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Toujours plus malmenés, les agents disent leur colère

Les fonctionnaires des forces de l’ordre sont de plus en plus victimes de menaces ou de violences. Une tendance nationale.

Les violences ou les menaces contre les forces de l'ordre ont augmenté entre 2016 et 2017.
Les violences ou les menaces contre les forces de l'ordre ont augmenté entre 2016 et 2017.
PHILIPPE MAEDER

«Cela fait quinze ans que je fais mon métier, raconte Raphaël Métraux, président de l’Association professionnelle des gendarmes vaudois (APGV). On remarque clairement une augmentation des plaintes déposées par nos collègues. Les citoyens réagissent avec de plus en plus d’agressivité contre l’État de manière générale. Et comme nous en sommes les représentants…»

Selon les dernières statistiques fournies par la police cantonale vaudoise, la violence ou les menaces contre les fonctionnaires (police, gardiens de prison, contrôleurs, etc.) ont augmenté de 70% entre 2016 et 2017, passant de 166 infractions à 283 au total. Le taux d’élucidation de ces cas a lui aussi augmenté et s’établit désormais à 97,9% contre 2% de moins en 2016.

«On se fait de plus en plus injurier, cracher dessus ou menacer»

«On se fait de plus en plus injurier, cracher dessus ou menacer. Et certains n’hésitent plus à donner des coups!» s’insurge Raphaël Métraux. Et ce ne sont pas les cas les plus graves. «On voit aussi plus régulièrement des cas extrêmes, comme lorsqu’un conducteur tente d’écraser un agent en s’enfuyant. Ces situations étaient déjà existantes auparavant, mais rien de comparable avec aujourd’hui.»

D’après les dires du président de l’APGV, l’augmentation substantielle de la violence contre la police entre 2016 et 2017 n’est pas surprenante, «parce que cela fait des années que les forces de l’ordre sont plus souvent prises pour cible». Et ce climat, parfois délétère, a un impact sur la manière dont les agents exécutent leur travail. «C’est clair qu’on prête plus attention aux réactions des gens, détaille Raphaël Métraux. Ce n’est plus possible d’y aller la fleur au fusil.»

«Moins de respect»

«C’est très difficile d’expliquer cette augmentation, mais on peut toutefois cibler deux points, avance Jean-Christophe Sauterel, responsable prévention et communication à la police cantonale. Premièrement, c’est un phénomène lié à une modification de la société: les individus ont de moins en moins de respect pour eux-mêmes, pour autrui et pour les autorités. Ensuite, il y a une volonté des policiers de dénoncer plus systématiquement les cas de violence ou de menaces.» Cependant, l’augmentation mesurée dans le canton de Vaud correspondrait à un phénomène réel et ne serait pas que statistique. «Ce n’est pas uniquement lié à des dénonciations à la hausse, affirme Jean-Christophe Sauterel. On est de plus en plus souvent amené à fournir des avocats à nos collaborateurs dans des procédures où ils sont les victimes.»

«Les individus ont de moins en moins de respect pour eux-mêmes, pour autrui et pour les autorités»

Sans compter que, selon le responsable prévention et communication à la police cantonale, la fin de semaine serait la période la plus critique pour les forces de l’ordre. «Ces comportements sont principalement liés à des soirées festives, à la consommation d’alcool ou de stupéfiants, détaille Jean-Christophe Sauterel. C’est donc le jeudi, vendredi et samedi soir qu’on rencontre le plus de problèmes.»

L’augmentation de la violence et des menaces contre les fonctionnaires n’est pas une spécificité vaudoise. En effet, les chiffres dévoilés le 26 mars par l’Office fédéral de la statistique montrent une poussée de 12% au niveau national.

«Pour la première fois, à la rubrique violence et menaces contre les autorités et fonctionnaires, on enregistre plus de 3000 cas, relève dans un communiqué Max Hofmann, secrétaire général de la Fédération suisse des fonctionnaires de police (FSFP). Et cela ne semble intéresser personne.» Max Hofmann assure que «le niveau de respect envers les autorités a encore baissé drastiquement.» Il ajoute: «Si les statistiques chez les jeunes sont stables, on remarque que de plus en plus de femmes sont les auteures de violence contre les forces de l’ordre.»

Serrer la vis

Pour faire changer les choses, la FSFP compte bien se faire entendre à Berne. «En février 2017, la grande majorité de la Commission des affaires juridiques du Conseil national a appuyé trois initiatives novatrices appelant à des peines plus sévères pour les auteurs de violence contre les policiers, explique Max Hofmann. Nous en attendons de même de la Commission sœur du Conseil des États, et plus tard des deux Chambres.» Car pour le secrétaire général de la FSFP, il n’y a qu’une chose à faire: serrer la vis. «On demande que les auteurs de violence envers les policiers soient condamnés à une peine minimale de 3 jours de prison ferme, poursuit Max Hofmann. Cela ne s’appliquerait pas pour les menaces.»

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