Les syndics de l'Ouest vaudois réunis en lobby

Aménagement du territoireUn groupe d'élus a rédigé un manifeste pour mettre en garde contre les effets du nouveau plan directeur cantonal.

Le développement territorial est au centre des préoccupation de certains syndics du district de Nyon.

Le développement territorial est au centre des préoccupation de certains syndics du district de Nyon. Image: Patrick Martin/Image d'illustration

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Un vent de fronde souffle depuis l’Ouest vaudois sur la politique d’aménagement du territoire du Canton. Un groupe de travail constitué de syndics du district de Nyon a rédigé un manifeste dénonçant les «risques» et les «inconvénients» de la nouvelle loi sur l’aménagement du territoire et les constructions (LATC), ainsi que de la quatrième révision du Plan directeur cantonal (PDC), qui seront bientôt débattus au Grand Conseil.

Il a été envoyé dans tout le canton en espérant obtenir un large soutien. En fin de document, les signataires annoncent qu’ils soutiendront un éventuel référendum contre ces deux textes s’ils n’étaient pas modifiés.

L’opération aurait dû être annoncée lors d’une conférence de presse la semaine dernière, mais aurait été repoussée à cause d’un problème logistique. Ce qui a conduit à un beau cafouillage dans la stratégie de communication prévue par le groupe de travail. En effet, entre-temps, le manifeste avait été inscrit à l’ordre du jour du Conseil communal de Crans-près-Céligny, qui a siégé lundi. Porte-parole des syndics rédacteurs, Pierre-Alain Schmidt, de Mies, ne souhaite pas communiquer avant samedi, où une nouvelle conférence de presse a été fixée.

«Une situation dangereuse»

Le texte, distribué aux conseillers de Crans, est désormais accessible à qui veut en prendre connaissance. Dans celui-ci, les syndics estiment que l’application des nouveaux PDC et LATC «déboucherait sur une situation dangereuse pour la pérennité de nos institutions communales et de leurs compétences, ainsi que pour la sauvegarde des droits politiques et privés de nos citoyens». Ils comparent aussi les textes à «un véritable diktat qui aura, s’il est accepté et mis en vigueur, des conséquences durables extrêmement négatives sur l’aménagement du territoire de nos communes et du canton».

Concrètement, les auteurs craignent de perdre leurs prérogatives concernant l’aménagement du territoire et que le développement de certaines communes soit paralysé à cause de règles trop strictes. «Nous éprouvons aussi des inquiétudes concernant le dézonage, expliquait lundi soir Robert Middleton, syndic de Crans. Des propriétaires qui verraient leur terrain devenir inconstructible pourraient se retourner contre les communes et leur demander des compensations pour la perte de valeur de leurs parcelles.» Si tel devait être le cas, la facture pour Crans pourrait atteindre 10 millions de francs, selon le calcul du syndic. Le manifeste propose quelques pistes pour améliorer les textes en main du Grand Conseil, comme par exemple une instauration de dérogations et d’exceptions pour prendre en compte des spécificités locales, le renoncement au dézonage au profit d’une suspension temporaire des possibilités de construire.

Un accueil timide

Ces derniers jours, de nombreuses communes ont reçu le manifeste. L’accueil n’est pas unanime. Serge Melly, à Crassier, s’était déjà distancié de ses collègues lors de la dernière assemblée des syndics. «Je ne l’ai pas encore vraiment lu, explique-t-il. Ce que je peux dire, c’est que l’échelle de la commune n’est pas adaptée à l’aménagement du territoire. Il faut une vision plus large. Pour supprimer le mitage du territoire, il faut des mesures coercitives.»

Au sein des associations de communes, l’accueil est lui aussi timide. «Ce manifeste tombe au mauvais moment, souligne par exemple Claudine Wyssa, syndique de Bussigny et présidente de l’Union des communes vaudoises (UCV). Pas mal de points relevés dans le manifeste ont déjà été améliorés entre la version mise en consultation et le texte soumis au Grand Conseil.»

La conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro, qui a présenté au début du mois d’octobre une version plus «soft» du PDC, ne souhaite pas commenter le manifeste: «Il s’agit d’un jeu de lobby ordinaire», constate-t-elle.

Créé: 01.11.2016, 21h24

Articles en relation

Tous les villages pourront se développer

Aménagement du territoire La révision du Plan directeur cantonal permettra à toutes les communes de s’agrandir, ne serait-ce qu’un peu. Tout en respectant la LAT. Plus...

75% des communes devront réduire leurs zones d'habitation

LAT Trois localités sur?quatre sont obligées de réduire leurs réserves de?zone à bâtir. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.