La température monte avant un 2e tour qui s’annonce serré

VaudCe dimanche, les jeux seront plus ouverts qu’en 2011. L’attitude de l’électorat UDC et du centre reste la grande inconnue.

Les escarmouches du débat de 24heures pour le second tour au Conseil des Etats.


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La tension à gauche et les espoirs affichés de la droite laissent entrevoir un second tour de l’élection du Conseil des Etats assez incertain. Souvent qualifié «d’indéboulonnable», le ticket rose-vert sortant se trouve dans une position moins confortable qu’il y a quatre ans. Le challenger PLR, Olivier Français, menace le siège du Vert Luc Recordon. Le 18 octobre dernier, Géraldine Savary (PS) a viré en tête avec 72 985 voix, suivi de l’écologiste (68 339) et du candidat PLR (54 439).

A l’entre-deux-tours, les états-majors des partis font chauffer les calculettes. Les hypothèses des reports de voix au second tour sont croisées avec les résultats des élections précédentes, tout en retranchant une bonne dose de variables inconnues. Il ressort de cette tambouille arithmétique un certain suspense sur l’identité du second élu derrière Géraldine Savary.

L'intégralité du débat organisé par 24heures, entre les trois prétendants au Conseil des Etats, en vidéo

Projections pessimistes

«J’ai fait des projections pessimistes, expose Philippe Miauton. Avec moins 20% de participation pour chaque parti, hormis pour le PS et les Verts, ainsi que moins 10% au PLR, Olivier Français et Luc Recordon arrivent dans un mouchoir de poche.» Le secrétaire général du PLR met le doigt sur l’enjeu du second tour: la participation.

Mathématicien, le syndic Vert de Lausanne, Daniel Brélaz, prévoit que la mobilisation sera «à coup sûr inférieure au premier tour, comme cela était le cas en 2007 et 2011». Celle de l’électorat des formations sans candidats au deuxième tour s’érodera forcément. «Dans quelle proportion ces gens vont voter ou aller à la pêche? pose Daniel Brélaz. Si la participation est autour de 30%, il est très probable que le duo actuel soit réélu. Mais si elle monte vers 35%, cela devient très ouvert.» «La mobilisation va jouer un rôle majeur, abonde le socialiste yverdonnois Pierre Dessemontet. Sur ce point, je donne plus de crédit à la gauche. Elle a un peu perdu lors des élections au Conseil national, il risque d’y avoir un élément correctif.»

Le conseiller communal lausannois Gilles Meystre lui oppose une nouvelle dynamique à droite: «Avec les résultats du 18 octobre, les troupes ont la niaque, les gens sentent que l’élection aux Etats d’Olivier Français est possible.»

Géraldine Savary et Luc Recordon peuvent compter sur le report d’une bonne partie des voix de l’extrême gauche (3077 bulletins non modifiés au 1er tour) et Olivier Français espère celles de l’UDC (29 418). «Si nous arrivons à mobiliser 80% à 85% de notre électorat, c’est jouable pour Français», estime Claude-Alain Voiblet, vice-président de l’UDC Suisse. Mais plusieurs facteurs jouent contre le candidat PLR. Le congrès de l’UDC n’a pas souhaité appeler à voter pour lui. «Olivier Français est très connu sur l’arc lémanique, mais ce n’est pas une personnalité qui rayonne dans le reste du canton», note Jacques Nicolet, de Lignerolle, nouvel élu UDC au Conseil national.

Au centre (9823 bulletins non modifiés), c’est la bouteille à l’encre. Les démocrates-chrétiens appellent à voter Français. Mais Jacques Neirynck fait campagne pour la gauche. «C’est assez PDC comme attitude, glisse Daniel Brélaz. On peut penser que la moitié de leurs voix ira à droite et l’autre à gauche.»

Les Vert’libéraux tentent une variante en soutenant un ticket Recordon-Français. «Ils l’avaient déjà fait en 2011 avec Mme Moret, sans grand impact sur le score de Géraldine Savary», rappelle le syndic de Lausanne.

Il faut aussi compter avec les 22'934 bulletins sans dénomination de liste. Français en a capté 12'575, Savary 8251 et Recordon 5725 au premier tour. Comment ces électeurs vont se comporter au deuxième? Réponse dimanche en début d’après-midi.

Créé: 05.11.2015, 06h46

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Un éventuel échec fait peur aux Verts

Un échec, ce serait un revers énorme pour les Verts vaudois.» Laurent Rebeaud, ancien conseiller national, ne cache pas l’importance de l’enjeu pour sa formation. A ses yeux, «le risque est réel» qu’Olivier Français ravisse un siège au duo rose-vert, vu la progression à droite au Conseil national. Ce serait celui de Luc Recordon, Géraldine Savary étant «déjà dans le fauteuil».

Le président Martial de Montmollin a demandé une mobilisation maximale: «Il faut aussi faire revenir Adèle Thorens au Conseil national.» La coprésidente des Verts suisses n’est, pour l’instant, pas réélue, Luc Recordon lui prenant sa place au National auquel il a aussi été candidat. Ce dernier doit retrouver son siège à la Chambre haute pour qu’Adèle Thorens puisse continuer à la Chambre basse.

La place au Conseil des Etats de Luc Recordon, la première dans l’histoire des écologistes, vaut son pesant d’or: «C’est une ouverture sur un réseau où les dossiers sont abordés de manière concrète, analyse le chef de groupe au Grand Conseil, Vassilis Venizelos. Je pense en particulier à la fiscalité agricole, où Luc Recordon a pu amener une solution.»

Anne-Catherine Menétrey, autre Verte historique, était mardi au marché à Vevey: «Ce combat n’est pas gagné d’avance, même si nous pouvons être relativement confiants, dit-elle. Sur le terrain, le tandem Savary-Recordon apparaît extrêmement fort.» Comme Vassilis Venizelos, elle mesure l’importance de conserver un siège aux Etats: «Il est très fort symboliquement. C’est une place de gagnée dans un bastion conservateur.» L.BS

Comment voter

L’élection au Conseil des Etats fonctionne selon le système majoritaire à deux tours. Dimanche, les deux vainqueurs seront ceux qui auront obtenu la majorité relative. Contrairement à une élection au système proportionnel, il n’y a pas d’apparentement et les cumuls de voix sont interdits. Les électeurs qui auraient l’idée de voter Olivier Français deux fois parce qu’ils ne veulent pas accorder leur second suffrage à la gauche ne se verront crédités que d’un seul suffrage. Les experts, de gauche comme de droite, reconnaissent que le camp bourgeois a intérêt à n’accorder qu’un seul vote à Olivier Français s’il veut l’élire. Voter pour quelqu’un qui n’est pas candidat est en outre interdit. Et, comme toujours, les annotations sur le bulletin invalident le vote. L.BS

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