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Les tarifs des garderies font toujours le grand écart

D’un réseau d’accueil de jour à l’autre, les disparités restent importantes. Une grande réflexion devrait prochainement déboucher sur des réajustements.

Pour une même famille, les tarifs peuvent varier du simple au triple en fonction des réseaux d'accueil de jour.
Pour une même famille, les tarifs peuvent varier du simple au triple en fonction des réseaux d'accueil de jour.
Vanessa Cardoso - A

--> Edito: Accueil de jour: les limites du génie local

Dix ans après la mise en place des réseaux d’accueil de la petite enfance, les disparités tarifaires restent criantes. En 2009, une enquête de 24 heures révélait déjà des barèmes variant du simple au double. Un an plus tard, un rapport de l’Institut de hautes études en administration publique (IDHEAP) dévoilait même des différences allant du simple au quintuple, dans certaines situations. Des écarts qui persistent aujourd’hui, ce que certains parents déplorent.

«Désireux d’inscrire notre premier enfant deux jours par semaine dans une institution, nous avons été très surpris en constatant les différences de tarifs, raconte un couple de Forel. Avec nos revenus, nous aurions dû payer 985 francs pour le réseau APERO (Oron) contre 576 francs chez AJERCO (Cossonay) ou 482 francs dans le Réseau-L (Lausanne).» Fortement rebuté, le couple a finalement opté pour l’accueil familial de jour, à 600 francs mensuels, dans le réseau APERO.

Un nouveau coup de sonde auprès des réseaux et de la Fondation pour l’accueil de jour des enfants (FAJE) confirme ces différences. Prenons l’exemple d’un couple qui totalise un revenu brut mensuel de 8000 francs, sans compter les allocations familiales. Ce couple confie ses deux enfants, l’un toute la journée, l’autre uniquement le matin et pour le repas, à une structure d’accueil en préscolaire, et ce, cinq jours par semaine. Sur cette base, les tarifs mensuels pratiqués dans le canton varient globalement de 700 à 2300 francs. Un rapport du simple au triple, en fonction de la région.

Besoin d’un revenu unifié

«Les réseaux restent autonomes sur leur politique tarifaire et c’est vrai que les choses ont peu évolué, car tout le monde attendait la mise en place d’un revenu déterminant unifié (RDU)», analyse Sylvie Lacoste, secrétaire générale de la FAJE. C’est l’un des paramètres importants: tant l’échelle des revenus que la part du revenu pris en compte sont très différentes (voir infographie) et la même famille sera donc considérée comme plus ou moins aisée en fonction des réseaux. «Parfois, les deux salaires sont comptés à 100%, parfois le premier à 100% et le deuxième à 50%, liste Sylvie Lacoste. Certains prennent le revenu brut, d’autres le net. Les pensions sont comptées ou ne le sont pas, des rabais sont appliqués ou non à partir du deuxième enfant. En ce sens, un revenu déterminant unifié est indispensable.»

Problème, pour l’instant, le modèle de calcul n’a pas été tranché. Deux options sont envisagées. La première consisterait à faire appel au RDU de la loi sur l’harmonisation et la coordination de l’octroi des prestations sociales (LHPS). Or, l’accueil de jour n’est pas considéré comme une prestation sociale. La deuxième viserait donc la mise en place d’un RDU spécifique mais il faudrait alors en définir précisément les contours.

«Des simulations sont effectuées pour déterminer les conséquences des deux méthodes de calcul, le but étant d’offrir la solution la plus équitable pour les parents. Nous pourrions décider d’une orientation courant 2018», annonce Franck Diaz-Sintes, adjoint de la cheffe d’office à l’Office de l’accueil de jour des enfants (OAJE).

Mais, au-delà du revenu, nombre d’autres paramètres sont pris en considération, ce qui rend la problématique très complexe. Pour 29 réseaux, il existe presque autant de méthodes de calcul et donc des tarifs horaires extrêmement variables. «A ce jour, quelques retouches ont été effectuées mais aucune réflexion de fond n’a été menée, constate Sylvie Lacoste. Néanmoins, les réseaux réfléchissent actuellement sur leurs tarifs et, dans deux ans au maximum, nous devrions assister à des réajustements en lien avec l’entrée en vigueur de la révision de la LAJE et le redéploiement des prestations parascolaires.»

Aussi une question politique

Autonomes sur leur politique tarifaire, les réseaux mettent toutefois en garde contre les parallèles trompeurs. «Derrière une comparaison des coûts entre réseaux, il peut y avoir des visions politiques différentes sur la notion d’aide à la famille, mais également des moyens financiers différents d’un réseau à l’autre, prévient Olivier Simon, directeur du réseau EFAJE, dans le Gros-de-Vaud et ses environs. Avec des tarifs plus avantageux pour les familles, les coûts auraient été de facto plus élevés pour les communes. Dans ce cas, je suis persuadé que les communes membres de l’EFAJE n’auraient pas accepté le développement que nous avons eu ces dernières années.» Car en plus des différentes méthodes de calcul, les tarifs pratiqués dépendent de la part tout aussi variable assumée par les communes. Une addition de petits écarts qui peut au final se révéler salée pour certains parents.

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