Ne tirez pas sur le bus TL!

SécuritéLa semaine dernière, à Lausanne, un projectile a troué un véhicule, heureusement sans faire de blessé.

C’est à cet arrêt, le long de la ligne 17, que l’impact a eu lieu.

C’est à cet arrêt, le long de la ligne 17, que l’impact a eu lieu. Image: PATRICK MARTIN

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Un trou dans la vitre, comme un impact de balle. Jeudi dernier, vers 21 h, le conducteur du bus de la ligne 17 des Transports publics de la région lausannoise (TL) a eu une très mauvaise surprise. Un projectile a transpercé son véhicule au moment où il laissait monter et descendre des passagers à l’arrêt Prélaz. La police de Lausanne précise qu’on ne sait pas encore si cet impact circulaire est venu d’une balle ou d’un plomb. Mais cet événement ravive le débat sur la sécurité dans les transports publics. «Il n’y a pas eu de blessé», commente Sébastien Jost, chargé de communication de la police. Il n’empêche, les conséquences auraient pu être dramatiques.

«Nous prenons l’affaire au sérieux et collaborons avec la police, qui a ouvert une enquête»

«Avec un tel acte, on peut blesser des passagers ou le conducteur, et cela peut provoquer un accident de la circulation, déclare Valérie Maire, porte-parole des TL. Nous prenons l’affaire au sérieux et nous collaborons avec la police, qui a ouvert une enquête. Un soutien a été proposé au conducteur concerné. Il ne désire pas s’exprimer sur ce qui lui est arrivé.» Bizarrement, c’est au même endroit qu’un inconscient avait canardé un autre bus avec des plombs, il y a huit ans.

Des altercations aux crachats

Selon les TL, des cas comme celui-ci sont rarissimes. «En 2015, il y a eu deux occurrences de lancers de cailloux contre des bus, précise Valérie Maire. De manière générale, nous déposons systématiquement une plainte, qu’il s’agisse d’agression ou de déprédation.»

Elle ajoute qu’entre 2014 et 2015 le nombre d’agressions envers des employés des TL et ayant donné lieu à un rapport officiel a baissé, passant de quatorze à onze. «Il peut s’agir par exemple de crachats reçus dans les yeux ou la bouche, qui impliquent de devoir consulter un médecin, de contusions ou de blessures articulaires, détaille-t-elle. Les contrôleurs sont particulièrement exposés.»

Quant aux statistiques sur les événements de ce type qui ne débouchent pas sur une procédure officielle, elles sont moins fiables, selon les TL, «car tout ne remonte pas jusqu’à nous, conclut Valérie Maire. Mais je dirais que, depuis 2012, la tendance est à la stabilité.»

«On ne peut pas dire qu’il n’est pas sûr de travailler comme conducteur aux TL, affirme Carmelo Scuderi, président de la section TL du syndicat des transports (SEV). Il y a des agressions, des altercations, physiques ou verbales, auxquelles sont confrontés nos collègues dans le cadre de leur métier, oui, que ce soit avec des passagers ou d’autres usagers de la route. Mais l’entreprise a pris des mesures, par exemple en signant une charte de lutte contre les violences et l’insécurité et plus concrètement en installant des parois latérales de protection dans les cabines de conduite des bus.»

Demande d'installations vidéo

Depuis plusieurs années, une modification de la loi sur les transports de voyageurs aide à combattre ce genre de phénomène, notamment par le fait que les conducteurs n’ont plus besoin de déposer une plainte en leur nom propre lorsqu’ils sont agressés. Carmelo Scuderi reconnaît cependant que, «au vu de l’évolution de la société, en milieu urbain, ces mesures ne sont peut-être pas suffisantes. Nous demandons par exemple la vidéosurveillance dans les véhicules, ce que la direction refuse.»

Des caméras font pourtant partie du décor dans le métro M2. Il est vrai qu’elles se justifient particulièrement dans un mode de transport automatisé et contrôlé à distance. Il y en a aussi dans les gares du train LEB, qui fait maintenant partie, pour sa gestion, du monde TL. Les bus, eux, sont achetés déjà prêts pour l’installation de caméras. Si un jour la direction le décide, elle pourra facilement le faire. (24 heures)

Créé: 27.04.2016, 06h34

Les caméras dans les bus fribourgeois, un succès

Si la direction des TL ne veut pas faire le pas dans l’immédiat, plusieurs compagnies suisses de transports publics ont équipé leurs véhicules, bus ou trains, de caméras de vidéosurveillance. C’est le cas à Bâle-Ville, par exemple, aux CFF, ou encore aux Transports publics fribourgeois (TPF). Selon leur porte-parole, Martial Messeiller, quelque 150 installations de ce type se trouvent dans les bus et les trains des TPF. «Nous avons une excellente expérience avec ces caméras, explique Martial Messeiller. Leur installation et leur exploitation sont bien sûr très codifiées, seules certaines personnes, dûment formées, ont accès aux images, par exemple. Ce que nous constatons, c’est qu’elles ont un réel effet préventif pour ce qui est des déprédations. Ces cinq dernières années, les coûts dus au vandalisme ont été divisés par trois. Et c’est aussi efficace contre les actes d’incivilité, que ce soit en pleine ville ou sur une ligne régionale. Lorsque l’on fait circuler sur tel ou tel parcours un bus plus ancien qui n’est pas équipé, on voit le changement. Les gens se comportent autrement. Je dirais que ces installations deviennent un peu la norme dans notre branche.» De l’avis de plusieurs responsables de compagnies de transport, ces caméras fonctionnent de façon optimale dans des espaces fermés. Un bus répond parfaitement à cette définition. «La résolution visuelle a aussi fait des progrès, continue le porte-parole des TPF. Il y a une dizaine d’années, on avait parfois des images floues, ce n’est plus le cas aujourd’hui.»

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