L’UNIL découvre un gène de poids pour enrayer l’obésité

ScienceUne équipe de scientifiques montre que des rongeurs génétiquement modifiés résistent mieux à la prise de poids excessive.

Image: Patrick Martin

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La différence est saisissante. Dans une cage de laboratoire, une souris mâle complètement obèse côtoie un congénère qui a certes pris du poids, mais dont la masse paraît plus que normale en comparaison. Elles ont pourtant été soumises au même régime, riche en graisse. L’étude menée par l’équipe du professeur Luc Pellerin, du département de physiologie, démontre que des souris normales ou génétiquement modifiées ne réagiront pas de la même manière à ce genre d’alimentation. Les premières se trouvent en surpoids manifeste au bout de quelques semaines, et les secondes démontrent ce qu’il faut bien appeler une résistance à l’obésité.

Cette découverte vient d’être publiée dans l’édition en ligne de la revue scientifique PLOS ONE. Elle montre une nouvelle voie vers un possible traitement de ce genre de trouble alimentaire.

La modification consistait en l'invalidation partielle d'un gène connu pour son rôle dans l'approvisionnement énergétique des cellules neuronales du cerveau. C'est un peu par hasard, et grâce à une étudiante, qu'il a été découvert qu'il pouvait aussi avoir un effet sur la prise de poids.

«Nous nous retrouvons ici avec un gène aux effets multiples, explique Luc Pellerin. D’un point de vue évolutionnel, il a représenté un avantage certain pour s’adapter aux aléas de l’approvisionnement.» Autrement dit, pour stocker la nourriture sous forme de graisse en temps de disette. «Mais aujourd’hui, notre mode de vie et d’alimentation fait qu’il peut induire une sorte d’épidémie d’obésité.»

Le professeur François Pralong, chef du service d’endocrinologie, diabétologie et métabolisme, qualifie de «très intéressante» la découverte de l’équipe de Luc Pellerin, à laquelle il a par ailleurs contribué, et qui, selon lui, promet des applications thérapeutiques futures.

«L’obésité est une maladie liée à un trouble du comportement alimentaire, explique-t-il. En matière de traitements, il faut bien avouer que nous sommes un peu démunis. Les médicaments existants ont des effets indésirables et permettent au mieux des pertes de poids de 5%. Récemment, nous pensions avoir enfin trouvé un bon candidat, le rimonabant. Mais il semble avoir provoqué une épidémie de suicides aux Etats-Unis, et il a fallu l’interdire. La chirurgie reste une option efficace, mais n’est pas idéale.» Enfin, changer le comportement a un effet indiscutable, mais l’amaigrissement initial est très souvent compensé par une reprise de poids ultérieure.

Créé: 18.12.2013, 23h02

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