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À Tartegnin, la fondue fait le plein

Le troisième Mondial de la fondue s’est déroulé sur l’entier du week-end. Son succès pose des questions pour l’avenir.

Juste derrière la tente principale, ils ne sont qu’une poignée à nettoyer l’ensemble des services et des caquelons. Pour les aider dans leur tâche, trois machines fribourgeoises, spécialement créées pour nettoyer les caquelons, ont été louées pour l’événement.
Juste derrière la tente principale, ils ne sont qu’une poignée à nettoyer l’ensemble des services et des caquelons. Pour les aider dans leur tâche, trois machines fribourgeoises, spécialement créées pour nettoyer les caquelons, ont été louées pour l’événement.
PATRICK MARTIN

Les vignobles de La Côte, parés de leurs plus belles couleurs d’automne, resplendissaient sous le soleil en ce samedi. Tartegnin, petit village viticole, accueillait pour la troisième fois le Mondial de la fondue. Malgré le froid, les visiteurs ont été plusieurs milliers à se presser dans les rues. Les organisateurs en attendaient 10000 cette année sur l’ensemble du week-end. C’est trois fois plus qu’à la première édition de 2015, deux fois plus qu’en 2017. Comment un village de 230 âmes s’organise-t-il pour accueillir un événement de cette envergure?

Vignerons engagés

À l’entrée de la bourgade, un groupe déambule tranquillement. «Bon, il fait soif, on s’arrête ou bien?» À côté, quelques Anglais s’extasient sur la qualité des vins blancs de la région. Les vignerons du village tiennent onze caves ouvertes et accueillent les 126 prétendants à la couronne de la meilleure fondue du monde. Ils en profitent pour servir leur production aux visiteurs dans leurs caveaux.

À ce jour (samedi), ils estiment avoir vendu plus de 4000 bouteilles. Un coup de pouce bienvenu pour un secteur qui souffre. Dans un caveau, deux professionnels de la vigne reconnaissent que les temps sont durs. Ils restent malgré tout optimistes: «Cet événement nous fait du bien, même s’il n’est pas significatif en termes de ventes directes, glissent-ils. Ce sont surtout les retombées à long terme, en matière d’image et de visibilité, qui sont intéressantes.»

Invité de marque, le directeur de Présence Suisse Nicolas Bideau s’empresse de renchérir. Sous la gigantesque tente qui couvre toute la rue principale, il évoque un beau coup de projecteur à l’international. «Mais avant tout, c’est une magnifique représentation de la suissitude dans ce qu’elle a de plus beau. La fondue fédère, rassemble; quelque part, il y a la formule magique ici-même, dit-il en balayant la foule d’un large geste.» Difficile de lui donner tort: des campagnards aux citadins, des jeunes aux aînés, des producteurs aux consommateurs, tous se retrouvent pour célébrer le plat national dans la bonne humeur.

La paix des ménages

Malgré la foule, le service d’ordre est quasi inexistant. Au bout d’une table, deux policiers dégustent une fondue en discutant avec leurs voisins. Mais si l’humeur est aussi bon enfant, c’est également grâce aux 500 bénévoles qui se démènent sans relâche pour les visiteurs.

C’est peut-être au sein du service nettoyage que cela se manifeste le mieux. Juste derrière la tente principale, ils ne sont qu’une poignée à nettoyer l’ensemble des services et des caquelons. Pour les aider dans leur tâche, trois machines fribourgeoises, spécialement créées pour nettoyer les caquelons, ont été louées pour l’événement. Un coup de pouce bienvenu de l’ingénierie helvétique en regard des quelque deux tonnes de fromage qui seront consommées en cette fin de semaine. Ensuite, ce sont d’autres bénévoles qui emportent caquelons et services dans les cuisines. Clin d’œil à la région viticole, les ustensiles sont portés à dos d’homme, dans les mêmes brantes qui servent aux vendanges.

En remplissant les caquelons, les verres et surtout les estomacs à satiété, les organisateurs ont conquis leur public. La réussite est d’autant plus belle que les membres ne sont pas des professionnels de l’événementiel. Mais, parmi eux, plusieurs reconnaissent que le Mondial a atteint un point critique. La question se pose désormais de savoir s’il faut délocaliser pour continuer à grandir, ou maintenir la fête à Tartegnin tout en trouvant des solutions pour la conserver à taille humaine. Un dilemme auquel l’organisation devra répondre avant la quatrième édition, qui devrait avoir lieu à l’automne 2021.

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