Un système de santé malade de son coût

Forts en thème (3/4)Le débat sur le coût de la santé semble sans fin. Certains candidats prônent la numérisation, d’autres plutôt la prévention.

Olivier Français (PLR) et Claude Béglé (PDC) sont contre une caisse publique. Ada Marra (PS) et Adèle Thorrens (Les Verts) sont pour.

Olivier Français (PLR) et Claude Béglé (PDC) sont contre une caisse publique. Ada Marra (PS) et Adèle Thorrens (Les Verts) sont pour.

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Malgré la montée des préoccupations au sujet du climat, le souci majeur des ménages reste la hausse des primes d’assurance maladie. Certes, l’augmentation pour 2020, récemment annoncée, a été très contenue, mais elle est considérée plus comme une pause électoraliste que comme un véritable virage. Comment agir sur les coûts? Faut-il des caisses cantonales? Quatre candidats au Conseil des États, donnent leurs catalogues de propositions.

Moins de paperasse

Le vieillissement de la population est sur toutes les lèvres. Il n’est plus possible de viser une baisse des coûts, mais un ralentissement de leur hausse, insiste-t-on à droite et au centre. Pour le sénateur PLR sortant Olivier Français, «il faut plutôt se contenter de freiner». De l’avis du PDC Claude Béglé, réduire les coûts est «illusoire». Pour économiser, les deux hommes sont friands de numérisation. «Les tâches administratives sont chronophages pour les médecins et représentent 20 à 30% de leurs coûts. La numérisation des données peut les alléger», affirme Olivier Français. Pour Claude Béglé, «une amélioration de l’efficacité passe par le dossier électronique du patient». Le démocrate-chrétien souhaite que «les données anonymisées des patients remontent à un niveau central, un véritable cockpit pour piloter le système, comprendre les évolutions et définir des priorités d’investissement».

Chaque candidat égrène ses mesures antigaspi. Pour Olivier Français, il faut «lutter contre les actes à double ou à triple, arrêter de prescrire une boîte entière de médicament si le patient peut se contenter de doses moindres, obliger les hôpitaux universitaires à séparer les coûts académiques des coûts hospitaliers». La socialiste Ada Marra encourage à la «pression sur les pharmas pour diminuer le coût des médicaments, jusqu’à cinq fois plus cher en Suisse», et propose un «moratoire sur des cabinets de spécialistes et une meilleure rémunération des généralistes».

Un canton, une caisse?

La verte Adèle Thorens vise les caisses, qui devraient «fixer les primes a posteriori plutôt qu’à l’avance, comme pour les impôts», ce qui empêcherait de «surestimer les primes et d’engranger ainsi des milliards sur le dos des assurés». Dans ce panel de quatre candidats, les deux femmes sont seules à insister sur la prévention et la promotion de la santé. C’est «le plus gros potentiel d’économies» pour Adèle Thorens: «Rien que le tabagisme, par exemple, nous coûte 5 milliards. Il y a aussi l’alimentation, l’activité physique, une meilleure protection contre les pesticides, les perturbateurs endocriniens, etc. On investit aujourd’hui très peu dans ces domaines, alors que c’est moins cher que les soins.»

L’idée de caisse unique rassemble à gauche. «Les Cantons devraient pouvoir explorer la piste de la caisse unique cantonale», préconise Adèle Thorens. Sa colistière socialiste poursuit: «Vaud a voté pour. Cela permettrait de baisser les primes d’assurance: la caisse fixe les primes et supprime les écarts injustifiés entre elles. Cela permet de réduire les réserves, une des raisons pour lesquelles les primes grimpent. Et cette caisse pourrait participer au financement de programmes de prévention.»

Olivier Français rejette catégoriquement l’idée d’une quelconque caisse unique: «Les charges d’exploitation sont plus faibles dans l’économie privée que dans le secteur public», assure le libéral-radical. Enfin, Claude Béglé donne en exemple un modèle étranger: «Sans aller jusqu’à une caisse unique en Suisse, nous pourrions nous inspirer du modèle de Taïwan: une caisse unique centralise les infos pour guider les investissements, tandis que les patients ont le libre choix du médecin et de l’hôpital.»

Créé: 10.10.2019, 21h12

Quels liens personnels avec les caisses?

Quand il est question des coûts de la santé, la question des liens d’intérêt se retrouve vite sur le tapis. Aucun des quatre candidats n’appartient à un organe dirigeant de caisse maladie. Mais une caisse participe-t-elle au financement des campagnes? À gauche, Ada Marra et Adèle Thorens répondent non. La seconde précise qu’elle ne fait pas de «campagne personnelle» et que son parti n’accepte pas de dons des entreprises. La règle est similaire chez les socialistes.

La campagne d’Olivier Français est-elle, même pour une part minime, financée par une caisse maladie? Le conseiller aux États n’est pas tout à fait sûr de la réponse: «À ma connaissance, ce n’est pas le cas, mais je ne m’occupe pas directement du financement de ma campagne», affirme-t-il.

Enfin, Claude Béglé est net: «Je n’ai aucun financement d’une caisse.» Mais le démocrate-chrétien va plus loin, ce qui ne devrait pas déplaire à la gauche: il veut aussi «interdire la présence des parlementaires dans les directions et les conseils d’administration des caisses, car le conflit d’intérêts est trop grand. On peut aussi se poser la question pour les pharmas.»

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