Les cantons romands revoient les consignes sur les détenus dangereux

Régime carcéralAprès le meurtre d'Adeline, les sorties des détenus sont affectées dans plusieurs cantons romands. Vaud a suspendu les sorties des délinquants dangereux et restreint l’engagement de personnel féminin.

La conseillère d'Etat vaudoise Béatrice Métraux.

La conseillère d'Etat vaudoise Béatrice Métraux. Image: PATRICK MARTIN-a

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Conséquence de l’affaire Adeline, les auteurs de crimes de sang et les délinquants sexuels seront privés de sortie pendant trois mois dans le canton de Vaud. Environ 70 personnes sont concernées, a annoncé la conseillère d’Etat Béatrice Métraux à la Radio télévision suisse (RTS).

Le canton a décidé d’un moratoire de trois mois sur les élargissements, a relevé la cheffe du Département de l’intérieur mardi soir lors de l’émission «Infrarouge». D’ici la fin de l’année, la situation devrait avoir été réévaluée suite à des conférences intercantonales et fédérales où le sujet sera discuté.

En outre, il n’y aura plus de placements en milieu ouvert pour ce type de délinquants jusqu’à nouvel ordre, a ajouté Béatrice Métraux. Par ailleurs, lorsqu’il y a un doute, l’engagement de personnel féminin sera restreint.

A Genève, le conseiller d’Etat en charge de la sécurité Pierre Maudet avait annoncé le jour même de la découverte du corps d’Adeline, vendredi dernier, la suspension de toutes les sorties de détenus sous juridiction genevoise jusqu’à nouvel avis.

Mesures critiquées

Ces mesures sont critiquées par l’ancien juge fédéral Claude Rouiller. «On fait fausse route, parce que l’on porte une restriction générale au droit individuel des détenus, qui sont concrétisés dans la loi. Et ça, ce n’est pas possible, les droits individuels ne peuvent être restreints qu’individuellement, au cas par cas», a-t-il déclaré mercredi au journal de 12:45 de la RTS.

Pour M. Rouiller, qui avait mené en 2011 les investigations suite à l’évasion d’un dangereux détenu de la prison de Gorgier (NE), la seule mesure adéquate consiste dans le «renforcement de l’accompagnement de ces sorties ou de ces congés».

A Fribourg aussi

A Fribourg, le conseiller d’Etat en charge de la sécurité Erwin Jutzet a «donné comme instruction au service d’application des sanctions et des prisons de s’assurer que plus aucune sortie ne soit menée avec l’accompagnement d’une femme seule», a indiqué mercredi Didier Page, responsable de la communication du département. Sont concernées les sorties des détenus potentiellement dangereux, qui sont entre 30 et 40 dans le canton, a-t-il précisé.

De son côté, le Valais a annoncé être en train de revoir tous les dossiers des condamnés «dangereux».

Neuchâtel en avance

A Neuchâtel, des procédures très strictes ont été mises sur pied après l’évasion à Gorgier en 2011. A l’époque, les sorties avaient été bloquées pendant plusieurs mois, a précisé à l’ats Valérie Gianoli, cheffe du Service pénitentiaire. Tous les dossiers ont été repris de fond en comble, de même que le fonctionnement des équipes pluridisciplinaires.

Actuellement, lorsqu’une demande de sortie est formulée, la conduite en amont est réexaminée minutieusement avec tous les intervenants. Si elle est validée, les mesures de sécurité sont examinées avec la police. «Au final, je dois encore donner mon accord», a indiqué Mme Gianoli.

Mesures d’accompagnement contraignantes

Des mesures d’accompagnement contraignantes ont été mises en place: la cellule est fouillée régulièrement dès la demande de sortie, la veille encore. Les habits sont passés aux rayons x et le détenu est pris en photo avec les vêtements, a souligné Mme Gianoli. Deux agents de détention formés à ce type de situation et un membre du service de probation ou médical sont requis. Au moment de partir, toute la procédure est revue, les consignes sont précises. Le détenu est muni d’une entrave qui l’empêche de courir. Il est assis à l’arrière, portières verrouillées avec un agent à côté. Des informations sur la situation sont données toutes les heures.

On n’a jamais terminé d’évaluer le risque, note la cheffe du Service pénitentiaire. Il faut toujours se poser des questions. (JCM-ats/nxp)

Créé: 18.09.2013, 15h26

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