Vaud booste le marché de la noix

AgricultureLe projet de développement régional agricole «Filière noix de la Broye et du pied du Jura» bénéficiera d’une subvention cantonale de 1,43 million de francs.

Président de la coopérative nucicole, Olivier Pichonnat, ici en juin dans sa noiseraie, travaille depuis des mois au développement d’une filière de la noix indigène.

Président de la coopérative nucicole, Olivier Pichonnat, ici en juin dans sa noiseraie, travaille depuis des mois au développement d’une filière de la noix indigène. Image: JEAN-GUY PYTHON

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Les noix sont arrivées plus vite que le soutien cantonal. Mais comme la nature est plutôt bien faite, la récolte 2019 restera comme celle d’une très petite année, en raison d’un coup de froid début mai et des grosses chaleurs de juin. Pas encore mécanisés pour leur récolte, les agriculteurs de la Broye et du pied du Jura, réunis dans une coopérative nucicole, n’ont ainsi pas été trop contrariés au moment où leurs noix tombaient.

Heureusement pour eux, les choses devraient être tout autres à l’automne 2020. Si le Grand Conseil approuve rapidement l’exposé des motifs et le projet de décret (EMPD) accordant au Conseil d’État un crédit d’investissement de 1,43 million de francs pour le projet de développement régional agricole «Filière noix de la Broye et du pied du Jura», ils pourront s’équiper correctement. «En général, si les objets agricoles font sens, et je crois que c’est le cas, ils ne soulèvent pas beaucoup d’oppositions», espère Olivier Pichonnat, agriculteur à Lovatens, sur les hauts de Lucens, et président de la coopérative.

11000 noyers sur 80 hectares

Réunissant 27 exploitants agricoles (24 sur Vaud et 3 sur Fribourg) et le moulin-huilerie de Sévery, celle-ci représente 11000 noyers plantés ces dernières années sur une surface de plus de 80 hectares. Durant six ans, elle prévoit des investissements de l’ordre de 10 millions de francs. Outre l’aide du Canton, une subvention fédérale de 1,79 million est aussi prévue. Il s’agit notamment d’acquérir des machines pour secouer les noyers, avant qu’un tracteur équipé de brosses ne passe dans les lignées pour ramasser les fruits.

Plusieurs centres de collecte et de stabilisation des noix pourront aussi être construits à Lovatens, Cossonay et Chevroux, ainsi qu’une véritable Maison de la noix à Sévery. «Une fois les noix récoltées, il s’agit de les laver rapidement et de les faire sécher, sinon les restes de brou risqueraient de faire fermenter les lots de noix, entraînant un noircissement des cerneaux. Et comme le consommateur achète avec les yeux...», détaillait Olivier Pichonnat cet été dans notre série «La clé des champs».

Le Broyard accueillera ainsi le premier centre de collecte, les investissements de la coopérative étant prévus en fonction de la mise en production progressive des arbres. De 16 tonnes en 2020, elle pourrait passer à 70 en 2023 et à 250 à l’horizon 2035. Soit autant de noix ou de cerneaux qui pourront être vendus en vrac dans la grande distribution au lieu de les importer. La filière agrotouristique du moulin de Sévery, où les noix sont transformées en huile, sera aussi développée.

Maison de la noix

«Notre projet est prêt depuis plus d’une année et bénéficie déjà d’un permis de construire. Il pourra démarrer dès l’acceptation de l’EMPD par le Grand Conseil», souligne le directeur Jean-Luc Bovey. L’endroit accueille déjà quelque 15000 visiteurs annuellement. L’idée est d’y aménager un sentier didactique présentant la diversité des noyers du pays, d’y construire un restaurant pouvant notamment proposer des cours de cuisine en lien avec la noix, ainsi qu’une salle de séminaire pour les sociétés désirant se mettre au vert.

En cas de feu vert politique, tout pourra donc être mis en œuvre pour redorer le blason de la noix indigène et perpétuer une tradition séculaire en terres vaudoises, notamment lors des fameuses «cassées» de noix familiales. Notamment parce que la Confédération attribue des subsides pour les plantations d’arbres haute-tige, ce qui a permis ce retour en grâce du noyer. «Avec ce projet, la boucle sera bouclée, conclut Frédéric Brand, patron de la Direction générale de l'agriculture, de la viticulture et des affaires vétérinaires. La fonction première de l’agriculteur, à savoir de produire des denrées, revient au premier plan. Ils pourront valoriser la production des noyers qu’ils ont plantés, dans un premier temps, pour toucher des subventions fédérales.»

Créé: 02.12.2019, 08h11

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