Les tours, pour le meilleur et pour le pire

Rétrospective 2014En 2014, le oui à la tour de Chavannes et l’échec de Taoua ont marqué les esprits. La problématique de la densification figure en toile de fond.

Taoua a été refusée en avril. Avec l'abandon de ce projet, la question des tours se pose plus que jamais.

Taoua a été refusée en avril. Avec l'abandon de ce projet, la question des tours se pose plus que jamais. Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le 9 février, les citoyens de Chavannes-près-Renens ont voté oui à 61,1% au projet de tour de 117 mètres. L’édifice s’intègre dans un quartier de 700 logements qui accueillera 1000 travailleurs. Deux mois plus tard, alors que les pronostiqueurs le donnaient gagnant, le projet de tour Taoua à Beaulieu (86 mètres) mordait la poussière avec 51,9% de non.

Ces deux dénouements opposés ont laissé les milieux de l’urbanisme et de l’architecture perplexes: «Il y a une incompréhension des architectes sur l’action des milieux politiques», témoigne Laurent Guidetti, architecte-urbaniste lausannois et ancien conseiller communal.

Pourtant, la question des tours se pose dans le canton de Vaud, qui doit accueillir 10'000 personnes par an. La loi sur l’aménagement du territoire lui impose de construire les logements et les infrastructures là où le territoire est déjà bâti. Les villes sont toutes désignées pour absorber le surplus de population et ont pour mission de ne pas étaler l’habitat, ce qui implique des constructions en hauteur.

Cette nécessité de densification pourrait trouver une réponse dans les tours. Mais, comme on l’a vu à Lausanne, le voisinage ne l’entend pas de cette oreille. Car les tours modifient le paysage et jettent de l’ombre. Le veto de la population de Bussigny en 2012 au projet de tour de 60 mètres procède aussi de cette problématique.

«Un nouvel état d’esprit»

Pour Laurent Guidetti, ces circonstances commandent un nouvel état d’esprit. «Il ne sert plus à rien de chercher le rapport de force entre les autorités et la population», dit-il. Le spécialiste prône dès lors une nouvelle forme d’implication des gens en leur donnant des compétences. «Il s’agit, poursuit-il, de les faire participer au projet et de leur permettre de se l’approprier.» L’architecte illustre son propos en parlant de Taoua. Il aurait été judicieux, estime-t-il, d’impliquer la population lors de l’aménagement de l’espace laissé libre aux pieds de la tour. Ainsi, le voisinage aurait été apte à faire une pesée d’intérêts entre ce qu’il avait à perdre autant qu’à gagner.

Dans l’agglomération Lausanne-Morges, une quinzaine de projets de tours sont en gestation. Le rapport sur les tours produit en 2011 par un aréopage d’urbanistes et d’architectes fait valoir qu’elles ne constituent pas une nécessité. Car, disent les spécialistes, elles ne créent pas de la densification à grande échelle et leur économicité est discutable. Elles ont davantage un rôle symbolique de marquage du territoire. Cette prudence d’experts que l’on ne peut soupçonner d’être réticents aux grands gestes architecturaux laisse entrevoir que, malgré le fort développement de la région, l’agglomération n’est pas en passe de devenir un petit Manhattan. (24 heures)

Créé: 30.12.2014, 10h58

Galerie photo

2014 en images

2014 en images Rétrospective

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 6

Paru le 21 mars 2019.
(Image: Bénédicte ) Plus...