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Comment l’UNIL compte les touristes à Lavaux

Christian Kaiser a mis au point une méthode de comptage qu’il teste dans le vignoble. Elle sera applicable ailleurs

Christian Kaiser, prof en cartographie et géovisualisation à l'Institut de géographie et durabilité de l'Unil, a disposé des compteurs afin de définir combien de touristes se baladent dans le site inscrit et quels chemins ils empruntent, ici à Aran. 24HEURES/Chantal Dervey
Christian Kaiser, prof en cartographie et géovisualisation à l'Institut de géographie et durabilité de l'Unil, a disposé des compteurs afin de définir combien de touristes se baladent dans le site inscrit et quels chemins ils empruntent, ici à Aran. 24HEURES/Chantal Dervey
Chantal Dervey
Une étiquette avec un QR code renseigne les touristes sur les capteurs. Cette transparence évite aussi le vandalisme.
Une étiquette avec un QR code renseigne les touristes sur les capteurs. Cette transparence évite aussi le vandalisme.
Chantal Dervey
Régulièrement, l'équipe du professeur Kaiser ouvre le boîtier pour changer les piles et la carte mémoire. Les données seront analysées grâce à un algorithme capable de distinguer, sur des images floutées, les piétons, cyclistes ou automobiles.
Régulièrement, l'équipe du professeur Kaiser ouvre le boîtier pour changer les piles et la carte mémoire. Les données seront analysées grâce à un algorithme capable de distinguer, sur des images floutées, les piétons, cyclistes ou automobiles.
Chantal Dervey
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De petits boîtiers squattent les barrières des sentiers pédestres de Lavaux depuis le mois d’avril. Les curieux auront remarqué l’étiquette à code QR qui renseigne sur leur utilité: établir le nombre de randonneurs qui sillonnent le vignoble inscrit, et les lieux qu’ils fréquentent le plus assidûment.

La méthode a été mise sur pied tout spécialement par Christian Kaiser, maître d’enseignement et de recherche en cartographie et géovisualisation à l’Institut de géographie et durabilité de l’UNIL, dans le cadre d’une étude sur le tourisme à Lavaux menée en collaboration avec l’Association Lavaux Patrimoine mondial. L’installation restera en place jusqu’à fin novembre et livrera ses premiers résultats début 2019.

En tout, six caméras et deux senseurs sont répartis dans 30 points fixes ou mobiles, définis selon les portes d’entrée à Lavaux et les points d’intérêt situés sur les sentiers pédestres. Les capteurs, au-dessus de la gare d’Épesses et entre Saint-Saphorin et Rivaz, ne font que noter les passages – qu’ils soient humains ou non. Les autres boîtiers contiennent des caméras, qui enregistrent sur carte mémoire des images floutées ou infrarouges, protection des données oblige. «La difficulté, ici, c’est que nous avons affaire à un trafic mixte, explique Christian Kaiser. Nous sommes en train de développer un algorithme qui nous permettra de différencier automatiquement sur les images si c’est un piéton, un cycliste ou, dans certains lieux, une voiture qui passe.»

Une première suisse

La méthode développée par le professeur, qui fait appel à l’intelligence artificielle, est la première à permettre concrètement l’analyse d’images floutées. Elle pourra être appliquée ailleurs en Suisse. En effet, si la recherche de cet été doit permettre à Lavaux de définir la répartition des flux piétonniers dans l’espace «avec des chiffres au lieu d’intuitions» – la même campagne de recherche sera effectuée plus tard pour mesurer l’évolution –, elle n’est financée par l’UNIL que parce qu’elle vise à développer de nouveaux moyens de collecter des données et de combler des trous statistiques. Combinée à d’autres outils de collecte (lire encadré), cette démarche multiméthode offrira une vision globale précieuse.

«Quand on veut faire un état de situation en Suisse, les données sont souvent éclatées; c’est l’effet du fédéralisme», indique Emmanuel Reynard, professeur à la Faculté des géosciences et de l’environnement à l’UNIL, qui dirige le projet UniLavaux. Le tourisme en est un exemple frappant. À Lavaux, par exemple, les statistiques des nuitées ne prennent pas en compte le parahôtelier. De plus, la région est à cheval sur deux destinations: Lausanne Tourisme et Montreux-Vevey Tourisme (MVT). Or l’Office du tourisme vaudois (OTV) ne prend en compte pour Lavaux que les chiffres de MVT. «Du coup, il y a une dilution de la réalité dans les données publiées.» UniLavaux servira en quelque sorte de projet pilote pour l’OTV, dans la stratégie de monitoring touristique que l’office met en place à l’échelle du canton.

Challenge d’un lieu ouvert

Reste que, sur le terrain, la caméra visitée à Aran ne remplit pas toujours son rôle, par exemple lorsque ce groupe de touristes prend un itinéraire qui évite son capteur… «Vous savez, ce n’est pas une science exacte», sourit Christian Kaiser. C’est lui qui a «bricolé», avec une imprimante 3D, le boîtier qui renferme une caméra existante et qu’il ouvre au tournevis pour en changer piles et carte mémoire.

C’est aussi en tâtonnant – soit en déplaçant régulièrement les capteurs – que le scientifique et son équipe veulent arriver à des résultats, qui restent «des estimations». «Nous développons une stratégie pour avoir une idée», précise le chercheur, enthousiaste devant le challenge que représente le comptage dans ce lieu ouvert, bien différent d’un musée.

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