Trois «big boss» vaudois derrière le candidat de Macron

LégislativesSauf surprise dimanche, Joachim Son-Forget représentera les Français de Suisse sous l’étiquette La République en marche! Jean-Claude Biver, Patrick Delarive et André Kudelski le soutiennent.

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«Je suis tellement heureux qu’un politicien ait le courage de s’inspirer du consensus helvétique! C’est un coup de cœur, en fait, presque patriotique!» Depuis Singapour, Jean-Claude Biver se dit «très content d’être interviewé». Une réaction peu courante de sa part sur le sujet: lui qui n’intervient en général pas dans le jeu politique s’est déclaré soutien officiel de Joachim Son-Forget. Ce radiologue du CHUV et chercheur à l’EPFL est candidat de La République en marche! (LREM) pour représenter à l’Assemblée nationale française la circonscription de la Suisse (et du Liechtenstein).

Derrière ce poulain macroniste, le président de la Division montres de LVMH et CEO de TAG Heuer n’est pas le seul patron «vaudois»: l’entrepreneur Patrick Delarive et l’industriel André Kudelski roulent aussi pour Joachim Son-Forget. Ils apparaissent dans son comité de soutien depuis l’annonce de sa candidature, avant même de connaître l’excellent score au premier tour (63% des voix) de celui qui sera donc très probablement élu dimanche.

Les raisons du soutien de ces patrons? En premier lieu le dépassement des clivages politiciens porté par le nouveau président français. Joachim Son-Forget a lui-même fait un tour par le PS avant de rejoindre le projet d’En Marche. «Lorsque la droite ou la gauche impose à l’autre camp, cela crée des rancœurs, expose Jean-Claude Biver. Or la frustration est le cancer du dynamisme, qui ronge l’envie entrepreneuriale et détruit un pays!»

Le consensus helvétique modère ces frustrations, selon Jean-Claude Biver. «La paix gouvernementale est la force de notre système. Dans notre gouvernement à sept, chacun sera un peu frustré mais se tiendra à ce qui a été décidé suite aux négociations. Qu’un ministre socialiste vienne soutenir devant le peuple une loi de droite, c’est fabuleux! Cette mise en œuvre du bon sens contre la doctrine politicienne est aussi ce que vise Macron.»

Contre les clivages

Patrick Delarive ne dit pas autre chose, lui qui a pourtant été sollicité à deux reprises pour être candidat PLR au Conseil national, mais a refusé. «Le projet macroniste est une politique 4.0 qui ne clive pas mais emprunte les bonnes idées à droite comme à gauche. Moi-même, j’étais en faveur du salaire minimum. Malgré ma sensibilité PLR, d’autres idées de gauche peuvent me séduire, dès le moment où elles font du bien à la société au sens large, en amenant valeur ajoutée, sens et plaisir, les trois éléments essentiels à tout bon projet selon moi.»

Jean-Claude Biver va jusqu’à oser déclarer: «Les idées doivent gouverner, pas les partis. Les bonnes idées sont partout, même chez les anarchistes.»

Plus tempéré, André Kudelski (par ailleurs conseiller communal PLR à Lutry) avance: «Au-delà du clivage gauche-droite émerge surtout la question d’être réformiste ou de ne pas l’être. C’est dans ce sens que Joachim Son-Forget est, selon moi, le bon candidat, avec une réelle volonté de réformer. Ce qui ne signifie pas pour autant que je suis aligné sur toutes ses idées. Mais ce qui est important est d’être en phase sur les priorités qui permettront de dynamiser la France.»

«Joachim Son-Forget m’a immédiatement touché par son intelligence hors du commun et sa générosité»

André Kudelski a rencontré Emmanuel Macron à plusieurs reprises. Comme les deux autres patrons, il soutient à fond le nouveau président, et tous trois voient donc une certaine «logique» à épauler Joachim Son-Forget: «Les amis de mes amis sont mes amis», image Jean-Claude Biver. «Mais la logique est conditionnée à la personnalité et aux idées du candidat, souligne André Kudelski. Et Joachim Son-Forget m’a convaincu sur ces deux points.»

Même son de cloche du côté de Patrick Delarive: «Joachim Son-Forget m’a immédiatement touché par son intelligence hors du commun et sa générosité. Et par son projet, qui promeut notamment le système de formation duale, dont je suis d’ailleurs issu, ayant fait un apprentissage. De plus, j’apprécie que cette jeunesse arrive au pouvoir. Moi-même, je suis entouré de collaborateurs de la génération Y (et même Z), qui m’inspirent et me permettent de rester alerte, en cherchant des idées innovantes parce que disruptives.»

«Ricochet» sur la Romandie

Emmanuel Macron a été critiqué comme étant le candidat de la finance. «Un faux procès, déclare Jean-Claude Biver. Au contraire, si le CAC 40 – dont les entreprises représentent le plus gros employeur de France – est de son côté, c’est un avantage: ils accepteront peut-être plus facilement ses lois, puisqu’ils l’ont soutenu.»

Mais les «Vaudois» Biver, Delarive et Kudelski soutiennent-ils finalement LREM par intérêt économique propre? «Pas directement, mais par ricochet», dit Jean-Claude Biver. André Kudelski parle «d’effets induits». Et argue: «Mon soutien est tout d’abord motivé par le désir de voir une Europe positive et conquérante. Si elle reste sur la défensive et s’enfonce dans une spirale négative, ce n’est bon ni pour elle ni pour ses partenaires en général, et la Suisse en particulier.»

Patrick Delarive abonde: «On ne peut pas être indifférent à ce qui se passe autour de nous, encore moins en France! Il ne faut pas oublier que si on se retrouve avec un franc fort, c’est bien sûr grâce à la qualité suisse, mais aussi à cause de la faiblesse des pays qui nous entourent! Dans certaines régions de France, des gens vivent en dessous du seuil de pauvreté! La Suisse possède des frontières communes avec la France. Une révolution chez eux entraînerait un flux migratoire chez nous. Au contraire, si la France et l’Europe vont bien, nous allons bien!» (24 heures)

Créé: 16.06.2017, 06h41

Jean-Claude Biver, Président de la division montres de LVMH et CEO de TAG Heuer

«En Suisse, la paix gouvernementale est la force de notre système. Cette mise en œuvre du bon sens contre la doctrine politicienne est aussi ce que vise Macron»

Patrick Delarive, «Serial entrepreneur» comme il se définit lui-même

«Le projet macroniste est une politique 4.0 qui ne clive pas mais emprunte les bonnes idées à droite comme à gauche. Malgré ma sensibilité PLR, des idées de gauche peuvent me séduire»

André Kudelski, PDG de son groupe

«Mon soutien est tout d’abord motivé par le désir de voir une Europe positive et conquérante. Si elle reste sur la défensive et s’enfonce dans une spirale négative, ce n’est bon ni pour elle ni pour ses partenaires»

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