L’Unité de soins aux migrants est dépassée

VaudDepuis juin, le nombre de consultations médicales a triplé. Une demande de personnel supplémentaire est adressée au Canton.

Patrick Bodenmann, responsable de l'Unité de soins aux migrants (USMI), demande davantage de forces pour faire face à la hausse des arrivées de migrants dans le canton.

Patrick Bodenmann, responsable de l'Unité de soins aux migrants (USMI), demande davantage de forces pour faire face à la hausse des arrivées de migrants dans le canton. Image: Odile Meylan

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Un à deux mois d’attente pour un premier contrôle médical. C’est le délai auquel sont confrontés aujourd’hui les nouveaux requérants d’asile dans le canton de Vaud. L’Unité de soins aux migrants (USMI) est en effet débordée par l’afflux de nouveaux demandeurs depuis cet été, selon une information de la RTS.

Evi Kassimidis, porte-parole de l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM), précise cette hausse: «Depuis le mois de juin, 900 demandeurs d’asile supplémentaires sont arrivés dans le canton, ce qui amène le total à un peu plus de 6100 personnes.»

L’USMI effectue les premiers bilans de santé, les vaccins (tuberculose, gale, etc.) et les dépistages de maladies contagieuses ou chroniques ainsi que de troubles psychologiques. Confrontée à une centaine de contrôles mensuels jusqu’à la fin du printemps, l’USMI doit depuis faire face à trois fois plus de consultations, avec un pic à 385 en septembre, selon Patrick Bodenmann, médecin à la Policlinique médicale universitaire (PMU) et responsable de l’USMI.

L’USMI compte actuellement 13 postes à plein-temps d’infirmiers, neuf employés administratifs et un demi-poste de médecin sur le terrain. «Nous ne demandons évidemment pas le triple des effectifs, mais le dispositif tel qu’il est aujourd’hui est insuffisant pour faire face. Une hausse de 20% à 30% paraît raisonnable, et nous l’avons formulée au Département de la santé et de l’action sociale», continue Patrick Bodenmann.

Pierre-Yves Maillard, chef du département concerné, évoque une adaptation conforme à la réalité: «Il s’agit d’une hausse normale répondant à une forte croissance du nombre de personnes concernées. C’est une adaptation naturelle et indispensable au vu de la situation. Elle est nécessaire non seulement pour ces personnes arrivant dans le canton, mais également par souci de santé publique, pour préserver notre population d’éventuelles maladies.» Les formalités de financement et la décision finale devraient intervenir «ces prochaines semaines», selon le ministre vaudois de la Santé.

En attendant, «l’unité a été adaptée», selon Patrick Bodenmann. Autrement dit, des priorités ont été fixées en attendant des renforts: un peu moins de prévention et davantage d’efforts portés sur la prise en charge.

Pour rappel, chaque arrivée de requérant d’asile en Suisse est soumise à un contrôle préalable effectué dans l’un des cinq centres fédéraux d’enregistrement et de procédure, dont celui de Vallorbe, mais la prise en charge reste sommaire. Du reste, l’USMI plaide en faveur d’un dépistage plus poussé en amont, soit avant l’attribution des candidats à l’asile dans leur canton hôte. (24 heures)

Créé: 24.10.2015, 08h44

Des migrants à Jura-Rosaly, à Ballaigues, jusqu’en avril

Dès le mois de novembre et jusqu’au printemps prochain, le centre de camps de vacances Jura-Rosaly, à Ballaigues, accueillera des migrants, selon une information de Christianisme aujourd’hui confirmée par l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM). Selon le mensuel chrétien d’actualité, c’est l’EVAM qui a contacté la Fondation du Grain de blé, propriétaire de la bâtisse isolée située à environ 800?mètres du village. Elle y organise des camps chrétiens pour enfants depuis 1948.

Les activités prévues à Jura-Rosaly durant l’hiver ont été annulées ou déplacées à La Bessonnaz, autre site de la fondation situé dans les hauts de Lignerolle. Mais en raison du nombre de réservations de Jura-Rosaly dès le printemps, les migrants devront quitter le site fin avril. «Ce site dispose de 75?places. Il accueillera principalement des familles et des mineurs non accompagnés proches de l’âge de la majorité», explique Evi Kassimidis, chargée de communication de l’EVAM.

L’EVAM reste activement en recherche de solutions d’hébergement. «Nous étudions toutes les possibilités, infrastructures inoccupées, terrains à bâtir et même colocations, si des résidants vaudois ont fait connaissance d’un migrant et souhaitent l’héberger», détaille Evi Kassimidis, qui renvoie au site Web de l’EVAM pour davantage d’informations.

Joël Burri/Protestinfo

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.