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[VIDÉO] La légalité du cannabis prouvée en moins de dix secondes

Un doctorant de l’Ecole des Sciences criminelles développe un test rapide et efficace pour analyser le cannabis. Le Graal pour la police et la justice, qui en rêvent.

L’appareil ressemble à une tablette numérique, un poil plus épaisse. Florentin Coppey, jeune doctorant de l’Ecole des sciences criminelles de l’Université de Lausanne (UNIL), y insère un échantillon de cannabis et lance le logiciel par simple pression sur l’écran. Moins de dix secondes plus tard, le résultat tombe: le taux de cannabidiol (molécule sans effet psychoactif) est haut, celui de THC (la substance qui fait planer) est bas. Verdict: le cannabis testé est légal.

A l’heure où la vague de cannabis légal, impossible à distinguer de son cousin illicite à moins de tests en laboratoire longs et coûteux, déferle sur la Suisse, la performance est de taille. Développé par le chercheur dans le cadre de sa thèse sur l’analyse des stupéfiants par imagerie, le dispositif a été testé la semaine dernière au Paléo Festival. Avec des résultats encourageants. «Nous sommes de plus en plus confrontés à la problématique du cannabis légal, nous avons donc voulu trouver un système simple et rapide pour le distinguer de l’illégal. A Nyon, la police a testé l’appareil avec des produits saisis sur des mineurs uniquement, dans une perspective strictement préventive. Le bilan est excellent», indique le chercheur.

Intérêt national

L’appareil en question vient des Etats-Unis où il est utilisé par les producteurs de chanvre dans les Etats qui autorisent le cannabis récréatif. Conçu pour le marché américain où la problématique du cannabis légal version suisse (moins de 1% de THC) n’existe pas, il doit encore être perfectionné pour pouvoir acquérir valeur de preuve face à un juge helvétique, mais son potentiel est bien réel. «Sa marge d’erreur de plus ou moins 5% doit encore être affinée et il doit être mieux calibré pour les faibles teneurs en THC, mais il permet de faire un premier tri et nous n’avons enregistré aucun faux positif», précise le professeur Pierre Esseiva, ponte de l’analyse des stupéfiants au sein de l’école et codirecteur de thèse de Florentin Coppey.

Vendu quelque 20'000 francs l’unité, l’appareil est maniable, rapide, efficace et simple d’utilisation. Mieux: il ne se contente pas d’analyser le cannabis mais pourrait également décortiquer de nombreuses drogues, de faux médicaments ou encore des produits dopants. En bref, le Graal pour les forces de l’ordre. «Le premier contact avec cet appareil est concluant et positif. Son principal avantage est sa rapidité ainsi que son côté non destructif du produit (ndlr: le test en laboratoire traditionnel, qui nécessite de brûler un échantillon du produit saisi, en détruit de fait une petite partie)», confirme Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police cantonale.

Toutes les polices du pays étant confrontées au casse-tête du cannabis légal (lire ci-contre), le dispositif lausannois pourrait en intéresser plus d’unes.

Pour autant, il faudra encore patienter avant de le voir embarqué dans des voitures de patrouille. Toujours au stade de recherche, il doit encore passer plusieurs étapes avant d’être homologué. Mais la justice fait déjà part de son intérêt pour le dispositif.

Au Ministère public, Franz Moos, procureur général adjoint, confirme que l’appareil pourrait intéresser la justice, seule habilitée à ordonner l’analyse en laboratoire. «Depuis l’apparition de la problématique du cannabis légal, difficile à distinguer de celui qui tombe sous le coup de la loi, nous appelons de nos vœux une réponse simple, rapide et moins coûteuse que les analyses en laboratoire. S’il démontre sa fiabilité, nous verrions donc ce dispositif d’un bon œil», indique le magistrat, qui précise que si la police cantonale décidait de l’acquérir, les tests en laboratoire n’en disparaîtraient pas pour autant. «Si ses résultats venaient à être contestés par le contrevenant, des analyses plus poussées pourraient au besoin être ordonnées.» A l’image de la prise de sang pour les automobilistes «pincés» pour alcool au volant qui contestent les résultats de l’éthylotest.

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