«Le taxi s’apparente à un service public, pas Uber»

Grand ConseilDirecteur d’Uber en Suisse, Alexandre Molla s’oppose à un test cantonal pour les chauffeurs, voulu par la gauche.

Alexandre Molla, directeur d’Uber en Suisse, appelle à «ne pas créer de frein à l’emploi et à la mobilité».

Alexandre Molla, directeur d’Uber en Suisse, appelle à «ne pas créer de frein à l’emploi et à la mobilité». Image: FLORIAN CELLA

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Officiellement, ce n’est pas une «Lex Uber». Mais pourtant les députés n’ont que le nom de la société américaine à la bouche en ce moment, alors qu’ils travaillent à modifier les lois qui régissent le marché des taxis dans le canton de Vaud. Objectif: remettre au goût du jour la législation alors qu’Uber rencontre un succès toujours plus grand avec son application qui met en relation des clients et des chauffeurs privés.

Ce n’est pas tous les jours qu’une entreprise a droit à sa propre loi. Les débats ont commencé la semaine dernière, se sont poursuivis ce mardi et s’étaleront encore sur plusieurs semaines. Alors que la gauche veut mettre en place des tests pour garantir que les chauffeurs connaissent la région, comme à Genève, la droite s’y oppose.

Qu’en pense Uber, qui ne s’est prononcée jusqu’ici qu’en coulisses? Alexandre Molla, son directeur pour la Suisse, est du même avis que la droite. Harmoniser les règles au niveau cantonal, au lieu des multiples règlements communaux actuels, va dans le bon sens selon lui. Mais il reste vigilant. Interview.

Pourquoi vous opposez-vous à un test garantissant que vos chauffeurs connaissent la région où ils travaillent?
La question est de savoir si un tel test servirait les objectifs de sécurité ou aurait un rôle protectionniste, avec un rôle négatif sur la création d’emplois. Il existe déjà un test national théorique et pratique pour l’obtention du permis de conduire B121 pour les chauffeurs professionnels. Ce socle n’est-il pas suffisant? Nous vérifions au préalable que nos chauffeurs l’aient passé. La transparence de notre application (avec le prénom du chauffeur, son numéro de plaque, la marque de sa voiture, le suivi de ses courses et de ses kilomètres) est garante de sécurité. Uber est le dernier endroit où les gens vont pour commettre une infraction. En outre, un examen sur la topographie de Lausanne, de Morges ou de Nyon, à l’heure du GPS, serait superflu. Ajouter un test cantonal, à l’image de la loi genevoise, créerait une barrière à l’entrée, un frein à l’emploi et à la mobilité.

Qu’entendez-vous par «frein à l’emploi et à la mobilité»?
Le projet de loi prévoit une obligation d’autorisation pour les chauffeurs. Dans d’autres cantons, on réfléchit en termes d’annonce. Mettre en place une procédure d’autorisation entraîne des frais pour les chauffeurs et complexifie la procédure, sans aucun gain de sécurité ou de qualité de service.

Pourquoi le système devrait-il être plus facile pour les chauffeurs Uber que pour les chauffeurs de taxi?
Les deux marchés sont différents. Les taxis s’apparentent à un service public: ils peuvent être hélés dans la rue et ont accès à des zones sur l’espace communal, comme à proximité des gares ou les voies de bus. L’application Uber garantit un standard de qualité avec les informations concernant le chauffeur et son véhicule. Outre le test pour l’obtention du permis B121, le temps de travail est contrôlé de façon identique à celui des taxis, avec un maximum de quarante-cinq heures par semaine, comme prévu par la réglementation fédérale. Nous sommes également d’avis que, même pour les taxis, les règles dépassées devraient être adaptées aux circonstances actuelles. Cela permettra également à ce secteur de se préparer pour l’avenir.

Pourquoi ne pas faire des chauffeurs d’Uber des employés d’Uber?
Tous sont des professionnels du transport privé. Ils utilisent Uber pour une activité complémentaire et ne veulent pas en devenir des employés. Ils tiennent à leur autonomie et à leur indépendance pour gérer leur emploi du temps. Plus de 90% d’entre eux nous disent que la flexibilité est leur principale raison d’utilisation d’Uber.

La question des charges sociales payées par vos chauffeurs est au cœur du discours de la gauche. Quelle est votre pratique?
Eux-mêmes paient leurs charges sociales comme employés ou indépendants pour leur activité professionnelle principale. Concernant les charges sociales pour les heures qu’ils effectuent en lien avec Uber, la justice n’a pas encore tranché sur cette question. Dès lors les caisses AVS refusent de les enregistrer. L’été passé, la Suva a été déboutée par la justice à Zurich, mais rien n’a changé depuis, notamment sur le front politique.

Créé: 05.02.2019, 20h01

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