Le Vaudois qui construit les Formule 1 des mers

ParcoursNicolas de Castro a dirigé les travaux de construction du trimaran Macif, mis à l’eau mardi pour battre des records du monde à la voile.

Le trimaran mis à l'eau mardi à Lorient, 30 mètres de long sur 21 mètres de large, a été réalisé pour battre des records.

Le trimaran mis à l'eau mardi à Lorient, 30 mètres de long sur 21 mètres de large, a été réalisé pour battre des records.

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On peut avoir grandi dans le Gros-de-Vaud, avoir un père pépiniériste à Echallens et devenir une pointure dans la construction de voiliers pilotés par les meilleurs skippers du monde. Depuis qu’il a quitté sa terre natale pour la Bretagne, Nicolas de Castro a fait ses preuves dans les chantiers navals. La qualité de sa formation acquise en Suisse et son esprit entreprenant l’ont amené dans l’élite des navigateurs et techniciens qui cherchent à traverser les océans le plus rapidement possible avec la seule énergie du vent.

Mardi, quand le trimaran Macif est sorti de son hangar après dix mois de travaux, il était aux côtés de François Gabart, double vainqueur du Vendée Globe et de la Route du Rhum, pour diriger la manœuvre en tant que «responsable construction». Il a même fait partie de l’équipage du catamaran Orange 2, piloté par Bruno Peyron, qui a gagné le record du tour du monde à la voile (Trophée Jules Vernes) en 2005. Son nom est gravé sur le trophée conservé au Musée de la marine, à Paris.

Quel parcours pour un enfant de Dommartin! Ses premières sorties à voile, le jeune Nicolas les a vécues sur des Optimist à Estavayer-le-Lac, où la famille avait un chalet d’été. Au téléphone depuis Lorient, où le fameux trimaran a été mis à l’eau, le Vaudois aujourd’hui âgé de 36 ans se souvient de cette époque lointaine: «Ce n’est pas là qu’est née ma passion. Les bateaux m’intéressaient, mais comme objets. Je voulais faire maquettiste. J’ai toujours aimé les aspects techniques et le travail manuel. Voilà pourquoi j’ai choisi de faire un apprentissage de constructeur naval.»

Nicolas de Castro ne sera jamais assez reconnaissant d’avoir bénéficié d’une formation aussi pointue chez Birbaum et Jaquet, à Paudex. Quand il a débarqué dans les chantiers navals de Bretagne, personne n’avait son bagage. «Il n’y a pas d’équivalence en France, surtout au niveau de la polyvalence de l’apprentissage On m’a appris à tout faire, et c’est moi, ensuite, qui me suis spécialisé dans le composite lors d’un stage au chantier naval Décision.»

La suite de sa trajectoire sera jalonnée de rencontres qui représenteront chaque fois une nouvelle opportunité à saisir. Juste après sa formation, Nicolas a eu son premier contact avec les grands bateaux en travaillant avec Marc Pajot sur le projet de la Coupe America, projet qui n’a pas abouti. Puis il se rend en vacances à Lesconil, où Bernard Stamm était en train de construire seul un monocoque de 60 pieds. Il restera quatre mois à bricoler avec lui. Puis on lui propose de convoyer un bateau aux Antilles et de faire swan charter à Saint-Martin durant deux saisons. Il fait sa première transat et vit la vie comme on la rêve.

Puis les choses plus sérieuses s’enchaînent. Nicolas est engagé par Dominique Wavre, qui cherchait un préparateur pour son 60’Open UBP, destiné à courir le Vendée Globe. Et lorsqu’il décroche un contrat de plus longue durée en tant que responsable technique du projet de Jean-Luc Nélias avec Belgacom, en 2001, le Vaudois décide de poser ses valises en Bretagne, à Port-la-Forêt.

Technique et navigation

Que de belles aventures depuis la fin de son apprentissage! Mais le meilleur reste à venir. Cela débute par la rencontre avec Michel Desjoyeaux, surnommé «Le professeur», au palmarès unique dans le monde de la voile. «Avec lui, j’ai tout appris. Il fait encore partie des marins qui sont aussi bons navigateurs que techniciens. Avant, il fallait savoir réparer son bateau, alors qu’aujourd’hui les pilotes doivent surtout maîtriser leur monture», explique Nicolas.

Avec lui, sur son Géant, il se frotte à la navigation sur des bêtes de course. Ce qui lui donnera l’occasion de faire partie de l’équipage d’Orange 2, vainqueur du Trophée Jules Vernes. Désormais reconnu dans ce microcosme, on vient le chercher. De 2006 à 2010, il est le bras droit de Roland Jourdain, qui gagne la Route du Rhum en 2006. Il sera directeur technique sur le projet Veolia Environnement. Et, en 2013, sa rencontre avec François Gabart débouche sur l’ambitieux projet Macif. (24 heures)

Créé: 20.08.2015, 10h39

Le bateau des records

Le trimaran Macif est un prototype réalisé pour battre des records du monde en solitaire et gagner les courses au large les plus prestigieuses, avec François Gabart comme skipper. Cette nouvelle Formule 1 des océans de 30 mètres de long sur 21 mètres de large aura nécessité 100'000 heures de travail, accomplies par plus de
100 personnes au chantier CDK Keroman Technologies (architectes VPLP). Nicolas de Castro a travaillé deux ans et demi sur le projet, du choix du chantier naval à la mise à l’eau. Le projet est entré dans la phase de tests. En octobre, Macif prendra le départ de la Transat Jacques Vabre. En 2016, premières tentatives de records. En 2017, tentative de record autour du monde. En 2018, Route du Rhum. Macif représente un investissement de 5 millions d’euros par an sur cinq ans.

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