Le top sulfureux d’YSL a grandi à Estavayer

ModeLa photo de Fernanda Oliveira a fait scandale le mois dernier à Paris, mais l’a propulsée star. Rencontre.

Fernanda Oliveira a quitté Los Angeles pour passer quelques jours en Suisse avec sa famille.

Fernanda Oliveira a quitté Los Angeles pour passer quelques jours en Suisse avec sa famille. Image: Vanessa Cardoso

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Une affiche «sexiste», «choquante», «dégradante». Tels sont les adjectifs utilisés dans la presse française pour qualifier la campagne d’Yves Saint Laurent (YSL) placardée, dans les rues de Paris, en mars dernier. Une des photos incriminées montre une jeune femme offrant une vue suggestive sur son entrejambe. Les images ont été retirées de l’espace public à la demande de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité.

La demoiselle immortalisée sur cette affiche sulfureuse s’appelle Fernanda Oliveira. De passage à Estavayer-le-Lac, là où elle a grandi et où habite encore sa sœur, elle arrive au rendez-vous fixé près de la gare de Lausanne en tirant une valise certainement plus lourde qu’elle. Pas maquillée, jeans et basket aux pieds, la jeune femme passerait presque inaperçue (elle mesure tout de même 1,78 m.) si ce n’était le body en résille qu’elle porte sous une ample veste et qui dissimule à peine sa poitrine. Fernanda n’a plus de véritable «chez elle» depuis qu’YSL a fait d’elle une star. «La polémique qui a entouré cette photo m’énerve, je n’ai pas envie d’en parler.» Le ton est donné. Le jeune mannequin n’a d’ailleurs pas le profil de la gamine soumise et prête à tout pour être immortalisée sur papier glacé.

De la mécanique aux défilés

Née à Recife le 4 septembre 1997, elle arrive à Monthey en 2006 avec sa mère et sa sœur. Le trio s’installe par la suite dans la Broye fribourgeoise. Après l’école, elle commence un apprentissage de mécatronicienne, puis s’essaie quelques mois au métier de technicienne dentiste à Payerne, mais le cœur n’y est pas. «Tous les deux ans, j’allais au Brésil pour voir mon père. C’est lui qui m’a convaincue de m’inscrire dans une agence de mannequins l’an dernier, lorsque je suis partie m’installer définitivement dans mon pays d’origine.»

La demoiselle participe ainsi aux castings pour la Fashion Week de São Paulo en octobre 2016. Elle est retenue et fera onze défilés. De fil en aiguille, elle se retrouve à Paris pour le casting d’YSL. «Je suis arrivée avec une heure de retard. On m’a demandé de marcher en jeans et talons et deux semaines plus tard, j’ai appris que j’étais prise.» Affiche, looks divers et défilés s’enchaînent pour la marque française.

En quelques mois, son salaire passe de 500 dollars le défilé à 3000. Le nombre d’abonnés à son compte Instagram augmente aussi vite que son agenda se remplit. «Le monde de la mode est très petit. Il y a deux casteurs principaux pour les grandes marques. Je les connais les deux, ça aide.» Fernanda Oliveira a désormais des agents au Brésil, en Angleterre, aux Etats-Unis, à Paris et en Italie. Elle ne chôme pas et avoue ne plus avoir de temps pour s’adonner aux arts martiaux qu’elle apprécie. «J’aime mon métier, il n’est jamais routinier. Les journées de travail sont toutefois bien remplies et très longues. Cela dit, je ne me plains pas. Je suis très bien payée pour attendre et être fatiguée!»

Celle qui se voyait devenir ingénieur en mécanique a la tête sur les épaules: «J’espère monter les échelons dans le monde de la mode, mais je sais bien que je ne vais pas pouvoir faire ça toute ma vie. Avec les sous gagnés, j’investirais dans l’immobilier. Je viens d’un milieu modeste et je suis heureuse de pouvoir m’offrir les habits qui me plaisent, même si je n’ai pas beaucoup de temps pour dépenser mon argent.»

Créé: 12.04.2017, 06h51

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