La Venoge passera Noël dans un lit tout neuf

PenthalazPour la première fois, le Canton va détourner l’ensemble d’une rivière. Deux décharges ont aussi été assainies.

Vidéo: Keystone

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À mi-chemin entre Lussery-Villars et Penthalaz, le contraste est saisissant. À droite, la Venoge coule - encore pour quelques semaines - sur une sorte de «trottoir aquatique» dépourvu d’ombre et bordé par deux talus herbeux. À gauche, des machines ont recreusé au cœur du bois de Vaux des méandres sinuant sous les branches protectrices de grands arbres. D’ici à quelques semaines, la rivière chère au poète Gilles et à beaucoup de Vaudois(es) délaissera définitivement un tronçon de canal artificiel pour retrouver son ancien lit, abandonné sous la contrainte il y a des décennies.

«C’est ce qui rend ce chantier symbolique, a souligné Jacqueline de Quattro jeudi matin lors d’une visite organisée pour les médias. Sur 600 mètres de long, la Venoge va passer d’une rivière rectiligne et endiguée à une rivière vivante, capable d’absorber les crues.» «C’est la première fois que nous allons détourner l’ensemble d’un cours d’eau, a renchéri Philippe Hohl, le chef de la Division ressources en eau et économie hydraulique du Canton. Nous nous réjouissons donc vivement d’observer les évolutions de ce site.»

Échanges de terrains

Ce projet faisait partie de la 2e série de mesures prioritaires du plan de protection de la Venoge. Devisé à quelque 1,2 million de francs, il est financé à hauteur de 80% par la Confédération et 20% par le Canton. Les préparatifs ont toutefois été laborieux: le nouveau tracé passait en effet sur des parcelles privées et publiques, appartenant aux Communes de Penthalaz et de Lussery-Villars. Or tous craignaient de voir, à terme, les coûts d’entretien à leur charge exploser. Pour débloquer la situation, le Canton a toutefois accepté de procéder à des échanges de terrains et d’en racheter d’autres.

Décharges à assainir

Le chantier en cours comporte plusieurs volets. Avant toute chose, il a en effet fallut creuser et évacuer les deux décharges installées il y a bien longtemps dans l’ancien lit de la rivière et sur lesquelles avaient été plantés des peupliers. «Il y avait de tout, a expliqué Philippe Veuve, spécialiste des déchets à la Division géologie, sols et déchets du Canton. De la ferraille, du plastique, des fûts et même des batteries.» Le travail de tri a donc été très fin - à la main - et c’est finalement 9000 m3 de déchets en tout genre qui ont été évacués cet été. Bonne surprise par contre, les deux décharges n’ont pas pollué le sol en profondeur.

Ceci effectué, les travaux de déboisage et de terrassement ont pu débuter. Une grande partie de la terre excavée pour recréer un lit pour la rivière a été utilisée sur place pour combler les vides laissés par les deux anciennes décharges. Enfin, une partie de la terre végétale décapée a pu être épandue sur un champ voisin.

Sur les 600 m du nouveau lit de la Venoge, les engins de chantier ont ensuite eu deux missions bien différents. Sur la première partie du tracé, il s’agissait de creuser un nouveau lit de 4 à 5 mètres de large, agrémenté de méandres. Cette largeur a été multipliée par dix sur la seconde partie du tracé pour créer une sorte de bassin de décantation. Outre le fait de créer des milieux biologiques différents, cet aménagement double a été retenu pour éviter la présence de courants forts et donc potentiellement destructeurs à proximité des voies CFF de la ligne Lausanne-Yverdon.

Ces prochaines semaines, lorsque les travaux seront terminés, la digue séparant le canal sera en partie abattue pour laisser la Venoge s’échapper, puis revenir plus bas dans son lit actuel. En conséquence, le chemin pédestre qui longeait la rivière a été déplacé de l’autre côté du canal.

3e série de mesures

Dans sa présentation, Jacqueline de Quattro a toutefois rappelé que ce chantier ne constitue de loin pas un point final: «Le Grand Conseil a voté ce printemps les 5,4 millions du crédit-cadre qui permettra la réalisation de la 3e série des mesures prioritaires du plan de protection de la Venoge.» Il comprend notamment la renaturation d’un tronçon d’un kilomètre entre le Moulin de Lussery (ndlr: situé à quelques centaines de mètres en amont du chantier) et la zone industrielle de Daillens. «Sur les 150 km de rivières que nous avons prévu de renaturer dans ce canton, il en reste désormais 125. Nous avançons. Peut-être pas assez vite au goût de certains, mais nous avançons!»

Créé: 05.09.2019, 15h14

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