La transparence politique vaut bien une commission

Grand Conseil Les députés se sont mis d’accord pour discuter en commission de la publication des comptes de campagne.

Le chef du groupe UDC, Philippe Jobin, et son homologue vert, Vassilis Venizelos.

Le chef du groupe UDC, Philippe Jobin, et son homologue vert, Vassilis Venizelos.

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Hasard du calendrier: le Grand Conseil vaudois s’est penché sur la transparence du financement des partis le jour où Nicolas Sarkozy a été placé en garde à vue, dans le cadre de l’enquête sur le financement de sa campagne présidentielle de 2007. Mardi, les députés ont donc débattu de la motion intitulée «Pour en finir avec l’obscurantisme vaudois». Un texte qui émane des rangs des Verts et des socialistes. Il demande que les comptes de campagne soient publiés, ainsi que le revenu annuel des élus lié à leur activité politique. Il s’agit en réalité d’un copier-coller de l’initiative acceptée par le peuple fribourgeois le 4 mars dernier.

Sans surprise, le débat s’est résumé à un clivage gauche-droite. Le camp rose-vert-rouge, associé au centre, a plaidé pour plus de transparence, alors que le PLR et l’UDC ont tiré sur le frein à main. Finalement, les motionnaires se sont accordés avec la droite majoritaire pour renvoyer le texte en commission, histoire d’en discuter calmement. «La Suisse est l’un des derniers pays en Europe qui n’a pas de législation sur le financement des partis et des campagnes», a embrayé le Vert Vassilis Venizelos. «Nous faisons peut-être partie d’une exception en Europe, mais en tout cas, chez nous, il n’y a pas de scandale comme chez nos voisins», a rétorqué l’UDC Philippe Jobin. Celui-ci ne voit pas l’intérêt de légiférer. Le député de l’Alliance du Centre Jérôme Christen a une explication: «Il n’y a jamais eu de scandale de financement politique en Suisse pour une raison très simple, c’est qu’il n’y a pas de règle en la matière. Il est donc difficile de contourner une loi qui n’existe pas.»

Le vote des Schwytzois, qui, comme les Fribourgeois, viennent d’accepter un texte pour plus de transparence, est un «signal», selon le président du Parti socialiste vaudois. «Les mentalités évoluent, désormais la population souhaite savoir, a estimé Stéphane Montangero. Les citoyens sont en droit de connaître qui paie les campagnes, quel élu a éventuellement un fil à la patte. Il en va de l’indépendance des politiques.» Sur sa gauche, le député de solidaritéS Jean-Michel Dolivo a enfoncé le clou: «Cette opacité en politique gangrène le débat démocratique. Des lobbies interviennent dans les campagnes sans agir à visage découvert.»

La transparence est une chose, mais la motion issue de la gauche génère surtout des interrogations, selon le PLR. «Jusqu’où va le contrôle? Comment qualifier les contributions des partis nationaux? Quelle protection pour la sphère privée?, a énuméré Marc-Olivier Buffat. Bref, il y a une kyrielle de questions à discuter en commission.»

Des députés plancheront donc sur la transparence en séance de commission, à huis clos.


L’égalité salariale portée sous la Coupole fédérale

Le Canton de Vaud va-t-il pousser l’Assemblée fédérale à prendre de réelles mesures pour garantir l’égalité salariale dans les entreprises privées? Réagissant au «camouflet» infligé aux femmes il y a trois semaines par le Conseil des États – sa majorité bourgeoise a renvoyé aux calendes grecques l’adoption d’un projet de loi déjà allégé –, le Grand Conseil a voté le principe d’une initiative cantonale à transmettre aux Chambres fédérales. Celle-ci demandera d’octroyer aux cantons des moyens légaux de contrôler les employeurs quant à leur politique salariale et de sanctionner ceux qui persistent à discriminer les femmes.

L’idée a suscité un bref débat en plénum. La droite et la ministre Jacqueline de Quattro proposaient de la soumettre au préalable à l’étude d’une commission, plutôt que directement la transmettre au gouvernement vaudois. À entendre le député UDC Yvan Pahud, il n’y a pas le feu au lac: «Le Conseil d’État a inscrit l’égalité salariale dans son programme de législature, faisons-lui confiance!» «On en a marre de la politique de l’escargot, a répliqué la cheffe du groupe PS, Valérie Induni. Vous portiez tous du fuchsia pour la Journée internationale des droits des femmes il y a deux semaines. Merci. Ça fait bien sûr la photo, mais ce qu’on veut, ce sont des actes!»

La gauche, qui est à l’origine de l’initiative, veut aller vite pour profiter du timing fédéral. Grâce à l’appui des partis du centre, elle a obtenu que l’initiative soit adressée au gouvernement vaudois. À charge pour lui de proposer ensuite au vote du plénum un décret. V.MA. (24 heures)

Créé: 20.03.2018, 21h45

En bref

Soins dentaires: Reprendre le dossier à la base

Après l’échec dans les urnes de l’initiative «Pour le remboursement des soins dentaires», les partis du centre et le PLR ont chacun appelé par voie de motion à reprendre le dossier sur de nouvelles bases. Pour les libéraux-radicaux, il faut repartir à zéro en concertation «avec l’ensemble des milieux concernés, professionnels, économiques et politiques». La motion centriste propose, elle, de ressusciter le contre-projet remodelé par le Grand Conseil et sabordé par sa majorité de droite en novembre dernier, prévoyant notamment d’étendre les mesures de prévention aux personnes retraitées ou handicapées. V.MA.

Cadre légal: L’e-cigarette comme la clope?

Sur demande des Vert’libéraux, une commission du Grand Conseil réfléchira à l’opportunité de placer l’e-cigarette sous le même cadre légal que les produits du tabac (interdiction de vente aux mineurs, restriction de la pub, etc.).

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