Surcoût à l'EPFL: «Nous allons clarifier les processus de contrôle»

CampusUn bâtiment plus cher de 24 millions. Le vice-président André Schneider évoque les mesures correctrices qui ont été prises.

La construction du bâtiment ME s'est résultée par un dépassement de crédit d'un bon tiers. Image: PATRICK MARTIN

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Le Conseil des EPF, ou CEPF, soit l'organe de tutelle des deux Ecoles polytechniques fédérales, vient de publier un rapport faisant le point sur un dépassement de crédit de quelque 24 millions de francs, sur 60 millions au départ, lors de la transformation des anciennes halles de mécanique (bâtiment ME), sur le campus de l'EPFL. En substance le CEPF conclut qu'il n'y a pas eu de faute pouvant conduire à des sanctions pénales ni même disciplinaires, mais demande que la direction de l'Ecole apporte des changements à sa gestion. La réaction et les explications d'André Schneider, vice-président de l'EPFL en charge des ressources et des infrastructures.

Pourquoi un tel surcoût?

Comme cela a déjà été dit à l'été 2015, il est dû principalement au fait que le programme de cette transformation du bâtiment ME a évolué. Il devait accueillir à l'origine le centre de neuroprothèses. Mais nous avons pu emménager ce dernier, plus rapidement que ce qui aurait été le cas dans le ME, sur le nouveau campus Biotech à Genève. Du coup, il a fallu redéfinir l'occupation du ME. Cela nous a permis d'avancer la réalisation d'une mise à niveau importante des nos infrastructures de travaux pratiques pour les étudiants. Aujourd'hui, le bâtiment ME abrite ce que nous avons appelé le Discovery Learning Lab, et plusieurs unités de recherche nouvelles ou existantes qui avaient besoin de locaux, surtout des laboratoires, et essentiellement dans la faculté des sciences et techniques des ingénieurs, la STI. Au final, de l'argent a même été économisé grâce à ces changements. De l'ordre de 40 à 50 millions.

Mais alors pourquoi parle-t-on de surcoût?

Il y a effectivement eu un dépassement sur le projet précis de la transformation du bâtiment ME. Les économies réalisées se trouvent dans le contexte plus large de la transformation et de l'évolution de nos infrastructures. Si le campus genevois n'avait pas été là, il aurait fallu construire de nouveaux édifices sur notre campus historique, dont le projet Neuropolis, etc. Il y a aussi un problème que l'on pourrait qualifier de comptable. Lors de construction de nouveaux bâtiments ou de transformations conséquentes de l'existant, la Confédération nous alloue un budget d'investissement seulement pour ce que l'on appelle le gros oeuvre. Le reste, soit l'aménagement des laboratoires, et de nombreuses autres dépenses qui ne sont pas anodines, est censé provenir de notre budget ordinaire pour les infrastructures, qui se monte en moyenne à 50 millions par an. Dans le cas du ME, certains investissements que l'Ecole considérait comme ne faisant pas partie du gros oeuvre auraient dû s'y trouver, selon les normes fédérales.

Le CEPF explique que l'annonce de ce dépassement aurait dû être anticipée et communiquée plus tôt

Oui, c'est juste. Cela vient notamment de ces confusions qui peuvent exister entre gros oeuvre et second oeuvre, de plus ces deux domaines sont traités dans des systèmes informatiques différents. Mais cela provient aussi du fait qu'il n'a pas été simple de définir avec exactitude comment nous allions changer l'occupation précise du bâtiment en question. Il a fallu réunir les chercheurs concernés, cerner leurs besoins, obtenir des informations détaillées de l'entreprise totale qui menait le chantier, et ainsi de suite. Il n'y a pas eu une décision à un point donné qui réglait tout. Cela a évolué, Ce qui fait qu'il a fallu plus d'une année pour avoir les données exactes de ce surcoût.

Un tel cas ne devrait plus se reproduire?

Non, cela ne devrait plus se reproduire. Nous avons résolu la question des systèmes informatiques différents. Des mesures sont déjà prises ou sont en train d'être prises, pour clarifier les processus de contrôle et de suivi internes. Et mon successeur, lorsqu'il sera nommé, aura un département un peu différent. Jusqu'ici, on cumulait les bâtiments, l'informatique, les ressources humaines et les finances. A l'avenir, le domaine des finances sera séparé.

(24 heures)

Créé: 28.04.2016, 13h04

André Schneider, vice-président de l'EPFL




«Au final, de l'argent a même été économisé grâce à ces changements. De l'ordre de 40 à 50 millions.»


Photo G. Bosshard-A

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