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Ces Vaudois qui ne boudent pas les urnes

Deux tiers des électeurs inscrits n'utilisent pas leur droit de vote. Qui reste-t-il pour élire nos autorités au mois de mars? Rencontre avec des Vaudois qui, devant leur bulletin, n'ont pas froid au stylo.

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Ils sont difficiles à repérer. Rien ne permet de les distinguer dans la grande masse des abstentionnistes, qui constituent deux tiers de la population cantonale. Est-ce que vous êtes Vaudois? Avez-vous le droit de vote? Allez-vous voter? Sur environ 150 personnes interpellées aux quatre coins du canton, une cinquantaine seulement a pu répondre positivement à ces trois questions.

Un tiers d'électeurs qui se rendent aux urnes: le pourcentage correspond aux taux de participation des dernières élections cantonales: 42,59% en 2007, 43,27 en 2003 et 31,3% pour la complémentaires de 2011.

Quelles sont les motivations qui mènent encore un tiers des électeurs aux urnes? Une douzaine d'électeurs convaincus ont accepté de répondre face caméra à cette simple question: pourquoi allez-vous voter?

«Parce que des gens sont morts pour qu'on puisse voter»

L'argument revient comme un refrain, chez les électeurs les plus chevronnés. «Dans certains Etats, il y a des morts dès qu'il y a une élection», résume Magali Cottier, une Rolloise de 31 ans. «Dans plein de pays, les gens n'ont pas le droit de vote, ou alors cela ne sert à rien de voter tellement le système est corrompu, s'indigne Julien, un gymnasien de 18 ans qui vient de recevoir sa carte d'électeur. Regardez ce qui se passe en Egypte ou en Syrie!»

Pour l'égalité

Les femmes d'un certain âge évoquent un autre combat, celui de l'égalité. «Nous nous sommes assez battues pour l'obtenir, ce droit de vote, rappelle Catherine Ruchet, 79 ans. On ne peut pas laisser qu'aux messieurs et aux politiciens le soin de décider pour nous!»

Pour Deyan Poffet, étudiant à l'UNIL, c'est contre «les vieux» qu'il faut lutter. «Ce sont les vieux qui vont voter, ce sont des vieux qui sont élus, et les jeunes sont complètement oubliés dans les décisions. Regardez ce qui s'est passé avec la votation sur le chômage! Nous, les jeunes, on s'est fait avoir, tout ça parce que nous ne sommes pas suffisamment nombreux à nous mobiliser. Les gens qui ne votent pas, ça m'interpelle vraiment. Ils n'ont aucune conscience qu'on est en train de décider de leur avenir.» Pour Julien, apprenti maréchal-ferrant, c'est une question de principe: «Si 90% des citoyens ne vont pas voter, l'élection ne représentera l'avis que des 10% restants. Cela n'a plus rien à voir avec la démocratie.»

«Pour la collectivité»

«On trouve super de pouvoir dire bonjour à un Chinois grâce à internet, mais on n'est pas fichu de saluer sa voisine de palier.» Dans un café d'Orbe, René se désole. Les jeunes ne s'intéressent pas à la collectivité, «beaucoup moins attrayante qu'il y a quelques années», selon ce retraité, ancien conseiller communal. «Combien de jeunes ne pensent qu'à pouvoir jouer à des jeux vidéos et sont incapables de se responsabiliser?», s'interroge-t-il. Du côté de Romanel, un autre retraité est à peine plus tendre: «Ceux qui ne vont pas voter, ce sont les vandales, ceux qui traînent la nuit, estime Roger Goumaz, 85 ans. Ce sont des jeunes malheureux.»

La «responsabilité», pour les deux retraités comme pour de nombreux parents, est une affaire d'éducation: «Ce sont les parents qui doivent responsabiliser leurs enfants», estime Iris Scheuner, maraîchère de 55 ans dans les hauts de Lausanne. «Comment voulez-vous que des enfants aillent voter si les parents n'y vont pas? C'est presque impossible.»

Un droit, un devoir et un réflexe

«Il faut retourner l'enveloppe dans tous les cas, même blanc!» s'exclame Eliane Sechaud (70 ans). Croisée à Lutry, non loin de chez elle, la retraitée ne comprend pas qu'on puisse s'abstenir: voter devrait être un réflexe. Etudiante de 20 ans à l'UNIL, Océane Neet n'en est pas loin. Elle n'a certes voté que deux ou trois fois, mais a déjà pris le pli: «Puisqu'on nous demande notre avis, il faut le donner!»

Pour Cindy, apprentie de 19 ans dans une pharmacie de La Côte, il faut donner son opinion «quitte à ne pas savoir si l'on vote juste, ou pour les bonnes personnes». Si les deux jeunes filles épatent par leur détermination à faire entendre leur voix, les jeunes qui votent restent les plus difficiles à dénicher. «Il y a des gens à qui il suffit de sortir les poubelles, manger, etc., explique Julien, 18 ans. Pour moi c'est important de ne pas se sentir... comme un mouton!»

Retrouvez notre mode d'emploi pour les élections cantonales du 11 mars

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