Vaud augmente son aide au Secours alpin

SauvetageLe SARO sera un peu mieux doté pour former la relève, surtout dans le sauvetage d’hiver. Exemple avec Steve Dind, de Corbeyrier.

Steve Dind a repris l’entraînement. Si tout va bien, il sera mobilisable au printemps.

Steve Dind a repris l’entraînement. Si tout va bien, il sera mobilisable au printemps. Image: Patrick Martin

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Le Conseil d’État vaudois a accepté une augmentation de la subvention accordée au Secours alpin dès 2018 et prioritairement aux sept stations de sauvetage du canton. Ces 20'000 francs s’ajouteront aux 30'000 déjà alloués, soit 4 centimes par habitant, une règle commune à tous les cantons suisses, alpins ou non, depuis 1996. Christian Reber, président du Secours alpin romand (SARO), se dit «satisfait de voir qu’une fenêtre s’est ouverte». L’Ormonan des Diablerets avait fait de cette revalorisation une priorité lors de son entrée en fonctions fin 2015.

Avec ces 50'000 francs par an au total, le SARO obtient toutefois moins de la moitié du vœu exprimé: «Nous demandions un budget annuel de 112'000 francs, soit 16'000 francs par station vaudoise. Une commission parlementaire a été mise sur pied et les discussions reprennent en décembre. J’espère que Vaud suivra Fribourg, qui a accepté. La signature du Conseil d’État est prévue le 30 novembre.»

Des critères exigeants
Aujourd’hui, les 237 sauveteurs vaudois et bénévoles du SARO (chiffre 2016), mobilisés été et hiver, paient leur formation, environ 3000 francs par année durant trois ans, et leur matériel. Au vu de ses moyens limités, le SARO peine à leur venir en aide et à valoriser leur engagement, surtout dans le sauvetage hivernal avec chiens, où les forces manquent.

Actuellement, ils ne sont que sept binômes maître-chien opérationnels dans les Alpes vaudoises: quatre côté vaudois, trois côté fribourgeois. «Idéalement, il en faudrait six ou sept, mais pour chaque canton, selon Mattia Corti, responsable chiens pour le SARO. Le problème est surtout d’assurer les piquets vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ce sont des permanences d’une semaine assurées à tour de rôle. Aujourd’hui, cela équivaut à un piquet toutes les trois-quatre semaines.»

Sur le papier, les candidats seraient en nombre suffisant, mais beaucoup ne répondent pas aux critères de base. «Il faut en premier lieu habiter dans le périmètre des Préalpes vaudoises ou fribourgeoises, explique Mattia Corti. Lors d’une alarme, un sauveteur doit être mobilisable en dix minutes maximum auprès d’un point de décollage en hélicoptère.» Cela présuppose aussi que l’employeur accepte qu’il prenne son chien et son matériel au travail. Il faut un bon niveau de ski de randonnée et être âgé de 23 à 45 ans (58 ans pour le sauvetage en surface). Les chiens doivent quant à eux avoir entre 1 et 4 ans. «Toutes les races sont admises théoriquement, mais un minimum d’agilité est requis, précise Mattia Corti. Les races les plus courantes sont le labrador, le berger belge et le border collie.»

«Le rêve d’une vie»
Dans son chalet Le Terrier, en bordure de forêt à Luan, commune de Corbeyrier, Steve Dind trépigne à l’idée de reprendre les cours de sauvetage sur neige avec Alf. Les premiers flocons sont en effet tombés sur les hauteurs d’Aigle. Avec l’aide de son berger belge de 2 ans et demi, il entend composer un team efficace pour débusquer les victimes d’avalanche. «Intégrer l’équipe de sauveteurs du Secours alpin romand, c’est le rêve d’une vie, s’enthousiasme le Robaleu, comme on appelle ici les habitants de la commune du Chablais vaudois. Alf vient d’un élevage du village et je l’ai choisi dès la naissance pour son flair.»

Steve Dind est actuellement le petit dernier dans la famille des candidats au sauvetage hivernal vaudois. Si tout va bien et qu’il valide les derniers modules de formation, il sera mobilisable au terme de cet hiver. C’est aussi pour atteindre son objectif que ce boucher de formation, ancien plongeur professionnel et convoyeur de fonds, a quitté son poste chez Philip Morris, il y a deux ans, pour devenir père au foyer et s’occuper de Léo, 9 ans, et de Zoé, 3 ans. Les deux cent cinquante heures de cours annuelles pendant trois ans, les entraînements hebdomadaires à La Lécherette avec les trois autres duos maître-chien vaudois, sans compter les exercices d’envergure organisés plusieurs fois par an demandent une disponibilité sans faille. «Comme si ça ne suffisait pas, il suit des cours avec les colonnes de secours et fait partie de la section locale des pompiers, lance Stéphanie, son épouse. C’est un passionné.» (24 heures)

Créé: 13.11.2017, 12h16

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