Unia ne rejoindra pas le front des référendaires contre la RIE

FiscalitéLa Réforme fiscale des entreprises, version Conseil d’Etat, a reçu l’aval d’une large majorité des membres réunis mardi soir.

Lors d'une assemblée mardi soir, les membres d'Unia ont refusé leur soutien au front référendaire qui veut amener le peuple à voter sur la proposition de réforme de la fiscalité des entreprises proposée par le Conseil d'Etat.

Lors d'une assemblée mardi soir, les membres d'Unia ont refusé leur soutien au front référendaire qui veut amener le peuple à voter sur la proposition de réforme de la fiscalité des entreprises proposée par le Conseil d'Etat. Image: Geoffroy Beaud

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Lancé dans la récolte des 12 000 signatures nécessaires à un référendum contre la troisième Réforme fiscale des entreprises (RIE III), le front «Touche pas à mes services publics», une coalition de syndicalistes et partisans de la gauche de la gauche, devra se passer du soutien d’Unia. En refusant l’idée du référendum à une large majorité des délégués présents mardi en assemblée extraordinaire à la Maison du Peuple de Lausanne (27 contre, 6 pour et 1 abstention), le syndicat a donné son aval à la solution ficelée par les conseillers d’Etat Pascal Broulis et Pierre-Yves Maillard. Celle-ci établit un taux d’imposition unifié de 13,8% pour les entreprises (22,1% aujourd’hui) et un lot de mesures sociales pour compenser une partie des pertes fiscales estimées à 200 millions pour le Canton et 65 millions pour les communes.

Parmi ces mesures: augmentation des allocations familiales, financement accru de l’accueil de jour, 9 millions pour les entreprises formatrices et subventionnement entre 2017 et 2020 au Fonds pour la santé et la sécurité des travailleurs de la construction. «Sur le fond, la baisse de la fiscalité des entreprises n’est pas une bonne chose, admet Yves Defferrard, secrétaire d’Unia Vaud, mais notre assemblée considère les compensations sociales satisfaisantes. La proportion est très nette et nous permet de tenir une position claire. Par ailleurs, Unia ne peut être présent partout, il faut fixer des priorités. Le référendum n’en fait pas partie.»

SSP: «Une déception»

Les discussions internes et le vote d’Unia ont été précédés d’un vif débat entre Pierre-Yves Maillard et David Gygax. Le secrétaire du Syndicat des services publics (SSP), acquis au camp référendaire, a tenté d’infléchir la tendance, en vain. «Cette décision d’Unia est forcément une déception. A mon sens, une baisse d’imposition des entreprises équivaudra non seulement à une baisse très nette de certaines prestations publiques, mais elle se traduira par une hausse des impôts communaux. Plusieurs analyses financières l’ont montré. Les avantages des compensations seront mangés!»

Pour sa part, le ministre de la Santé et de l’action sociale se félicite de la décision d’Unia: «Notre stratégie est dorénavant soutenue par le plus grand syndicat du canton, représentant les ouvriers et employés du secteur privé. Cela confirme de façon claire que notre proposition profitera aux salariés et à leur pouvoir d’achat. La base d’Unia a montré aux opposants que les compensations proposées ne sont pas des «cacahuètes» ou des «illusions d’optique», comme certains osent le dire.» Pour rappel, le Conseil d’Etat a anticipé la RIE lancée au niveau fédéral et qui sera discutée d’ici à l’été prochain aux Chambres. La réflexion, consécutive à une mise en conformité avec l’Union européenne, veut notamment mettre fin aux régimes fiscaux spéciaux pour les grandes entreprises.

Créé: 28.10.2015, 19h17

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