sur le marché.

Thème moins porteur

En attendant, comme toute start-up qui se respecte, SteriLux est à la recherche de financement. Pas une mince affaire, à en croire le patron, tant le domaine «ne fait pas rêver». «Dans le médical, on communique bien plus autour d’un scanner dernier cri que sur la stérilisation, mais les infections sont une réalité», rappelle Marc Spaltenstein.

«La méthode de SteriLux est très innovante et représente une bonne option dans les pays où l’eau manque. Son principe de stérilisation, qui a été validé, permet aussi de stériliser ce qui est aujour­d’hui uniquement désinfecté, comme les sondes échographiques ou les câbles», relève Hervé Ney, spécialiste en stérilisation aux HUG, à Genève.

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