L’UNIL, championne suisse des unis durables

ClassementL’Université de Lausanne décroche la 1re place d’un classement national concocté par le WWF. L’EPFL s’en tire bien aussi.

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En termes de «durabilité», l’Université de Lausanne (UNIL) est la meilleure haute école du pays. La formule ne vient pas d’une brochure destinée aux nouveaux étudiants de Dorigny, mais d’un rapport du WWF Suisse. Cédant à la mode des classements académiques, les fameux rankings , l’ONG s’est elle aussi échinée à classer les hautes écoles du pays. En s’appuyant pour cela sur l’un des critères qui lui est le plus cher: le développement durable, un point rarement mis en avant dans les classements traditionnels.

«Les hautes écoles forment chaque année des dizaines de milliers de futurs cadres spécialisés et dirigeants. Elles sont des centres de recherche et des moteurs de l’innovation et des instances de conseil crédibles, jouant le rôle de modèles et d’acteurs centraux pour le développement durable», indique le WWF pour justifier sa démarche, une première dans le pays. «Le mouvement pour le climat de ces derniers mois montre que la jeune génération attend des hautes écoles qu’elles prennent leurs responsabilités à l’égard de l’avenir de la planète et qu’elles agissent», renchérit Léo Gilliard, responsable de la politique de formation au WWF Suisse et coauteur du rapport.

Dix critères

Pour ce projet, confié au bureau de recherche bâlois BSS, les 20 institutions accréditées du pays (universités, EPF et hautes écoles spécialisées) ont été passées au crible. Après analyse des infos à disposition et échange avec les directions, les institutions ont été classées dans six catégories: des mauvais élèves (les «inactives et pas transparentes») aux meilleurs (les «pionnières»). Si aucune école n’est parvenue à se hisser dans la plus haute des cases, l’UNIL n’en tire pas moins son épingle du jeu en décrochant la première place du classement. Bombardée haute école «ambitieuse» en termes de développement durable, l’alma mater lausannoise devance les unis de Berne (2e) et de Neuchâtel (3e). De son côté, en décrochant une honorable 6e place, l’EPFL s’en tire également assez bien.

Concrètement, pour établir son listing, le WWF s’est basé sur dix critères. En substance, les actions, les stratégies ou encore la recherche sur le développement durable ont été analysées.

Mais c’est à la lecture du critère No 7 que la première place de l’UNIL prend véritablement tout son sens: «Un membre de la direction est-il officiellement responsable du développement durable au sein de la haute école?» À Dorigny, c’est oui. En 2012, l’UNIL a été la première université du pays à nommer un vice-recteur spécifiquement chargé de la question: Benoît Frund. «Sa nomination est effectivement l’une des principales raisons qui permettent à l’UNIL de truster la première place, confirme Léo Gilliard. Sous sa direction, beaucoup de bonnes choses ont été apportées sur le campus, dont la récente création d’un centre interdisciplinaire dédié à la durabilité (ndlr: encore une première suisse)

À entendre le responsable, alors que la majorité des hautes écoles «pourraient mieux faire» pour former des citoyens responsables, l’UNIL est excellente pour sensibiliser sa communauté à la question, organiser des événements ou encore des projets tels que Volteface, du nom de cette plateforme de recherche sur les aspects sociaux de la transition énergétique. La création de trois nouvelles chaires dédiées à l’environnement est aussi souvent évoquée. L’UNIL serait-elle donc exempte de tout reproche en la matière? «La durabilité est très présente dans les filières des sciences sociales et naturelles, beaucoup moins en HEC, répond Léo Gilliard. Ce point peut être amélioré.»

«Cette place marque la reconnaissance d’un travail entrepris de longue date.»

Sur le campus, le vice-recteur «durabilité» Benoît Frund en convient. «Cette place est une très bonne nouvelle, qui marque la reconnaissance d’un travail entrepris de longue date. Le développement durable, en tête de nos priorités, figure dans nos objectifs stratégiques depuis 2011. Mais il est vrai qu’il reste beaucoup à faire, à HEC mais aussi en médecine.»

Pression sur le politique

Quant à l’EPFL, «elle a mis le paquet sur son campus et sur sa mobilité, notamment en réduisant ses voyages et en compensant ses émissions. Son objectif de neutralité carbone est aussi à saluer. Mais elle pourrait davantage encourager sa communauté académique sur ces questions», conclut Léo Gilliard.

Reste une question: pourquoi ce classement? «Il tombe à un moment clé, lâche Léo Gilliard. Dans quelques mois, les Chambres fédérales se prononceront sur le message FRI (formation, recherche, innovation) du Conseil fédéral. Or, il ne comprend pas de programme de promotion du développement durable pour les hautes écoles. Ce classement est donc un moyen de mettre un peu la pression sur le politique, qu’il accorde plus d’importance, et de moyens, à ces questions.»

Créé: 29.08.2019, 06h49

Le classement

Pionnière
Aucune.

Ambitieuses
Uni de Lausanne, Uni de Berne, Uni de Neuchâtel, EPFZ.

Moyenne supérieure
Uni de Bâle, EPFL, Uni de Zurich, Haute École spécialisée bernoise BFH.

Moyenne inférieure
Uni de St-Gall.

Retardataires
Haute École spécialisée du nord-ouest de la Suisse FHNW, Haute École
spécialisée de Suisse occidentale HES-SO, Uni de Genève, Haute École de Lucerne HSLU.

Inactives ou pas transparentes
Uni de la Suisse italienne, Uni de Fribourg, Uni de Lucerne, École universitaire professionnelle de la Suisse italienne SUPSI, Haute
École spécialisée Kalaidos.

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