«Les Vert’libéraux sont pris au sérieux désormais »

AllianceMalgré sa défaite, Isabelle Chevalley estime que les écologistes de droite ont légitimé leur place dans une alliance de centre droite. Son parti abonde, mais tous les signaux ne sont pas verts.

Isabelle Chevalley et ses alliés de droite (ici Philippe Leuba) s’étaient réunis au XIIIe Siècle, un bar situé au sous-sol d’un immeuble de la Cité, à Lausanne.

Isabelle Chevalley et ses alliés de droite (ici Philippe Leuba) s’étaient réunis au XIIIe Siècle, un bar situé au sous-sol d’un immeuble de la Cité, à Lausanne. Image: Jean-Paul Guinnard

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En 1970, la NASA avait qualifié la mission Apollo XIII d’«échec réussi», dans la mesure où les astronautes étaient revenus vivants après avoir frôlé la mort, mais sans être allés sur la Lune. On pourrait utiliser la même formule pour les Vert’libéraux vaudois en 2017. Leur campagne au Conseil d’Etat aura été un «échec réussi» car, si Isabelle Chevalley a échoué à entrer au Conseil d’Etat, son parti se réjouit d’avoir compté dans une alliance de droite avec l’UDC et le Parti libéral-radical (PLR).

Ainsi les écologistes de droite se disent persuadés que l’union durera. «Mon résultat montre que la droite nous prend au sérieux», se réjouissait Isabelle Chevalley dimanche, alors même que les chiffres de Lausanne tombaient, scellant la défaite de la droite. Elle et ses alliés s’étaient réunis au XIIIe Siècle, un bar sombre situé au sous-sol d’un vieil immeuble de la Cité, à Lausanne.

Insectes à l’apéro

C’est pourtant sous un grand soleil qu’Isabelle Chevalley a entamé ce dimanche. La conseillère nationale habite à Saint-George, dernier village sur la route du Marchairuz. Entourée de ses cinq chats, elle a les yeux rivés sur son portable, qui crépite en recevant des dizaines de messages et d’appels. «Je ne suis pas anxieuse», assure-t-elle.

Pour bien préparer la journée, elle se permet un petit détour chez ses parents, à quelques dizaines de mètres. Thème de la conversation: les insectes. La parlementaire refuse d’être réduite à son combat pour l’interdiction des dauphins en Suisse et l’autorisation de manger des insectes. Et pourtant même ses parents, Marianne et Hubert, la charrient sur le sujet. Feignant d’être piquée au vif, elle leur pose sur la table un paquet de sablés au fromage et aux vers de farine.

Dans cette campagne, le Parti vert’libéral est celui qui a pris le plus de risques. Il s’est allié avec l’UDC, qui l’a toujours accusé de voter avec la gauche et qui a accepté une union «en se bouchant le nez», selon l’expression d’un député. Il s’est brouillé avec ses alliés traditionnels du centre, comme Vaud Libre et le Parti démocrate-chrétien (PDC). Il a réaffirmé inlassablement son positionnement à droite, alors qu’il tient à dialoguer avec les Verts sur l’écologie. Isabelle Chevalley ne regrette pas sa candidature. «Nous avons fait un très bon score au Grand Conseil, alors qu’on nous donnait morts», ajoute-t-elle en caressant le saint-bernard de ses parents dans le jardin. «Nous sommes des pivots. Grâce à cette campagne, on n’a vu que nous pendant trois semaines. Nous avons pu expliquer que nous étions de droite et humanistes. Cela nous a servis.»

«On apprend dans l’adversité»

Quelques heures plus tard, au XIIIe Siècle, elle ajoute que l’attitude de l’UDC à l’égard des Vert’libéraux a complètement changé au cours des trois dernières semaines. Et, quand on lui fait remarquer que le parti de Christoph Blocher a attendu d’être dans la panade pour lui ouvrir les bras, elle rétorque: «Oui, mais c’est dans l’adversité qu’on apprend.» Elle réfute toute interprétation d’une alliance de circonstance: «Je vous donne rendez-vous dans une année.»

Son président de parti, François Pointet, abonde: «Cette alliance était utile, car nous avons créé des liens avec la droite. Des fois, il faut de la pression pour que les gens travaillent ensemble. A nous désormais de communiquer avec tous les partenaires potentiels.»

Rien n’est fait néanmoins. Au sein de l’UDC, certains doutent que cette union perdure. «Je ne crois pas à des alliances sans plate-forme programmatique, note un UDC influent. Je ne comprends pas comment certains, dans notre parti, ont pu se dire qu’un petit parti pourrait nous aider dans cette élection.»

Sans compter que certains Vert’libéraux auraient préféré voter pour la Verte Béatrice Métraux, mais se sont rabattus sur Jacques Nicolet pour respecter la parole donnée. «Nous aurons beaucoup de peine à garder notre indépendance pour les cinq prochaines années, avancent certains députés. En perdant notre âme dans cette élection, il nous sera difficile de nous distancier de la droite.» (24 heures)

Créé: 21.05.2017, 19h48

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