L’UNIL choisit une biologiste pour être sa rectrice

VaudNouria Hernandez devrait succéder à Dominique Arlettaz dès le 1er août 2016. Le parlement de l’UNIL avait le choix entre trois candidats

Née à Genève, Nouria Hernandez est professeure ordinaire de la Faculté de biologie et de médecine depuis 2005. Dès l’été 2016, elle dirigera l’UNIL qui compte plus de 14?000 étudiants et dispose d’un budget de 460 millions de francs.

Née à Genève, Nouria Hernandez est professeure ordinaire de la Faculté de biologie et de médecine depuis 2005. Dès l’été 2016, elle dirigera l’UNIL qui compte plus de 14?000 étudiants et dispose d’un budget de 460 millions de francs. Image: Philippe Maeder

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Pour la première fois de son histoire, l’Université de Lausanne sera dirigée par une femme. Jeudi soir peu après 20 heures, le Conseil de l’Université de Lausanne a élu Nouria Hernandez, 58 ans, pour être sa rectrice. Dans la pratique, elle succédera en août 2016 à Dominique Arlettaz l’actuel recteur, une fois que le Conseil d'Etat vaudois aura confirmé ce choix. Le score est net. Vingt-six voix sur 39 se sont portées dès le premier tour sur cette professeure de la Faculté de biologie et de médecine. Diplômée de l’Université de Genève, elle a fait son doctorat à Heidelberg, en Allemagne, avant de poursuivre sa carrière aux Etats-Unis. Elle a été engagée à l’UNIL en 2004, où elle a été nommée professeure ordinaire en 2005.

Elle était en lice avec deux autres candidats. Doyen de la Faculté des sciences sociales et politiques où il enseigne la sociologie des sports, Fabien Ohl a obtenu 6 voix, tandis que 3 voix sont allées à Solange Ghernaouti, de la Faculté des Hautes Etudes commerciales.

Composé des représentants des professeurs des sept facultés, mais aussi des délégués des étudiants, des assistants et du personnel, le parlement de l’Université avait commencé ses travaux dès 16 heures en auditionnant les trois candidats retenus par une commission de sélection issue de ses rangs. Depuis qu’il fonctionne sous cette forme élargie, c’est la première fois aussi que ce Conseil est confronté à un choix ouvert. D’où le suspense qui a précédé l’élection de Nouria Hernandez.

En 1987 avec Pierre Ducrey (reconduit en 1991), en 1995 avec Jean-Marc Rapp, et en 2006 avec Dominique Arlettaz (reconduit en 2010), une procédure de sélection avait bien sûr été engagée, conformément aux dispositions légales. Mais à chaque fois, une candidature s’était suffisamment dégagée pour ne pas faire débat au moment d’être soumise au Conseil.

La succession de Dominique Arlettaz sera également la première à ne pas être assumée par un des vice-recteurs en place, qui sont actuellement au nombre de cinq. Cela a compliqué la tâche du Conseil de l’Université qui a dû évaluer des candidats encore sans pratique dans la direction générale de l’institution.

Expérience inédite

Un seul des pressentis disposait d’une expérience de doyen de sa faculté, Fabien Ohl étant à la tête du décanat des Sciences sociales et politiques depuis 2012. Pour sa part, Nouria Hernandez a pu mettre en avant les qualités de gestionnaire dont elle a fait la démonstration en dirigeant de 2005 à 2014 le Centre intégratif de génomique de l’UNIL. Celui-ci emploie plus de 200 personnes.

Dès lors, Solange Ghernaouti est apparue comme une candidate moins profilée pour le poste de recteur. Elle a certes été vice-doyenne des Hautes Etudes commerciales entre 2004 et 2006. Mais sa campagne de candidature est loin d’avoir fait l’unanimité dans cette faculté animée par des professeurs aux personnalités marquées.

Avec l’expérience nouvelle d’un choix ouvert, le parlement de l’UNIL était conscient que la légitimité du successeur de Dominique Arlettaz serait influencée par la proportion des voix se portant sur son nom. Après avoir entendu les trois candidats, et avant de passer au vote, ses membres se sont donc donnés le temps d’une collation pour se concerter.

Nouria Hernandez n’entrera en fonctions que dans une année. Ainsi, elle pourra se former progressivement à son nouveau rôle. «Ce n’est pas comme en politique, observe un ancien doyen. Personne ne se prédestine à devenir recteur. La loi ménage donc un temps d’apprentissage qui peut même sembler court par rapport à tout ce qu’à quoi la nouvelle élue doit se préparer.»

Une de ses premières préoccupations sera de composer l’équipe des vice-recteurs qui l’entoureront pendant la période 2016-2020. La future rectrice a la possibilité de renouveler entièrement cette direction, où trois des six membres actuels (sans compter leur secrétaire général) ont déjà manifesté l’intention de se retirer.

Un savant dosage devra alors être réalisé entre les facultés. Car pour Nouria Hernandez, le premier objectif sera de conforter les choix stratégiques que l’UNIL a faits dès le milieu des années 1990 en cédant les «sciences dures» à l’EPFL pour cultiver ses pôles d’excellence que sont les sciences sociales et les sciences de la vie. Provenant de ces dernières, la nouvelle rectrice sera bien placée pour consolider le rapprochement des équipes du CHUV et les chercheurs en biologie qui sont regroupés dans la même faculté.

Il lui faudra pour cela prolonger le climat de confiance que Dominique Arlettaz a su établir avec les autorités cantonales qui contribuent pour 276 millions au financement de son institution, dont le budget global a atteint 460 millions de francs en 2014. (24 heures)

Créé: 25.06.2015, 20h36

A chaud

Les propos de Nouria Hernandez juste après son élection: «A titre personnel, je m’attends à une grande aventure. Durant mon mandat, je veux œuvrer pour qu’il y ait plus de femmes professeurs à l’UNIL. Je souhaite également faciliter la transition des étudiants et des «post-docs» vers le monde professionnel. On parle toujours du choix à faire entre le travail en entreprise et le monde académique. Mais à l’Uni aussi, il y a la possibilité de créer sa propre entreprise. L’EPFL a déjà cette culture que j’aimerais développer à l’UNIL. Sur des thèmes plus généraux, je pense que les Universités ont la responsabilité de réfléchir à comment nous allons maîtriser notre avenir. C’est une problématique qui doit être traitée de manière interdisciplinaire.»

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.